L’US Navy a utilisé pour la première fois son drone de surface kamikaze GARC lors d’un tir réel, en participant au naufrage d’un ancien navire de guerre au large d’Hawaï.
Un engin de moins de 5 mètres, capable d’opérer seul ou en essaim, qui franchit une nouvelle étape vers un déploiement opérationnel. Les robots ne conquièrent pas seulement le ciel, mais aussi les mers. La marine américaine vient de le prouver en confiant à un petit bateau sans équipage une mission de destruction bien réelle. Discret, autonome et redoutable en nombre. Décryptage d’une arme navale d’un nouveau genre.
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Un robot des mers coule un navire de guerre
La marine américaine accélère à toute vitesse le développement de sa flotte de navires sans équipage. Elle vient de confirmer le tout premier tir réel de son drone de surface baptisé GARC. L’engin a participé à un exercice spectaculaire, le naufrage volontaire d’un ancien bâtiment de guerre. Cet essai, mené mi-juillet au large d’Hawaï, s’est déroulé dans le cadre d’un grand exercice naval international qui se tient tous les deux ans. Fait notable, il s’agit d’un drone kamikaze, c’est-à-dire un engin à sens unique qui fonce dans sa cible avant d’exploser. Deux exemplaires étaient présents, mais un seul a mené l’attaque, le second filmant les dégâts. Une démonstration qui illustre la montée en puissance des robots dans la guerre navale moderne.
Deux anciens navires envoyés par le fond
Que s’est-il passé exactement lors de cet exercice ? Deux anciens navires de guerre américains ont été délibérément coulés au large d’Hawaï. Il s’agissait d’un ancien porte-hélicoptères d’assaut et d’un ancien croiseur, envoyés par le fond lors d’un exercice de tir dit SINKEX. Une précision s’impose toutefois, car le drone n’a pas coulé le navire à lui seul. Il est intervenu en dernier, au terme d’une frappe coordonnée, une fois la cible déjà pilonnée par des missiles antinavire tirés depuis un sous-marin, des armes d’avions, des missiles terrestres et des tirs d’hélicoptères. Le petit engin est venu percer un trou à la ligne de flottaison d’un bâtiment déjà agonisant. Fin juillet, la marine a diffusé des images saisissantes du naufrage, montrant le drone foncer sur la coque. Des séquences rares, qui offrent un angle de vue inédit sur ce genre d’opération.
Un petit engin aux grandes capacités
À quoi ressemble donc ce fameux drone ? À un petit bateau, bien plus modeste qu’on ne l’imagine. Voici sa fiche technique :
| Caractéristique | Donnée |
| Longueur | 4,9 m |
| Charge utile | Jusqu’à 450 kg |
| Portée | 1 300 km |
| Vitesse | Environ 41 km/h |
| Pilotage | Manuel, autonome ou en meute |
Avec moins de 5 mètres de long, cet engin conçu par une entreprise américaine peut pourtant emporter jusqu’à 450 kg de charge utile, pour un poids de 2,2 tonnes à pleine charge. Sa portée atteint 1 300 km, à une vitesse de croisière d’environ 41 km/h. Pour naviguer seul, il s’appuie sur un logiciel d’autonomie fourni par un spécialiste américain de l’intelligence artificielle de défense. Le contraste avec sa cible donne le vertige, puisque le navire frappé pesait environ 16 000 fois plus lourd que le petit drone. Son fabricant le présente d’ailleurs comme le drone de surface tactique le plus éprouvé du marché. Un concentré de technologie dans un très petit format.
La force du nombre, l’attaque en meute
Voilà son atout le plus redoutable. Ces drones peuvent être pilotés de deux façons, individuellement ou bien en essaim. Autrement dit, un seul opérateur peut lancer toute une nuée de ces engins à l’assaut d’une même cible. On imagine aisément le cauchemar que représente, pour un navire ennemi, une dizaine de bateaux-robots fonçant sur lui de tous les côtés à la fois. L’engin peut aussi être piloté manuellement, ou recevoir une cible à suivre grâce à son radar. Cette souplesse d’emploi en fait une arme particulièrement polyvalente, capable de saturer les défenses adverses par le simple nombre, une tactique de plus en plus prisée.

D’un simple éclaireur à un couteau suisse
Ce drone n’était pourtant pas destiné, au départ, à un tel éventail de missions. À l’origine, il avait été pensé pour un rôle assez limité. Mais son potentiel s’est vite révélé bien plus large. Selon la responsable de son unité, il sait désormais assurer l’escorte de navires, la surveillance, le renseignement et la veille du domaine maritime. Elle résume l’état d’esprit du programme, encore à ses tout débuts, sans même savoir jusqu’où il ira. Avec une seule et même plateforme, la marine a déjà repoussé les limites du possible. Une polyvalence acquise au fil des essais, qui transforme ce modeste engin en véritable couteau suisse des mers.
Une première division dédiée aux drones
Qui pilote ces engins nouvelle génération ? Une unité spécialement créée pour eux. La marine américaine a en effet mis sur pied une division entièrement dédiée aux navires de surface sans équipage. C’est sa responsable, première du genre à ce poste, qui a confirmé que ses équipes étaient bien à l’origine de ce tir réel inédit. Elle s’est dite impressionnée par la précision de l’exécution. Cette unité ne se contente pas d’expérimenter dans son coin. Le mois dernier, elle a déjà déployé ces bateaux-robots lors d’un exercice maritime majeur de l’OTAN, en mer Baltique. Preuve que ces engins sortent peu à peu du cadre des essais pour s’intégrer aux manœuvres réelles.
Vers un déploiement opérationnel
Où tout cela mène-t-il ? Vers une utilisation bien réelle sur les océans. En participant au naufrage de ce navire, le drone continue de franchir les unes après les autres les étapes de sa validation. Chaque exercice réussi le rapproche un peu plus d’un déploiement pleinement opérationnel. La marine américaine avait officialisé ses expérimentations sur cet engin dès l’été 2025. En un an à peine, les progrès sont donc spectaculaires. Cette accélération témoigne de l’importance stratégique accordée à ces drones navals. Ils pourraient bientôt devenir des acteurs incontournables des flottes de demain, capables d’épauler ou de protéger les navires habités dans les zones les plus dangereuses.
Sources :
- BlackSea Technologies, spécifications techniques du GARC
- US Navy, communication officielle sur l’exercice RIMPAC 2026
Source image à la une : Capture d’écran/Troisième flotte américaine
