Le chasseur le plus lourd du monde largue des bombes propulsées par un moteur chinois du commerce : la Russie recycle ses stocks soviétiques pour presque rien

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Said LARIBI

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Le chasseur le plus lourd du monde largue des bombes propulsées par un moteur chinois du commerce : la Russie recycle ses stocks soviétiques pour presque rien

La Russie a dévoilé des images de son Su-34, le plus lourd chasseur du monde, emportant quatre bombes planantes modifiées d’un nouveau genre.

Dotées d’un kit de guidage rallongé et peut-être d’un petit réacteur, ces munitions bon marché frappent désormais à des dizaines de kilomètres, jusqu’à 193 selon certaines sources. Recycler de vieilles bombes en armes de précision pour une fraction du prix d’un missile, tel est le pari russe. Et il fonctionne redoutablement bien. À coups de kits ajoutés, ces engins volent toujours plus loin, hors de portée des défenses.

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Le plus lourd des chasseurs montre les muscles

La Russie vient de diffuser de nouvelles images de son Su-34, un chasseur-bombardier réputé pour être le plus lourd au monde. On l’y voit emporter quatre bombes FAB-500T modifiées, équipées d’une version améliorée du fameux kit de guidage russe, qui transforme une bombe classique en arme planante de précision. Détail marquant, ces kits paraissent nettement plus longs que les modèles apparus en 2023, et intègrent une propulsion supplémentaire. L’objectif reste le même : frapper au-delà de la vue directe, à distance de sécurité. Une nouvelle étape dans l’effort russe pour convertir ses immenses stocks de bombes en munitions guidées.

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Un moteur pour voler toujours plus loin

Qu’est-ce qui change vraiment sur cette version ? La propulsion. Et ce n’est plus une simple hypothèse, puisque des vidéos officielles du ministère russe de la Défense, diffusées en juillet 2026, montrent le chasseur emporter ces bombes. Le nouveau kit intègre un petit réacteur, ce qui bouleverse tout. Une bombe planante classique se contente de tomber en profitant de ses ailes déployées. Ajoutez-lui un moteur, et sa portée grimpe en flèche. Détail piquant, il s’agirait d’un turboréacteur chinois bon marché, du commerce, ce qui explique le très faible coût de l’ensemble. Le module arbore une section allongée et des ailes agrandies pour mieux planer.

Bombe de glissement FAB-3000 lancée par un Su-34
Bombe de glissement FAB-3000 lancée par un Su-34

Transformer de vieilles bombes en armes de précision

Comment fonctionne cette recette qui fait mouche ? Le principe est d’une simplicité désarmante. Plutôt que de fabriquer des armes de précision coûteuses, la Russie greffe sur ses bombes classiques un module de guidage, des ailes déployables et une navigation par satellite. Une bombe bête et méchante devient alors une arme précise, capable de planer sur des dizaines de kilomètres. L’avantage est double. D’abord un coût dérisoire, sans commune mesure avec un missile de croisière. Ensuite l’exploitation d’un stock soviétique colossal, hérité de la guerre froide. De quoi produire de la munition guidée en quantité quasi illimitée.

Chasseur Su-34
Chasseur Su-34

Frapper hors de portée des défenses

Cette arme a surtout changé la façon de combattre, en permettant de tirer de très loin. Au début du conflit actuel, les avions russes devaient s’approcher dangereusement de la ligne de front pour larguer leurs bombes en chute libre, un jeu risqué et souvent fatal. Avec les bombes planantes, la donne s’inverse. L’appareil largue son arme bien au-delà de la portée de nombreuses défenses antiaériennes, puis fait demi-tour. Résultat, les pertes d’avions ont nettement diminué. Les bombardiers engagent désormais des cibles à des distances extrêmes, souvent à plus de 70 km, sans jamais s’exposer directement au feu ennemi.

De 40 à 193 km, la course à l’allonge

L’évolution de la portée de ces armes donne le vertige. Voici comment elle a grimpé au fil des versions :

Version Portée Conditions de largage
Premiers kits de guidage 40 à 50 km Largage à 10 000-12 000 m d’altitude
Version améliorée Jusqu’à 80 km Portée étendue
Nouvelle bombe à moteur-fusée 193 km Modèle récent

Les tout premiers modules permettaient à une bombe de parcourir 40 à 50 km, larguée depuis 10 000 à 12 000 mètres d’altitude. Cette portée est ensuite passée à 80 km. Puis, fin 2025, un responsable du renseignement a révélé qu’un nouveau type de bombe avait atteint 193 km. Un bond qui pourrait, selon lui, transformer radicalement la dynamique du front, en permettant des frappes massives et bon marché loin derrière les lignes. La munition en question est un modèle récent équipé d’un moteur-fusée. Prudence toutefois, cette version propulsée est encore en phase de test au combat, sous forme de prototype, et n’est donc pas encore produite en grande série.

Une fraction du prix d’un missile

L’argument massue de cette arme reste son coût. Selon des estimations, une bombe de ce type équipée du kit longue portée reviendrait à environ 28 000 euros. À peine plus qu’un drone kamikaze, et une misère face à un missile de croisière capable de délivrer une charge comparable à distance équivalente. C’est tout le génie du concept. On accepte de payer un peu plus cher pour gagner en portée, tout en restant infiniment moins onéreux qu’un missile dédié. Cette rentabilitéexplique pourquoi la Russie mise autant sur ces armes. Elle peut en larguer un très grand nombre, saturant les défenses adverses sans ruiner son budget. Une logique de masse devenue centrale dans les guerres modernes.

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Des versions toujours plus destructrices

Le concept ne s’est pas arrêté à la bombe de 500 kg. Ce système de guidage fonctionne un peu comme son équivalent américain, qui transforme lui aussi des bombes classiques en armes planantes précises. La Russie l’a décliné sur des bombes bien plus lourdes, de 1 500 kg puis de 3 000 kg. La puissance destructrice augmente alors considérablement, tout en conservant la précision du guidage. Ces monstres se révèlent particulièrement efficaces contre les cibles les plus coriaces, comme les fortifications bétonnées et les installations enterrées, que seule une charge massive peut détruire. La combinaison d’une énorme puissance et d’une frappe chirurgicale en fait une menace redoutable.

Sources :

  • The Aviationist, analyse des vidéos officielles russes du Su-34 et du kit UMPK propulsé
  • The Defence Blog, images de la bombe à réacteur et moteur chinois Swiwin
  • Militarnyi, portée de plus de 100 km de la FAB-500T modernisée
  • Defense-Aerospace, estimation de coût et désignation UMPK-PD / UMPB-5R

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