Le 17 juillet 2026, la défense antimissile américaine a confié la construction de ses futurs navires traqueurs de missiles à un chantier de Philadelphie.
L’annonce est venue de la Maison-Blanche. Le directeur du budget, Russ Vought, a révélé que la Missile Defense Agency, l’agence américaine chargée de la défense antimissile, avait retenu les sociétés TOTE Services et Hanwha Philly Shipyard pour bâtir ses nouveaux navires d’instrumentation, les MRIV (pour Missile Range Instrumentation Vessels).
Le programme, estimé à environ 2 milliards de dollars (près de 1,7 milliard d’euros), prévoit deux bâtiments, dont le premier portera le nom de Golden Defender et devrait être livré en 2030.
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Baptisé Golden Defender, ce nouveau colosse des mers sera l’un des yeux en mer du Golden Dome, le grand bouclier antimissile voulu par Donald Trump
Les MRIV sont des plateformes d’observation, bardées de capteurs, de radars et d’antennes. Leur mission consiste à suivre à la trace les essais d’interception de missiles menés au-dessus du Pacifique, à enregistrer la télémétrie et les trajectoires, et à veiller à la sécurité des zones de tir pendant les campagnes d’essais.
Ce rôle d’instrumentation est le socle discret de toute défense antimissile. Avant qu’un intercepteur ne soit déclaré opérationnel, il faut le tester des dizaines de fois, mesurer chaque paramètre de son vol, comprendre pourquoi il a touché ou manqué sa cible. Or seules des plateformes mobiles, positionnées en plein océan au plus près des tirs, peuvent recueillir ces données. Sans ces navires, impossible de valider les armes censées protéger le territoire.
Une pièce maîtresse du Golden Dome
Initiative phare de Donald Trump, le projet Golden Dome veut doter les États-Unis d’un bouclier antimissile multicouche couvrant l’ensemble du territoire, contre les menaces balistiques, hypersoniques et de croisière. Un dôme d’or censé, dans l’esprit de son promoteur, offrir à l’Amérique une protection à l’échelle d’un continent, sur le modèle du Dôme de fer israélien.
Un tel bouclier n’est pas un simple assemblement de missiles et de radars figé dans le temps, il se teste, encore et encore. Chaque nouvel intercepteur, chaque radar, chaque capteur devra faire ses preuves lors d’essais grandeur nature au-dessus du Pacifique. Les MRIV seront aux premières loges de ces tirs, chargés de capter les données qui diront si le dispositif tient ses promesses ou reste un vœu.
Des ancêtres d’un demi-siècle
Le Pacific Tracker et le Pacific Collector, les deux bâtiments qui assurent aujourd’hui cette mission, ont été construits en 1965 et 1970. Ils ont donc largement dépassé le demi-siècle de service, une éternité pour des plateformes bourrées d’électronique censée suivre des engins toujours plus rapides. Les remplacer n’est pas un luxe, mais une nécessité opérationnelle.

Un chantier renaissant sous pavillon coréen
Un dernier point ne manquera pas d’interpeller. Ces navires américains, destinés à la défense du territoire américain, seront assemblés par un chantier passé sous le contrôle du groupe sud-coréen Hanwha, qui a racheté l’ancien Philly Shipyard. Le site, longtemps assoupi et réduit à quelques dizaines d’ouvriers, emploie désormais plus de 2 000 personnes, ressuscité par les commandes publiques.
Le paradoxe en dit long sur l’état de la construction navale américaine. Pour « restaurer sa domination maritime », selon les mots de l’administration, l’Amérique s’appuie sur le savoir-faire d’un industriel asiatique installé sur son sol. Le montage retenu, dit de gestion commerciale, promet en contrepartie de réduire les coûts d’au moins la moitié et d’accélérer les délais, en réutilisant une coque déjà éprouvée et une chaîne de production active.
Reste à transformer l’essai. Entre l’annonce d’un contrat et la livraison d’un navire truffé de systèmes de mesure, il y aura quatre ans, des aléas industriels et un calendrier serré.
Le Golden Dome ne prendra forme que si ses armes sont éprouvées, et donc si ses yeux en mer sont au rendez-vous. En confiant ces yeux à un chantier renaissant sous pavillon coréen, l’Amérique fait le pari que sa souveraineté retrouvée peut, pour un temps, emprunter les mains des autres.
Résumé de ce que l’on sait sur le programme MRIV:
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Programme | Missile Range Instrumentation Vessels (MRIV) |
| Premier navire | Golden Defender (deux bâtiments prévus) |
| Commanditaire | Missile Defense Agency (MDA) |
| Constructeur | Hanwha Philly Shipyard, à Philadelphie |
| Gestion de construction | TOTE Services (vessel construction manager) |
| Coût du programme | Environ 2 milliards de dollars (près de 1,7 milliard d’euros) |
| Rôle | Suivi des essais d’interception, télémétrie, sécurité des zones de tir |
| Cadre | Bouclier antimissile Golden Dome |
| Livraison | Premier navire attendu en 2030 |
Sources :
- The Defense Post, US Advances Golden Dome With $2B Missile Tracking Ship Program, (20 juillet 2026)
https://thedefensepost.com/2026/07/20/us-missile-tracking-ship/
Sur le montant de 2 milliards de dollars du programme et son rattachement à l’initiative Golden Dome for America. - WorkBoat, TOTE, Hanwha Philly will build missile tracking ships, (18 juillet 2026)
https://www.workboat.com/shipbuilding/tote-hanwha-philly-will-build-missile-tracking-ships
Détail des capacités de suivi des tirs au-dessus du Pacifique et des déclarations officielles autour de la Maritime Dominance. - The Washington Times, Hanwha Philly Shipyard wins contract to build new Golden Dome missile-tracking ship, (20 juillet 2026)
https://www.washingtontimes.com/news/2026/jul/20/hanwha-philly-shipyard-wins-contract-build-new-golden-dome-missile/
Sur le rôle des MRIV dans le suivi des données de vol et de télémétrie pour le Golden Dome.
Image de mise en avant : Illustration artistique du futur navire d’instrumentation des champs de tir de missiles (MRIV) de la Missile Defense Agency (MDA) – crédit : TOTE Services.
