Le Guépard, appelé à équiper l’armée de terre, la marine et l’armée de l’air avec un seul et même appareil, vient de réussir sa toute première campagne de tirs. Canon axial, armes aux portes, largage de leurres : la machine a montré les crocs moins d’un an après son premier vol.
Un seul hélicoptère pour trois armées, voilà le pari français. Après avoir prouvé qu’il volait, l’appareil devait encore démontrer qu’il savait tirer. C’est chose faite, et le calendrier a de quoi impressionner. Tour d’horizon d’une machine taillée pour tout faire.
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Des premiers coups de feu réussis
L’agence française de l’armement vient de superviser avec succès la première campagne de tirs du Guépard, menée main dans la main avec Airbus Helicopters. C’est une étape clé du programme, et elle arrive vite. Ces essais se sont déroulés sur le centre d’expertise de Cazaux, en Gironde, moins d’un an après le premier vol du prototype en juillet 2025. Un rythme peu commun dans un secteur où les programmes s’étirent souvent sur des années. Passer du premier décollage aux tirs réels en si peu de temps montre que la machine tient ses promesses et que le projet avance sans accroc.
Trois armes testées d’un coup
Que s’est-il passé exactement lors de ces essais ? L’appareil a fait parler trois systèmes différents. Voici le programme des tirs :
| Équipement testé | Rôle |
| Pod canon axial | Frapper droit devant, dans l’axe de vol |
| Mitrailleuse aux portes | Appui latéral, tir depuis la cabine |
| Fusil de précision | Tir chirurgical sur cible désignée |
| Largage de leurres | Tromper les missiles ennemis |
Le canon logé sous le nez tire dans l’axe de l’appareil, tandis que les armes aux portes couvrent les côtés. S’y ajoute le largage de leurres, indispensable pour survivre face à un missile guidé. Préparer tout cela a mobilisé les experts de quatre centres d’essais différents, qui ont travaillé en synergie sur l’ingénierie, les essais en vol, les techniques terrestres et aérospatiales.
Un seul appareil pour tout le monde
L’ambition du programme est là : doter les trois armées d’un hélicoptère unique. Armée de terre, marine, armée de l’air, toutes voleront sur la même machine. L’intérêt est évident en termes de coûts et de logistique. Un seul type d’appareil, ce sont des pièces communes, une formation mutualisée et une maintenance simplifiée. L’engin est conçu pour être modulaire et polyvalent, capable d’enchaîner les rôles selon les besoins. Il viendra compléter les hélicoptères déjà en service, le Tigre pour le combat, le NH90 et le Caracal pour le transport, sans les remplacer. Chacun garde sa spécialité, le nouveau venu comble les trous.

Un couteau suisse volant
Concrètement, que saura-t-il faire ? À peu près tout, ou presque. Il assurera des missions de combat, mais aussi de renseignement et de surveillance, aussi bien des espaces aériens que maritimes. Il pourra transporter des troupes en opération, effectuer des missions de soutien, et même des missions de service public, comme le secours ou la surveillance des côtes. Cette souplesse est le cœur du concept. Plutôt que de multiplier les appareils spécialisés, on mise sur une plateforme adaptable, capable de changer de casquette selon la journée. Une logique qui séduit dans un contexte de budgets serrés et de besoins toujours plus variés.
Un civil transformé en machine de guerre
D’où vient cet hélicoptère ? De la sphère civile, ce qui est plutôt malin. Il repose sur la base du H160, un appareil civil d’Airbus Helicopters déjà éprouvé. Cette filiation présente de gros avantages. La cellule a déjà volé, elle est certifiée, sa fiabilité est connue et sa production est lancée. Il reste donc à la militariser, en ajoutant l’armement, les protections et l’électronique adaptée. Une démarche bien plus rapide et moins risquée que de partir d’une feuille blanche. C’est aussi ce qui explique la vitesse à laquelle ce programme franchit ses étapes, là où d’autres traînent des années.

Un cockpit dernier cri
L’intérieur de l’appareil ne fait pas l’impasse sur la modernité. Le Guépard embarque une avionique de rupture, dérivée d’un système développé par Thales. Son but est d’optimiser le travail des équipages. Dans un hélicoptère de combat, le pilote croule sous les informations : navigation, menaces, communications, armement. Un système intelligent qui trie et hiérarchise les données allège d’autant sa charge mentale. Le pilote peut alors se concentrer sur les décisions vraiment importantes plutôt que de jongler entre dix écrans. C’est un gain de sécurité autant que d’efficacité au combat.
Un arsenal qui va s’étoffer
Ce n’est qu’un début côté armement. Le système d’armes de l’appareil est pensé pour être modulaire, donc évolutif. À terme, il pourra intégrer des roquettes guidées laser, bien plus précises que les roquettes classiques. Des études sont même en cours pour lui greffer des missiles antichars Akeron LP, ce qui en ferait un vrai tueur de blindés. Autre atout, et non des moindres, il intègre des systèmes de navigation et de radiocommunication dits résilients. Traduction : ils continuent de fonctionner même quand l’ennemi brouille tout. Cela lui permettra de coopérer étroitement avec des drones, une association devenue incontournable sur le champ de bataille moderne.
Source : Direction générale de l’armement (DGA), communication officielle sur la campagne de tirs du Guépard
