Les États-Unis ont lancé leur réponse à ce missile chinois en 2017, neuf ans plus tard il n’est toujours pas en service

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Chasseur embarqué américain en livrée noire d’escadron d’essais, emportant sous son aile deux missiles air-air de grande taille au-dessus du Pacifique
Ce cliché date de septembre 2024, lors d’un exercice d’essais interarmées au-dessus de la zone maritime du Point Mugu, en Californie du Sud. (© US Navy / Kory Hughs)

Une passionnée d’aviation a saisi au-dessus du désert californien une configuration inédite. Derrière cette image se joue la réponse américaine à un missile chinois qui a humilié les calculs occidentaux.

Le 14 octobre, un biplace de l’US Navy a croisé l’objectif d’une photographe au-dessus de Ridgecrest, en Californie. Sous ses ailes, deux armes que personne n’avait encore vues voler ensemble. L’une est un monstre dérivé d’un missile de marine, l’autre un engin compact dont les caractéristiques restent classifiées. Les deux existent pour la même raison, et cette raison porte un nom chinois.

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Une photo prise par une passionnée au-dessus du désert

Commençons par l’image. Elle n’émane d’aucun service de communication militaire mais d’une photographe d’aviationqui traquait les essais au-dessus de Ridgecrest. L’appareil appartient à un escadron d’expérimentation basé à China Lake, le centre d’essais d’armement de la marine américaine. Les munitions portent des bandes bleues, ce qui signifie qu’elles sont inertes : il s’agit d’un vol d’emport, destiné à vérifier le comportement de l’avion ainsi chargé, pas d’une campagne de tir.

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Le missile chinois qui a changé les calculs

Pour comprendre pourquoi cette photo compte, il faut remonter au 7 mai 2025. Ce jour-là, l’aviation pakistanaise emploie au combat un missile chinois d’interception à longue distance. Des débris sont retrouvés à Hoshiarpur, dans le Pendjab, et New Delhi confirme le 13 mai que l’arme a bien été utilisée. Islamabad affirme avoir abattu un chasseur français à environ deux cents kilomètres, une revendication que l’Inde conteste. L’essentiel est ailleurs : selon l’agence Reuters, les services indiens avaient sous-estimé la portée de cet engin. En service depuis 2016, il mesure environ quatre mètres pour 200 à 230 kilos, dépasse Mach 5 en fin de propulsion et embarque un autodirecteur radar miniaturisé. Son moteur fonctionne à double impulsion, une seconde poussée s’allumant en phase terminale pour lui rendre de l’énergie au moment de manœuvrer. Sa portée se situe entre 150 et 200 kilomètres, certaines estimations montant jusqu’à 300.

 

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Ce que les Américains avaient en face

Le problème américain tient en une ligne. Leur missile standard de combat aérien, en service depuis les années 1990 et décliné sans relâche, atteint dans sa version la plus récente 130 à 160 kilomètres. Autrement dit, un chasseur chinois pouvait raisonnablement espérer tirer le premier. Dans un duel au-delà de la portée visuelle, celui qui tire en premier impose la manœuvre à l’autre, qui doit rompre et fuir au lieu de viser. La parité de portée n’est pas un détail de catalogue, c’est l’initiative tactique.

Quatre officiers généraux indiens en conférence de presse devant un écran montrant des fragments de missile air-air récupérés au sol
L’état-major indien a présenté ce jour-là des fragments portant des numéros de série, en les attribuant avec prudence au modèle chinois. (© Government of India / PIB)

Celui qui doit tenir dans une soute

D’où le premier des deux engins photographiés. Sa particularité n’est pas sa portée, estimée publiquement à plus de 190 kilomètres, mais son encombrement : il ne doit pas être plus volumineux que le missile qu’il remplace, parce qu’il faut qu’il rentre dans les soutes internes des chasseurs furtifs. Un appareil furtif qui accroche ses armes sous les ailes cesse d’être furtif. Tout le défi industriel est là, et il explique pourquoi ce programme traîne depuis bientôt dix ans. Le 17 septembre 2026, le Pentagone et l’industriel ont signé un accord-cadre pour préparer la montée en cadence. Ce n’est ni une commande ni un contrat, seulement un signal envoyé aux sous-traitants.

Celui qui vient de la marine

Le second est d’une tout autre nature. Il dérive d’un missile antiaérien embarqué sur les navires, recyclé pour le tir depuis un avion. Sa portée reste classifiée mais se compte vraisemblablement en centaines de kilomètres. Sa cible n’est pas le chasseur adverse : ce sont les ravitailleurs et les avions radar qui se tiennent en arrière des lignes. Priver une armée de l’air de ses ravitailleurs dans le Pacifique, où les distances sont immenses, revient à clouer ses chasseurs au sol sans les affronter.

Missile Portée annoncée Où il en est
Référence chinoise 150 à 200 km, estimations jusqu’à 300 km En service depuis 2016
Standard américain actuel 130 à 160 km En service
Nouveau modèle compact Plus de 190 km Montée en cadence préparée
Dérivé naval Plusieurs centaines de km, classifié Déployé au Japon
Le dernier révélé Plus de 460 km En développement

Canberra a signé avant tout le monde

Détail qui en dit long : le premier client export du missile compact n’est pas européen mais australien. Canberra a annoncé son achat le 6 août 2026 pour environ 463 millions d’euros, après une autorisation américaine portant sur un maximum de 450 exemplaires, valorisée à près de 2,81 milliards d’euros. L’intégration commencera sur les mêmes biplaces que ceux de la photo, avant les appareils furtifs et les avions de guerre électronique.

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Et un quatrième sorti de l’ombre en août

Reste le plus spectaculaire, révélé lors d’une convention d’aéronavale à Reno en août 2026. Conçu dès l’origine pour le tir aérien, contrairement au dérivé naval, il vise des cibles à plus de 460 kilomètres. Un essai d’emport a été mené en avril, un essai d’adaptation en soute en août. Tout le reste est classifié. Empilés, ces quatre engins donnent à un avion dessiné dans les années 1990 un éventail de portées qu’aucun chasseur n’a jamais possédé.

Sources :

  • The War Zone, sur la photographie du 14 octobre et la configuration observée, 21 octobre 2026
  • Defense News, sur l’accord-cadre de production signé le 17 septembre 2026 et la commande australienne
  • Naval News, sur le missile révélé à Reno en août 2026 et ses essais
  • Données publiques sur le missile chinois, sa portée, son autodirecteur et son emploi au combat en mai 2025
  • Agence Reuters, sur la sous-estimation de la portée par les services indiens
  • Taux de référence euro dollar de la Banque centrale européenne

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