Ce pays européen a exigé de fabriquer lui-même ses blindés de 45 tonnes, il vient de sortir le premier

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Said LARIBI

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Ce pays européen a exigé de fabriquer lui-même ses blindés de 45 tonnes, il vient de sortir le premier

Un petit pays de deux millions d’habitants vient de dévoiler son nouveau véhicule de combat.

Derrière ses chiffres impressionnants se cache une doctrine assumée : tenir la ligne coûte que coûte, avec de quoi frapper fort. La Lettonie a présenté le premier exemplaire de son blindé Hunter, assemblé dans une usine du pays. Conçu à partir d’une plateforme espagnole éprouvée, l’engin pèse jusqu’à 45 tonnes et embarque canon automatique, missiles antichars et huit combattants. Un programme à près de 800 millions d’euros qui transforme aussi l’industrie locale.

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Un poids lourd assumé

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon sa configuration, ce véhicule chenillé atteint 45 tonnes, soit le gabarit de certains chars de combat. Ce n’est pas un hasard. Un blindé lourd encaisse mieux, protège davantage et peut emporter un armement conséquent. Le prix à payer se mesure en consommation et en contraintes logistiques, mais dans un pays où chaque kilomètre de frontière compte, la survie de l’équipage prime sur la légèreté. L’engin peut par ailleurs transporter dix tonnes de charge supplémentaire, ce qui laisse une marge d’évolution appréciable.

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Trois membres d’équipage, huit combattants

La répartition intérieure révèle la vocation du véhicule. Trois personnes forment l’équipage proprement dit, chargées de conduire, de tirer et de commander. À l’arrière, le compartiment accueille six soldats en tenue de combat complète, prêts à débarquer au contact. Voici ses principales caractéristiques :

Caractéristique Détail
Masse maximale 45 tonnes
Charge utile supplémentaire 10 tonnes
Équipage 3 personnes
Soldats transportés 6
Moteur 1 100 chevaux
Vitesse maximale 70 km/h
Autonomie environ 500 km

Ce n’est donc pas un simple transport de troupes, mais une machine capable de combattre par elle-même tout en acheminant l’infanterie au plus près de l’objectif.

Un blindage taillé pour encaisser

La protection retenue correspond au niveau 4 des standards de l’Alliance atlantique. Concrètement, cela signifie que le véhicule résiste aux munitions perforantes de moyen calibre ainsi qu’aux éclats d’obus d’artillerie. Ce n’est pas la protection maximale existante, réservée aux chars les plus lourds, mais c’est un excellent compromis pour un engin qui doit rester mobile. Sur un champ de bataille moderne, où l’artillerie et les drones armés frappent en permanence, ce niveau de résistance conditionne directement la capacité d’une unité à progresser.

Chasseur de véhicules Photo d'Armins Janiks
Chasseur de véhicules Photo d’Armins Janiks

De quoi frapper à plusieurs niveaux

L’armement suit la même logique de polyvalence. Le véhicule dispose d’un canon automatique de 30 mm intégré dans une tourelle téléopérée fournie par l’israélien Elbit Systems, ce qui permet au tireur de rester entièrement protégé dans la coque. S’y ajoutent des missiles guidés antichars pour s’attaquer aux véhicules lourds et une mitrailleuse d’appoint pour les menaces rapprochées. Cette combinaison d’armes permet à un seul engin de répondre à presque toutes les situations rencontrées lors d’une progression. Le ministre letton de la Défense résume l’objectif en trois mots : donner à la brigade mécanisée les muscles pour combattre, frapper si nécessaire et protéger le pays.

Une commande de 84 exemplaires

Le pays a passé commande de 84 véhicules au total, répartis sur deux contrats distincts signés en janvier puis en juin 2025, pour 373 et 387 millions d’euros. Les premières livraisons aux forces armées sont attendues dès octobre 2026, le programme s’étalant ensuite jusqu’en 2029. Ces blindés équiperont en priorité la brigade d’infanterie mécanisée, l’unité de manœuvre chargée d’intervenir là où la ligne doit être tenue ou rétablie. Un enjeu qui n’a rien d’abstrait pour ce pays de deux millions d’habitants, dont le territoire touche directement la Russie à l’est et la Biélorussie au sud.

Une usine locale plutôt qu’une simple importation

Voilà l’aspect le plus intéressant du montage. Plutôt que d’acheter des véhicules clés en main, le pays a exigé une participation industrielle sur son territoire. Le choix de la plateforme espagnole s’est d’ailleurs fait à l’issue d’une compétition internationale, où le sud-coréen K21 faisait figure de sérieux concurrent avant d’être écarté. Le fabricant espagnol fournit désormais les éléments roulants, tandis qu’un industriel finlandais installé sur place gère l’assemblage final, l’intégration des composants et la maintenance à long terme. Ce dispositif remplit environ 30 % de l’obligation de participation nationale. L’usine se trouve à Valmiera, dans le nord du pays, où sortent les premiers exemplaires. Détail savoureux, le nom du véhicule a été choisi par les soldats eux-mêmes, ceux de la brigade qui vont l’utiliser au combat.

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Trois bénéfices en un seul programme

Le ministre de la Défense a lui-même détaillé la logique derrière ce choix. Le premier gain est évidemment militaire, avec une brigade nettement plus puissante. Le deuxième concerne l’industrie nationale, qui acquiert des compétences et des emplois qualifiés jusque-là inexistants. Le troisième relève de l’économie du pays, puisqu’une partie substantielle des sommes engagées reste sur le territoire. Le véhicule évolue d’ailleurs déjà : des essais viennent d’être menés sur une base militaire lettone pour lui greffer des systèmes anti-drones, actifs comme passifs, afin de contrer ces engins bon marché devenus la hantise des blindés modernes.

Sources :

  • Ministère de la Défense de Lettonie, présentation du 6 juin 2026 à Valmiera
  • Déclarations de Raivis Melnis, ministre letton de la Défense
  • General Dynamics European Land Systems, Patria et Elbit Systems

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