Neuf sous-marins nucléaires chinois réunis sur une seule photo, postée sur les réseaux sociaux du pays. Du jamais-vu. Et un signal qui ne trompe pas : la flotte sous-marine de Pékin a doublé celle de la Russie et fait désormais transpirer la marine américaine.
On a longtemps regardé les sous-marins chinois avec condescendance. Bruyants, dépassés, bons pour la parade. Cette époque est terminée. En quelques années à peine, Pékin a aligné une flotte atomique qui rebat les cartes dans le Pacifique. Une simple photo vient de le rappeler à tout le monde.
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La photo qui en dit long
Tout est parti d’une séquence diffusée sur les réseaux sociaux chinois. On y voit quatre lanceurs d’engins de la classe 094A et cinq bâtiments d’attaque de la classe 093B regroupés au même endroit. Neuf bâtiments à propulsion atomiqueréunis sur un même cliché, du jamais-vu pour Pékin. Et le choix de publier cette image n’a rien d’innocent. La Chine ne fabrique plus seulement ces navires en coulisses, elle en a maintenant assez pour les exhiber côte à côte. Une vraie photo de puissance navale, posée comme un avertissement.
Trois chantiers pour une cadence folle
Derrière cette flotte se cache un effort industriel colossal. Le pays compte aujourd’hui trois chantiers capables de sortir des sous-marins nucléaires. Il y a quelques années, il n’en avait qu’un. Le site originel de Huludao, dans la province du Liaoning, a été agrandi. Deux nouvelles installations sont venues s’ajouter : le chantier du groupe Wuchang Shipbuilding et le chantier Jiangnan, à Shanghai. Cette expansion a tout simplement triplé la capacité de production du pays. Une telle infrastructure permet de lancer plusieurs coques en parallèle, à un rythme qu’aucune autre nation, hormis les États-Unis, ne peut espérer suivre actuellement.
Un classement mondial bouleversé
Le résultat de cette frénésie est sans précédent. Selon les estimations disponibles, la flotte sous-marine nucléaire chinoise a dépassé celle de la Russie en taille au plus tard en 2025, devenant la deuxième au monde derrière celle des États-Unis. Voici à quoi ressemble le rapport de force actuel :
| Marine | Sous-marins nucléaires actifs (estimation) |
| États-Unis | Première mondiale |
| Chine | 32 bâtiments |
| Russie | 25 à 28 bâtiments |
Dans le détail, on parle de neuf bâtiments d’attaque des anciennes classes 093 et 093A, quatorze de la nouvelle classe 093B, et neuf lanceurs d’engins des classes 094 et 094A. Ce qui fait vraiment grimper le compteur, c’est la production de masse du dernier modèle d’attaque : seize exemplaires auraient déjà été mis en chantier.
Le grand saut technologique
Pour mesurer le chemin parcouru, il faut se souvenir d’où vient la Chine. Ses tout premiers sous-marins nucléaires servaient surtout à bâtir une industrie, pas à se battre : exceptionnellement bruyants, mal isolés, équipés de vieilles propulsions, ils étaient repérables de très loin et donc vulnérables. Les générations actuelles n’ont plus rien à voir. Leur principale révolution tient à la réduction du bruit, le nerf de la guerre sous l’eau. Côté propulsion, les réacteurs ont été revus de fond en comble. Plus fiables, ils tiennent la mer plus longtemps et permettent de filer plus vite en plongée sans se faire entendre. Le genre de progrès qui fait passer un sous-marin du statut de prototype à celui d’arme de combat utilisable au quotidien.
Des armes qui changent la donne
La montée en gamme ne s’arrête pas à la discrétion. L’armement embarqué a été entièrement repensé. Les bâtiments d’attaque emportent désormais des missiles de croisière de pointe, et plus récemment le YJ-21, un missile balistique antinavire hypersonique conçu pour frapper avant que la cible n’ait le temps de réagir. Du côté des lanceurs d’engins, la modernisation passe par le JL-3, un missile balistique de portée intercontinentale considéré comme l’un des plus sophistiqués au monde. Avec ce type d’arme, un sous-marin chinois peut tenir sous la menace des cibles situées à des milliers de kilomètres, ce qui en fait un pilier de la dissuasion nucléaire du pays.
L’obsession du silence
Chaque nouvelle version pousse plus loin la quête de furtivité. Le modèle 093A a reçu un kiosque plus profilé et des améliorations acoustiques. Mais c’est la version 093B qui marque la vraie rupture, avec l’introduction d’une propulsion à pompe-hélice, une technologie qui réduit le bruit de cavitation et améliore la discrétion à grande vitesse. Ajoutez à cela des amortisseurs perfectionnés sur les machines, un kiosque redessiné et une carène mieux profilée, et vous obtenez un niveau de survivabilité comparable aux meilleures conceptions russes et américaines. C’est le premier sous-marin d’attaque chinois à atteindre ce palier, une étape symbolique majeure.
Déjà tournés vers la prochaine génération
Ces bâtiments ne restent plus à quai. Les lanceurs d’engins effectuent régulièrement des patrouilles stratégiques, tandis que les sous-marins d’attaque participent à des déploiements hauturiers, des missions d’escorte et des exercices qui s’étendent jusqu’au Pacifique occidental et à l’océan Indien. Mais le plus frappant est ailleurs : la production de ces deux familles serait déjà arrêtée. Les chantiers se réorientent vers les classes 095 et 096, encore plus avancées. Autrement dit, ce que le monde découvre aujourd’hui appartient déjà, pour Pékin, à la génération précédente.
Source : Réseaux sociaux chinois
