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La France transforme le Rafale et le Tigre en chasseurs de drones avec une roquette guidée de 68 mm à 35 000 euros remplaçant un missile à 600 000 et capable de neutraliser 24 cibles par salve

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Said LARIBI

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Face à l’explosion des drones bon marché sur les champs de bataille, la France accélère et développe une roquette guidée de 68 mm capable de combler un vide critique entre …

La France transforme le Rafale et le Tigre en chasseurs de drones avec une roquette guidée de 68 mm à 35 000 euros remplaçant un missile à 600 000 et capable de neutraliser 24 cibles par salve

Face à l’explosion des drones bon marché sur les champs de bataille, la France accélère et développe une roquette guidée de 68 mm capable de combler un vide critique entre canon et missile, avec une efficacité démultipliée.

Depuis plusieurs années, les armées occidentales découvrent une réalité brutale : les drones low-cost saturent les défenses classiques.
Les missiles coûtent trop cher, les canons obligent à s’exposer, et un vide opérationnel persiste entre les deux.
La réponse française prend forme avec une roquette guidée capable d’intercepter plus tôt, plus souvent, et à moindre coût.
Un changement discret en apparence, mais qui pourrait peser lourd dans les conflits modernes.

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Une réponse à un trou béant dans la défense

Entre le tir canon à courte portée et le missile coûteux, il existait un vide opérationnel difficile à combler face aux drones. Les engagements récents ont montré que cette zone intermédiaire était la plus critique. Avec cette nouvelle roquette guidée, la France vise une interception entre 2 et 5 km, une distance où les drones restent vulnérables mais encore difficiles à traiter efficacement. Résultat, les forces peuvent agir plus tôt sans engager des moyens disproportionnés.

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Une efficacité multipliée par huit

L’évolution est loin d’être marginale. Là où les roquettes classiques nécessitaient des salves entières, cette version guidée permet un tir précis par cible. On passe ainsi d’une efficacité de 1 à 3 interceptions pour une salve complète à 12 à 24 cibles neutralisées dans les mêmes conditions. Cette montée en puissance repose sur une précision laser et une capacité de correction en vol, qui transforment totalement l’usage de ce type d’armement.

Un coût enfin aligné avec la menace

Le problème économique est au cœur du sujet. Tirer un missile à plus de 600 000 € sur un drone à 30 000 € n’est pas viable dans la durée. Avec cette nouvelle solution estimée entre 25 000 € et 40 000 €, le rapport de coût devient enfin cohérent. Cette logique de guerre économique permet d’absorber des attaques répétées sans épuiser les stocks stratégiques ni exploser les budgets.

Photo d'archive d'un Rafale de l'Armée de l'Air et de l'Espace française décollant avec un missile de croisière aéroporté SCALP-EG. (Crédit photo : Armée de l'Air et de l'Espace française)
Photo d’archive d’un Rafale de l’Armée de l’Air et de l’Espace française décollant avec un missile de croisière aéroporté SCALP-EG. (Crédit photo : Armée de l’Air et de l’Espace française)

Une intégration rapide sur Rafale et Tigre

L’un des points clés du programme repose sur sa mise en service accélérée. La roquette sera intégrée sur le Dassault Rafale et sur les hélicoptères Eurocopter Tiger en quelques mois seulement. Les premiers essais sont déjà programmés, preuve d’une volonté d’aller vite. Cette compatibilité immédiate avec des plateformes existantes permet une montée en puissance rapide sur le terrain.

Des drones lents mais difficiles à intercepter

Les drones visés ne sont pas des cibles anodines. Ils évoluent à 150 à 190 km/h, à basse altitude, avec une signature radar réduite. Leur trajectoire est simple, mais leur faible coût permet des attaques en masse. Face à ces essaims, la nouvelle roquette offre une solution intermédiaire idéale, capable de traiter plusieurs menaces sans saturer les systèmes de défense plus lourds.

Une logique de saturation désormais maîtrisée

Le véritable enjeu est là : tenir face à des attaques multiples. Les drones sont conçus pour saturer les défenses, pas pour être invincibles. Avec une capacité de tir plus dense et une meilleure gestion des munitions, cette roquette permet d’augmenter la densité d’engagement tout en réduisant la consommation. Chaque appareil peut traiter davantage de cibles sur une seule mission, ce qui change radicalement l’équilibre tactique.

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Un système pensé pour évoluer rapidement

Cette nouvelle munition s’appuie sur une base existante, ce qui facilite son déploiement. Elle utilise des technologies modernes comme la programmation inductive et la désignation laser, permettant une adaptation rapide selon la mission. Cette approche modulaire s’inscrit dans une logique plus large de modernisation rapide, où les armées cherchent des solutions simples, efficaces et évolutives.

Comparatif des capacités

Critère Roquettes classiques Nouvelle roquette guidée
Portée efficace 1 à 2 km 2 à 5 km
Précision Faible Élevée
Interceptions possibles 1 à 3 12 à 24
Coût par tir Faible mais inefficace 25 000 € à 40 000 €
Adapté aux essaims Limité Oui

 

Source : Thales

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