Châssis, tourelle, électronique, blindage additionnel : ce nouveau véhicule de combat sort presque entièrement d’usines polonaises.
Une démonstration industrielle autant que militaire. Le conglomérat public polonais a présenté son nouveau véhicule de combat d’infanterie lourd lors du grand salon d’armement de Kielce. Après plusieurs jours d’images partielles diffusées au compte-gouttes sur les réseaux, l’engin s’est enfin montré en entier. Plusieurs centaines d’exemplaires sont prévus dans différentes configurations.
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Un engin bâti à partir de briques nationales
Voilà ce qui frappe en regardant ce blindé de près. Son châssis reprend celui utilisé pour un canon automoteur polonais déjà en service, ce qui évite de repartir d’une feuille blanche. Sa tourelle sort également des ateliers du pays, développée conjointement par le constructeur et une entreprise d’électronique locale. Même le blindage additionnel prévu en option est de conception polonaise. Le président du groupe public n’a d’ailleurs pas boudé son plaisir lors de la présentation, estimant que ce démonstrateur prouve que les entreprises polonaises maîtrisent désormais la conception de plateformes de combat avancées. Cette intégration verticale permet à Varsovie de contrôler toute la chaîne, du métal à l’électronique.
Une tourelle qui a déjà fait ses preuves
Le choix de la tourelle n’a rien d’un pari. Ce modèle téléopéré équipe déjà deux autres véhicules des forces polonaises, un transport de troupes à roues et un engin amphibie plus léger. Il embarque un canon automatique de 30 mm, une mitrailleuse coaxiale et deux lanceurs pour missiles antichars. Voici sa fiche d’armement :
| Élément | Détail |
|---|---|
| Canon principal | Automatique de 30 mm |
| Armement secondaire | Mitrailleuse de 7,62 mm |
| Missiles | Deux lanceurs antichars |
| Pilotage | Entièrement téléopéré depuis la coque |
| Concept de visée | Chasseur-tueur |
Le mot « téléopéré » a son importance : personne n’a besoin de sortir la tête pour servir les armes, ce qui change tout face aux drones et aux tireurs embusqués.
Chercher pendant qu’on tire
Le système de visée mérite qu’on s’y attarde car il reflète une évolution majeure du combat blindé. Baptisé chasseur-tueur, il permet au chef de bord de balayer le terrain à la recherche d’une nouvelle menace pendant que le tireur s’occupe d’une cible déjà repérée. Concrètement, l’engin ne perd jamais sa vision d’ensemble, même en pleine action. Cette capacité de double veille raccourcit considérablement le temps entre deux engagements, un avantage décisif quand plusieurs adversaires apparaissent simultanément.
💥 OTO ON. CIĘŻKI BOJOWY WÓZ PIECHOTY. 🇵🇱
Po dniach odliczania i pokazywania tylko fragmentów odsłaniamy najważniejszą premierę PGZ na #MSPO2026.
CBWP to nowa ciężka platforma opracowana przez Hutę Stalowa Wola – z wysokim poziomem ochrony, dużą mobilnością i siłą ognia… pic.twitter.com/kazs4ciGMj
— Polska Grupa Zbrojeniowa🇵🇱 (@PGZ_pl) September 8, 2026
Un blindage taillé pour encaisser du lourd
Les caractéristiques de protection en disent long sur les ambitions. La face avant serait conçue pour résister à des obus perforants de 30 mm tirés à 500 mètres, un niveau que peu de véhicules de cette catégorie atteignent. La coque laisserait par ailleurs la place d’ajouter du blindage réactif, ces briques explosives qui détonent au contact d’une charge ennemie pour en atténuer les effets. L’équipage bénéficie aussi de sièges anti-mines spécialement conçus pour absorber le souffle d’une explosion sous le châssis, une menace qui a fait des ravages dans les conflits récents.

Trois hommes d’équipage et huit combattants
La configuration intérieure révèle la vocation de l’engin. Trois personnes forment l’équipage, tandis que le compartiment arrière accueille huit soldats prêts à débarquer. Le véhicule doit pouvoir traiter des cibles blindées comme non blindées, des positions de tir exposées ou des fortifications de campagne. Il assurera surtout un appui feu direct à l’infanterie engagée au contact, de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques. Une polyvalence attendue de ce type de plateforme.
Le blaireau à miel qui complète le blaireau
Le surnom de l’engin ne doit rien au hasard. Les Polonais l’appellent couramment Ratel, du nom de ce petit carnivore africain réputé pour son agressivité et sa résistance hors norme. Un clin d’œil au Borsuk, le blaireau, ce véhicule amphibie plus léger déjà en service. Les deux ne s’opposent pas, ils se complètent : avec ses plus de 40 tonnes, le nouveau venu pèse environ douze tonnes de plus que son cousin, ce qui le place dans la catégorie des engins lourds utilisés par plusieurs armées de l’Alliance atlantique.
Encore beaucoup d’étapes à franchir
Une précision s’impose pour ne pas se laisser emporter. Ce que le public a vu n’est pas un véhicule opérationnel mais un démonstrateur, et il en existe pour l’instant un seul exemplaire, destiné aux essais en usine. Deux autres véhicules pleinement fonctionnels doivent suivre. Varsovie vise un prototype roulant du nouveau châssis d’ici la fin de l’année, avant d’entamer une longue série d’épreuves : essais de qualification, tests balistiques, évaluation de la résistance aux mines, puis vérification formelle du respect des exigences militaires. Autant dire que plusieurs années sépareront cette présentation des premières livraisons aux unités.
Sources :
- Polska Grupa Zbrojeniowa, présentation au salon MSPO 2026 de Kielce
- Accord-cadre signé avec l’Agence de l’armement polonaise, août 2023
- Huta Stalowa Wola et WB Group
