Safran vient de décrocher sa plus grosse commande jamais signée avec l’Allemagne : plus de 1 000 jumelles thermiques multifonctions pour son infanterie, un contrat record dévoilé au salon ILA Berlin 2026 qui confirme la ruée européenne sur les équipements de vision de combat.
Sur un champ de bataille, celui qui voit l’autre en premier garde une longueur d’avance. L’Allemagne l’a parfaitement intégré. À Berlin, elle vient de commander en masse des optiques de pointe à un industriel français pour équiper ses fantassins. Derrière ce contrat se cache une tendance que toute l’Europe partage désormais.
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Une commande qui bat tous les records
C’est au salon ILA Berlin 2026 que Safran Electronics & Defense a lâché l’information. Le groupe français vient de signer sa plus grosse commande jamais conclue avec l’Allemagne : plus de mille exemplaires de son modèle phare d’observation. Ces optiques sont destinées à renforcer les capacités de l’infanterie allemande sur le terrain. Le contrat n’arrive pas de nulle part. Il découle d’un accord-cadre signé en décembre 2024 et validé par la commission du budget du Bundestag, le parlement allemand. Autrement dit, l’enveloppe était déjà prévue, il ne restait plus qu’à passer commande.
Voir dans le noir comme en plein jour
Mais à quoi sert exactement un tel équipement ? À voir là où l’œil humain est aveugle. Grâce à l’imagerie thermique, ces jumelles détectent la chaleur dégagée par un corps ou un véhicule, même en pleine nuit, dans le brouillard ou la fumée. Un soldat planqué derrière un buisson en pleine obscurité totale apparaît comme une silhouette lumineuse sur l’écran. Le système embarque aussi une voie optique classique pour le jour. Résultat : le fantassin dispose d’une vision continue, 24 heures sur 24, quelles que soient les conditions météo ou la luminosité.
Détecter, reconnaître, pointer
La force de cet outil tient à trois fonctions enchaînées. D’abord repérer une présence suspecte. Ensuite reconnaître à qui on a affaire, un ami ou un ennemi, un civil ou un combattant. Enfin, et c’est sans doute le plus important, fournir une localisation précise de la cible. Un télémètre laser mesure la distance, une boussole donne la direction, et l’ensemble se traduit en coordonnées GPS exploitables. Ces données peuvent ensuite être transmises à l’artillerie ou à l’aviation pour frapper au bon endroit. On passe d’une simple paire de jumelles à un véritable outil de désignation d’objectif.

Un succès qui ne se dément pas
Ce modèle n’est pas un pari risqué pour l’Allemagne, loin de là. Il s’est déjà imposé comme une référence, éprouvé au combat par plusieurs armées. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
| Donnée clé | Valeur |
| Commande allemande | Plus de 1 000 jumelles |
| Exemplaires livrés à l’OTAN depuis 2022 | Plus de 6 000 |
| Évolution de la production 2022-2026 | Multipliée par trois |
| Cadre du contrat | Accord-cadre de décembre 2024 |
| Destinataire | Infanterie allemande |
Depuis 2022, plus de six mille de ces optiques ont été livrées à des pays de l’OTAN. Pour suivre cette demande galopante, le rythme de fabrication a tout bonnement triplé en quatre ans.
Le pari du soldat connecté
Cette commande s’inscrit dans une vision plus large, celle du soldat augmenté. L’idée est de transformer le fantassin classique en combattant hyperconnecté, capable de voir loin, d’identifier vite et de partager l’information en temps réel avec son unité. L’équipement améliore la perception de la situation, ce que les militaires appellent la conscience du terrain. Un soldat qui sait précisément où se trouvent les menaces autour de lui prend de meilleures décisions et expose moins ses camarades. Dans les guerres actuelles, où chaque seconde compte, cet avantage informationnel pèse parfois autant qu’une arme.
La maintenance assurée sur place
Au-delà du matériel lui-même, le contrat comporte un volet souvent négligé mais déterminant : le soutien local. Selon Marzell Schiller, patron de Safran Electronics & Defense Germany, l’accord prévoit un appui renforcé à la maintenancedes équipements directement en conditions opérationnelles. Concrètement, cela signifie que les jumelles pourront être entretenues et réparées sur le sol allemand, sans dépendre d’allehttps://www.forum-militaire.fr/wp-admin/media-upload.php?post_id=46202&type=image&TB_iframe=1rs-retours vers la France. Pour une armée, c’est un gage de disponibilité et d’autonomie. Un équipement performant ne vaut rien s’il passe son temps immobilisé en réparation à l’autre bout du continent.
L’Allemagne accélère son réarmement
Ce contrat ne tombe pas par hasard dans le calendrier. Depuis 2022, l’Allemagne a engagé un vaste effort de réarmement après des années de sous-investissement dans sa défense. Le feu vert de la commission du budget du Bundestag illustre cette nouvelle priorité accordée aux capacités militaires. Berlin cherche à combler ses lacunes capacitaires rapidement, et les équipements individuels du fantassin font partie des priorités, au même titre que les chars ou les avions. Cette commande renforce au passage un partenariat franco-allemand dans le domaine de la défense, à un moment où les deux pays s’opposent pourtant sur d’autres grands programmes.
Source : Communiqué de presse Safran
