Dans les guerres modernes, voir l’ennemi ne suffit plus… il faut entendre ses ondes.
Sur les champs de bataille actuels, une bataille invisible fait rage. Pas de chars, pas de missiles, mais des signaux. Beaucoup de signaux : radios, drones, liaisons de données… tout passe par le spectre électromagnétique. Celui qui le maîtrise prend l’avantage !
Il se trouve que nous avons la chance en France d’avoir un des leaders mondiaux sur la question : ATDI Group, encore peu connue du grand public mais qui vient de franchir un cap en intégrant l’exercice militaire français ORION 26, le plus important du genre depuis la fin de la guerre froide.
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ORION 26 : la guerre de demain se joue déjà avec ATDI
Organisé par la France, ORION 26 est le plus grand exercice militaire multinational en Europe occidentale depuis des décennies, réunissant 24 nations alliées autour d’un scénario de guerre de haute intensité.
Combats multi-domaines, saturation des communications et guerre électronique permanente sont au programme de cet exercice qui prendra fin le 30 avril après 3 mois.
Le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) a décidé de sélectionner la société ATDI pour une fonction de la plus haute importance : le contrôle du spectre électromagnétique.
ATDI, spécialiste discret… mais stratégique
ATDI cumule plus de 30 ans d’expérience dans l’ingénierie du spectre. Son métier est de comprendre, analyser et exploiter les signaux radio.
Ses technologies sont déjà utilisées par des armées comme c’est le cas pour ORION mais aussi par des régulateurs nationaux et des opérateurs télécoms.
Dans un contexte militaire, cette expertise devient critique. Car chaque émission, volontaire ou non, peut trahir une position.
ICS Monitoring : voir l’invisible
Pour ORION 26, ATDI a déployé sa solution ICS Monitoring, capable de surveiller le spectre en temps réel.
Le système repose sur une architecture distribuée :
- des récepteurs large bande
- des capteurs de direction (goniométrie)
- une analyse en temps réel
Même avec un nombre limité de capteurs, le système est capable de couvrir une zone et d’en extraire des informations critiques pour transformer un environnement brouillé en carte lisible.

Fiche technique de l’ICS Monitoring :
| Rubrique | Détails |
|---|---|
| Type | Logiciel de surveillance spectrale en temps réel et de contrôle SDRN (Software Defined Radio Network), destiné aux régulateurs du spectre et aux missions de guerre électronique. |
| Architecture | Architecture SOA (Service-Oriented Architecture), multi-vendeurs, capable d’intégrer des matériels hétérogènes, avec traitement multi-thread pour absorber de grands volumes de données. |
| Fonctions principales | Surveillance spectrale en temps réel, mesures multi-tâches, radiogoniométrie et localisation, classification automatique des signaux, cartographie de guerre électronique, coordination de brouillage, alarmes automatisées et enregistrement des traces. |
| Direction Finding | AoA, PDoA, TDoA, RSSI et mode HOMING assisté par IA. |
| Classification des signaux | Identification de plus de 20 types de signaux, dont LTE, 5G, radar et UAV, avec une précision annoncée pouvant atteindre 99 % grâce à l’intelligence artificielle. |
| Localisation et guerre électronique | Localisation des émetteurs, génération d’Electronic Warfare Maps, aide à la coordination des actions de brouillage. |
| Alarmes et enregistrements | Alarmes automatisées, enregistrement des flux IQ, spectrogrammes de type waterfall et conservation des traces pour analyse ultérieure. |
| Gestion des données | Base de licences intégrée, listes blanches et noires, comparaison avec des masques spectraux, prise en charge de la conformité réglementaire ITU et nationale. |
| Modes de fonctionnement | RT (Real-Time) : détection instantanée, analyse en quasi temps réel, interface directe avec les capteurs. Automatisé : scans de bande, post-traitement et réutilisation des données historiques. |
| Intégrations | ICS Manager pour la gestion des licences, HTZ Communications / HTZ Warfare pour l’analyse, intégration GIS pour la cartographie et API tierces. |
| Compatibilité | Solution vendor-neutral, compatible avec les principaux capteurs SDR du marché, scalable, exploitable en ligne ou hors ligne, sur interfaces web et mobiles. |
| Applications | Contrôle de conformité, détection d’interférences, localisation d’émetteurs illégaux, surveillance électromagnétique et connaissance de la situation en environnement de guerre électronique. |
Bon, on se doute que la fiche technique au-dessus ne sera pas accessible au commun des mortels… Alors retenez principalement ces deux termes :
- TDOA (Time Difference of Arrival) : mesurer le décalage de temps entre l’arrivée d’un signal sur plusieurs capteurs
- AOA (Angle of Arrival) : déterminer la direction d’où vient le signal
C’est en combinant ces deux méthodes qu’ATDI est capable de trianguler une position avec précision.
Un retour direct du terrain ukrainien
La solution d’ATDI a déjà été utilisée dans des contextes réels, notamment pour des opérations de surveillance du spectre liées au conflit en Ukraine.
Dans ce théâtre, la guerre électronique est permanente avec comme missions pour le français le brouillage massif, la saturation des fréquences et la détection des communications adverses.
Là-bas au coeur du champ de bataille, voir le spectre, c’est survivre.
Ce retour d’expérience explique pourquoi ces outils sont désormais considérés comme indispensables.

La domination du spectre, nouvelle clé de la guerre
Hier, les communications étaient un support mais aujourd’hui, elles deviennent un champ de bataille.
Les armées investissent massivement dans ces technologie et le marché commence à prendre de l’importance. Loin d’être un simple marché de niche, les communications militaires représentent déjà près de 37,7 milliards de dollars en 2025, avec une projection à plus de 50 milliards d’ici 2030 !
Cette dynamique est tirée par saturation du spectre, la multiplication des capteurs et la montée en puissance des drones sur les champs de bataille.
Les systèmes terrestres représentent déjà plus de 36 % du marché, tandis que les solutions liées à la cybersécurité et à la guerre électronique affichent les croissances les plus rapides.
ORION 26, un laboratoire géant pour tester la guerre 2.0
ORION 26 n’est pas seulement un exercice militaire, c’est une répétition grandeur nature de la guerre de demain. Pendant plusieurs mois, jusqu’à 12 500 militaires, un groupe aéronaval et des forces terrestres interarmées ont été mobilisés pour simuler un conflit de haute intensité face à un adversaire fictif, “Mercure”. Tout y passe : opérations amphibies, frappes aériennes, guerre cyber, spatial… et même donc, combat dans le spectre électromagnétique.
Dans la baie de Quiberon, par exemple, des drones de surface autonomes comme le DriX Marlin ont cartographié les fonds marins en continu pendant plusieurs jours, pendant que le Service hydrographique et océanographique de la Marine produisait des modèles ultra-précis pour sécuriser les débarquements.
La guerre moderne commence désormais bien avant le premier tir, dans la donnée, les capteurs et la compréhension fine de l’environnement.
ORION 26 sert justement à tester cette nouvelle réalité. Comment coordonner des forces dispersées sur plusieurs domaines ? Comment maintenir des communications dans un environnement saturé et brouillé ? Comment exploiter des flux massifs de données en temps réel pour décider plus vite que l’adversaire ?
Espérons que l’exercice aura donné quelques éléments de réponse à l’armée française !
Sources :
- ATDI, ATDI selected by French Cyber Defence Command for ORION 26 electromagnetic surveillance exercise (25 mars 2026),
https://atdi.com/atdi-selected-by-french-cyber-defence-command-for-orion-26-electromagnetic-surveillance-exercise /
communiqué présentant la participation d’ATDI à l’exercice ORION 2026, avec un focus sur les capacités de surveillance électromagnétique et le rôle du commandement de la cyberdéfense. - SHOM, Le Shom au cœur de l’exercice ORION 26 (17 février 2026),
https://www.shom.fr/fr/liste-actualites/le-shom-au-coeur-de-lexercice-orion-26
article détaillant l’implication du Shom dans l’exercice ORION 2026, notamment dans la production de données géographiques et océanographiques essentielles aux opérations militaires. - Ministère des Armées, ORION 2026 : les armées françaises face au combat de haute intensité (consulté le 23 avril 2026),
https://www.defense.gouv.fr/orion-2026-armees-francaises-face-au-combat-haute-intensite
page officielle présentant l’exercice interarmées ORION 2026, ses objectifs, son ampleur et son rôle dans la préparation des forces françaises à des conflits de haute intensité.
Source image de mise en avant : Ministère des Armées
