Le char le plus emblématique de l’armée française se coiffe d’une cage anti-drone à Paris pour survivre à l’arme qui terrorise tous les blindés modernes

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Said LARIBI

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Le char le plus emblématique de l’armée française se coiffe d’une cage anti-drone à Paris pour survivre à l’arme qui terrorise tous les blindés modernes

Le char le plus emblématique de l’armée française vient de se montrer avec une protection inattendue sur le toit, une réponse directe à l’arme qui terrifie tous les blindés du monde aujourd’hui.

À Eurosatory 2026, le grand salon de défense parisien, la France a dévoilé son Leclerc XLR coiffé d’une cage anti-drone. Une image qui en dit long. Car les leçons tirées des combats récents sont claires : un char peut désormais être détruit par un petit drone à quelques centaines d’euros. Et Paris a décidé de ne pas attendre pour s’adapter.

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Une cage qui change la donne sur le champ de bataille

L’image a marqué les visiteurs du salon. Sur le toit du Leclerc XLR trônait une structure grillagée, presque rustique, posée au-dessus de la tourelle. Rien de spectaculaire au premier regard, et pourtant. Cette cage répond à une menace bien précise : les attaques venues du ciel, qui frappent les zones les plus fragiles du char. Le toit de la tourelle, les optiques, le compartiment moteur… autant de points faibles que les drones modernes savent viser avec une précision redoutable. La France applique ici, sur un char déjà en service, ce que les conflits actuels lui ont appris.

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Comment un simple grillage peut sauver un char

Soyons clairs : cette cage n’est pas une arme magique. C’est une protection passive, pas un système actif qui détruit le drone. Son rôle est plus subtil. En créant une distance physique entre l’engin explosif et le blindage, elle perturbe l’angle d’impact et peut même provoquer une détonation prématurée, avant que la charge ne touche réellement le char. Elle ne rend pas le Leclerc invincible, loin de là. Mais elle complique sérieusement la tâche du pilote de drone, qui doit alors viser sous un angle moins favorable ou s’approcher davantage. Et chaque seconde gagnée compte face à ces attaques éclair.

Le char de combat principal Leclerc XLR de l'armée française exposé à Eurosatory 2026 avec une cage anti-drone montée sur le toit, reflétant les leçons tirées de l'Ukraine et les efforts de la France pour améliorer la capacité de survie des véhicules blindés face aux drones FPV et aux munitions rôdeuses (Source de l'image : Army Recognition Group).
Le char de combat principal Leclerc XLR de l’armée française exposé à Eurosatory 2026 avec une cage anti-drone montée sur le toit, reflétant les leçons tirées de l’Ukraine et les efforts de la France pour améliorer la capacité de survie des véhicules blindés face aux drones FPV et aux munitions rôdeuses (Source de l’image : Army Recognition Group).

Un arsenal de protection déjà bien fourni

Le Leclerc XLR n’a pas attendu cette cage pour se protéger. Dans le cadre de sa modernisation SCORPION, il embarque déjà tout un attirail défensif. Voici ce qu’il transporte :

Équipement Rôle
Blindage modulaire régénératif Protection complète et reconfigurable
Kit anti-RPG Combat en zone urbaine
Système Galix Défense rapprochée, fumigènes
Kit anti-mines et anti-EEI Protection contre les engins explosifs
Brouilleurs BARAGE Neutralisation des menaces radio

Le souci, c’est que tous ces équipements ont été pensés contre des roquettes, des mines ou des tirs directs. La menace venue d’en haut, elle, obéit à une tout autre logique. D’où la nécessité d’ajouter cette protection sur le toit.

Un canon qui sait déjà chasser les drones

Là où ça devient intéressant, c’est que le Leclerc ne se contente pas de subir. Son canon de 120 mm peut aussi riposter. En mai 2026, un Leclerc du 5e régiment de cuirassiers a abattu un drone lors d’essais à Abu Dhabi grâce à un obus très particulier. Cet obus disperse environ 1 100 billes de tungstène à près de 1 410 m/s, créant un véritable nuage de projectiles façon fusil de chasse. L’idée ? Saturer la trajectoire du drone pour endommager ses rotors, sa batterie ou son électronique. Une arme d’opportunité, certes, mais qui prouve que le char a plus d’un tour dans son sac.

Leclerc XLR avec cage anti-drone à Eurosatory 2026
Leclerc XLR avec cage anti-drone à Eurosatory 2026

Une protection en couches, jamais parfaite

Il faut comprendre une chose : aucun de ces systèmes ne forme à lui seul un bouclier complet. La vraie force, c’est la superposition. La cage gère les derniers mètres de l’attaque. Le système Galix crache de la fumée pour brouiller l’observation. Les brouilleurs BARAGE perturbent les drones radiocommandés, même si les modèles à fibre optique échappent de plus en plus à ce type de parade. La mitrailleuse téléopérée et le canon complètent l’ensemble. Pris isolément, chaque élément a ses limites. Assemblés, ils rendent la vie de l’attaquant bien plus compliquée et coûteuse.

La mobilité, meilleure amie du Leclerc

On l’oublie souvent, mais la survie d’un char ne dépend pas que de son blindage. Sa capacité à bouger compte tout autant. Le Leclerc XLR aligne un moteur de 1 500 chevaux, une transmission automatique, une suspension hydropneumatique et une vitesse de pointe d’environ 72 km/h. Pourquoi est-ce si important ? Parce qu’un char immobile devient une cible facile à repérer et à frapper. La rapidité de repositionnement après un tir, la capacité à éviter les itinéraires prévisibles, à se fondre dans le terrain… tout cela protège le char bien plus efficacement qu’une simple cage.

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Deux cents chars pour tenir jusqu’au successeur

Derrière cette vitrine technologique, il y a une vraie stratégie industrielle. Fin décembre 2024, la DGA a commandé la rénovation de 100 Leclerc supplémentaires au standard XLR, portant le total à 200 exemplaires. Le 34e char rénové a été livré à l’armée française en décembre 2024. D’ici fin 2030, la France veut disposer de 160 chars modernisés, puis 40 de plus d’ici 2035, le tout assemblé sur le site KNDS de Roanne. L’objectif est limpide : maintenir une cavalerie lourde performante jusqu’à l’arrivée du char du futur, encore en développement.

Source : Eurosatory 2026

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