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La France teste une configuration de commandement inédite pour son plus grand exercice depuis la fin de la guerre froide impliquant 12 500 militaires : ORION 26

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Avec la phase finale d’ORION 26, l’armée française ne s’entraîne plus seulement à comprendre un conflit de haute intensité, elle s’entraîne à le conduire. Avec jusqu’à 12 500 militaires engagés, …

La France teste une configuration de commandement inédite pour son plus grand exercice depuis la fin de la guerre froide impliquant 12 500 militaires : ORION 26

Avec la phase finale d’ORION 26, l’armée française ne s’entraîne plus seulement à comprendre un conflit de haute intensité, elle s’entraîne à le conduire.

Avec jusqu’à 12 500 militaires engagés, des centaines de véhicules, près de 1 200 drones et une dizaine de brigades impliquées, ORION 26 est une simulation à échelle réelle de ce que serait un conflit majeur en Europe.

La quatrième et dernière phase de l’exercice, baptisée O4, marque l’entrée dans une logique opérationnelle complète sous commandement OTAN. En clair, la France ne joue plus seule. Elle teste sa capacité à s’intégrer dans une coalition, à commander des forces multinationales et à agir dans un environnement saturé d’informations, de menaces et de contraintes.

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Le 1er corps d’armée, chef d’orchestre grandeur nature

Au cœur de cette phase, un acteur clé : le 1er corps d’armée basé à Lille. C’est lui qui endosse le rôle de Warfighting Corps, l’état-major capable de conduire une guerre de haute intensité pour le compte de l’OTAN.

Dans ce genre de coalition, tout repose sur la capacité à coordonner des unités de nationalités différentes, avec des doctrines, des équipements et des rythmes d’engagement variés.

Le 1er corps d’armée commandera ici jusqu’à quatre divisions, dont plusieurs multinationales et ce test servira ainsi à valider que la France peut être nation-cadre dans le cas d’un conflit majeur européen.

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Trois postes de commandement pour survivre à la guerre moderne

Dans les conflits actuels, les états-majors sont devenus des cibles prioritaires. Un poste de commandement détecté, c’est un centre nerveux neutralisé.

Pour répondre à cette menace, ORION 26 teste une architecture inédite basée sur trois niveaux de postes de commandement :

Type de poste de commandement Rôle principal Positionnement Objectif opérationnel
PC1
Structure légère
Commandement avancé, au contact de la manœuvre. Déployé au plus près des divisions et des zones de contact. Garantir une réactivité maximale et suivre l’évolution du combat.
PC2
Structure mobile renforcée
Coordination du théâtre d’opérations. Projeté sur le théâtre, en lien avec la nation hôte. Faciliter le déploiement des forces et la coordination avec les alliés.
PC3
Structure lourde
Planification et conduite des opérations de niveau corps d’armée. Déployé sur le territoire national, notamment à Lille dans le cadre d’ORION 26. Assurer la continuité du commandement et la planification dans la durée.

Ce système doit permettre de continuer à commander même sous pression.

Durant l’exercice, ces postes ont effectué plusieurs « bascules », c’est-à-dire des déplacements complets en quelques heures, l’objectif étant de devenir insaisissable, comme un joueur d’échecs qui change constamment de position pour ne jamais offrir de prise.

Terre, air, mer : une guerre qui se joue en profondeur

L’autre originalité de cette phase finale, c’est la combinaison des moyens. Le combat ne se limite plus à une ligne de front et s’étend dans la profondeur, parfois à plusieurs centaines de kilomètres.

La Marine nationale, par exemple, doit simuler des frappes avec des missiles de croisière navals depuis des frégates ou des sous-marins. L’objectif est d’atteindre les centres de commandement adverses, bien avant le contact direct.

Dans les airs, l’armée de l’Air et de l’Espace sécurise le ciel, coordonne les frappes et alimente en permanence les états-majors en données. Sans cette supériorité informationnelle, impossible de décider correctement.

Au sol enfin, les brigades manœuvrent, franchissent des obstacles, s’appuient sur l’artillerie, les drones et l’aérocombat. Tout y est interconnecté.

C’est la définition même du combat multi-domaines, une bataille où chaque action terrestre dépend d’un capteur aérien, d’un relais spatial ou d’un appui naval. Une sorte de système nerveux géant où chaque élément doit fonctionner sans interruption.

La logistique, le vrai test de la haute intensité

Derrière les blindés et les drones, il y a une réalité beaucoup moins visible et tout aussi essentielle : le soutien.

Dans ORION 26, deux chaînes logistiques fonctionnent en parallèle. L’une assure le soutien réel des troupes. L’autre simule des ruptures : pénuries, retards, destructions.

Une armée moderne ne s’effondre pas faute de soldats, elle s’effondre faute de carburant, de munitions ou de soins.

Le Commissariat des armées et le Service de santé des armées jouent ici un rôle central. Gestion d’afflux massifs de blessés, structures chirurgicales mobiles, logistique énergétique… tout est testé.

Dans un conflit de haute intensité, une brigade peut consommer plusieurs centaines de tonnes de matériel par jour. Sans un système robuste, l’effort de guerre s’arrête net !

Passage de O41 à 042, la dernière phase d'ORION 26.
Passage de O41 à 042, la dernière phase d’ORION 26.

O42 : le moment où tout se joue

Après la validation des systèmes de commandement (O41), la phase O42 marque l’engagement réel des forces en terrain libre, du 20 au 30 avril.

Les unités doivent manœuvrer réellement, combinant drones, artillerie, hélicoptères et aviation de chasse… le tout en détectant, identifiant et neutralisant des objectifs dans un environnement contesté.

L’objectif est de prouver que la France peut conduire une manœuvre divisionnaire complète en coalition, dans un contexte de guerre moderne.

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Une répétition générale… ou un avertissement ?

Ce test intervient dans un contexte géopolitique tendu, où les conflits de haute intensité ne sont plus une hypothèse théorique. Ukraine, tensions OTAN-Russie, Ormuz… les scénarios d’ORION ont été pensés pour ressembler à des situations réelles.

ORION 26 est ainsi plus qu’un exercice militaire. C’est un message.

Un message aux alliés, pour montrer que la France peut commander et structurer une coalition.
Un message aux adversaires potentiels, pour signaler une capacité de réaction crédible.
Un message interne, enfin, pour identifier les failles avant qu’elles ne deviennent critiques.

La question n’est plus de savoir si les armées françaises savent se battre.
La vraie question, désormais, c’est : sont-elles prêtes à tenir dans la durée face à un adversaire de même niveau ?

Si ORION 26 ne donnera pas encore la réponse, son bilan dans quelques semaines en dessinera les contours !

Sources :

  • Ministère des Armées, ORION 26 : manœuvre des postes de commandement au cœur de la haute intensité (21 avril 2026),
    https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites/orion-26-manoeuvre-postes-commandement-au-coeur-haute-intensite
    article officiel détaillant les exercices de postes de commandement dans le cadre d’ORION 2026, avec un focus sur la coordination interarmées et la préparation au combat de haute intensité.
  • Ministère des Armées, Dossier de presse ORION – Phase 4 (avril 2026),
    https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/ministere-armees/20260418-Dossier%20de%20presse%20ORION%20Phase%204.pdf
    dossier de presse officiel présentant la phase 4 de l’exercice ORION 2026, incluant les scénarios, les forces engagées, les objectifs opérationnels et les enseignements attendus.

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