Une vidéo tournée lors d’un exercice montre un véhicule de combat américain transportant cinq petits robots accrochés sur son flanc.
Ces engins de 32 kilos peuvent foncer sur un char et exploser au contact. Lors d’un exercice mené par la 1re division de cavalerie, des soldats ont utilisé un blindé Bradley comme transporteur de robots terrestres autonomes. Ces machines baptisées FireAnt peuvent attaquer des blindés, brouiller les communications ennemies ou espionner le terrain. Une combinaison qui préfigure la manière dont se livreront les prochaines batailles.
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Cinq robots accrochés sur le flanc d’un blindé
L’image a de quoi marquer les esprits. Sur la vidéo diffusée par le constructeur, on distingue nettement cinq petits engins fixés le long d’un M2A4, la version la plus récente du véhicule de combat Bradley. Ils occupent l’emplacement habituellement réservé aux blocs de blindage réactif, ces briques explosives censées faire dévier les projectiles ennemis. Un choix qui interroge d’ailleurs sur le compromis retenu entre protection et capacité d’emport. Le blindé pourrait aussi en transporter d’autres à l’intérieur et les libérer par sa rampe arrière, ce qui multiplierait considérablement le nombre d’engins déployables.
Des fourmis de 32 kilos qui font sauter les chars
Ne vous fiez pas à leur taille. Ces petits véhicules à quatre roues motrices pèsent une trentaine de kilos, assez léger pour qu’un seul soldat puisse les transporter à bout de bras. Ils peuvent être équipés d’une charge militaire particulièrement redoutable : un pénétrateur autoforgé, une charge explosive qui, en détonant, projette une masse de métal en fusion capable de transpercer un blindage. Le principe impose toutefois une contrainte : l’engin doit s’approcher très près de sa cible. C’est précisément là que la notion d’essaim prend tout son sens, puisque saturer les défenses adverses devient le meilleur moyen d’arriver au contact.
Voici ce que l’on sait de ces engins :
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Masse | Une trentaine de kilos |
| Configuration | 4×4, portable par un soldat |
| Charge anti-blindage | Pénétrateur autoforgé |
| Autres missions | Guerre électronique, surveillance, relais radio, anti-drone |
| Pilotage | Opérateur humain assisté par intelligence artificielle |
| Testés en escouade | 10 engins pour une escouade |
| Statut | Prototype en cours d’évaluation |
Bien plus qu’une arme suicide
Réduire ces robots à des kamikazes serait une erreur. Leur conception modulaire permet de changer de mission en changeant simplement de charge utile. Équipés de capteurs, ils partent en éclaireurs et rapportent des informations sans exposer le moindre soldat. Dotés de moyens de guerre électronique, ils brouillent les communications adverses. Le constructeur évoque même une utilisation contre les drones ennemis. Autre usage moins spectaculaire mais très utile, ils peuvent servir de relais radio pour maintenir la liaison quand les engins s’éloignent trop du gros des troupes.

Un opérateur, une meute entière
La question du contrôle est évidemment centrale. Le constructeur assure que des opérateurs humains dirigent les groupes de robots, et non l’inverse. Lors d’une compétition organisée par l’armée, une escouade a piloté dix engins simultanément. L’intelligence artificielle embarquée leur permet néanmoins d’exécuter seuls les tâches assignées et d’adopter des comportements coordonnés au sein d’équipes mixtes. Autrement dit, l’humain fixe l’objectif, la machine se débrouille pour l’atteindre. Un équilibre délicat entre efficacité et maîtrise qui définira sans doute les débats des prochaines années.

La bataille du nombre plutôt que de la qualité
Le patron de l’entreprise résume sa philosophie sans détour : la masse constitue l’objectif. En déployant des essaims de petits engins variés, il s’agit de créer de multiples problèmes simultanés à l’adversaire, et ce pour une fraction du coût des plateformes ultra-sophistiquées. Cette logique bouscule des décennies de doctrine occidentale fondée sur la supériorité technologique de systèmes rares et coûteux. Face à un adversaire disposant lui aussi de moyens modernes, mieux vaut parfois submerger que surclasser.
A U.S. Army 1st Cavalry Division M2A4 Bradley IFV was spotted carrying five Swarmbotics AI FireAnt anti-armor UGVs on its side storage racks. Weighing around 27 kg, FireAnt is a low-cost attritable robotic system designed for AI-enabled swarm operations, including ISR,… https://t.co/dbikmUtOey pic.twitter.com/WYIRlLJd9A
— 笑脸男人 (@lfx160219) August 26, 2026
Ce que les conflits récents ont démontré
Cette évolution ne sort pas d’un laboratoire déconnecté du réel. Les robots terrestres sont devenus des acteurs incontournables sur les champs de bataille actuels, où l’on croise aussi bien des engins kamikazes de cette taille que des machines plus lourdes armées de missiles antichars ou de mitrailleuses. Ces retours d’expérience ont mis en lumière une vulnérabilité majeure : le brouillage des liaisons radio. La riposte a consisté à développer des modèles pilotés par fibre optique, impossibles à brouiller puisque reliés physiquement à leur opérateur.
Une chaîne qui repousse l’humain toujours plus loin
Le blindé porte-robots n’est qu’une étape dans une progression plus large. L’armée américaine a déjà testé des robots déployés depuis d’autres robots plus gros, créant une cascade de machines qui éloigne progressivement les soldats du danger. Les prochains essais doivent d’ailleurs pousser le concept plus loin encore, avec une coordination entre engins terrestres et drones aériens. Attention toutefois : ces machines restent des prototypes en cours d’évaluation, et leur place définitive dans l’armée américaine n’est pas tranchée. Le programme court jusqu’en juillet 2027, et le directeur technique de l’entreprise annonce vouloir établir dès cette année des concepts impliquant des centaines de robots déployés au plus près du contact.
Sources :
- Swarmbotics AI, vidéo publiée lors de l’exercice Pegasus Charge 3
- Déclarations de Stephen Houghton (PDG) et Drew Watson (directeur technique) de Swarmbotics AI
Source image à la une :
Vidéo test Swarmbotics Ai https://www.linkedin.com/posts/swarmbotics-ai_fireant-hunter-killer-swarm-activity-7497998623809462272-Q7dG
