Le plus grand sous-marin d’attaque du monde tire un missile aux portes de l’OTAN : ce géant russe de 14 000 tonnes équipé du Zircon hypersonique inquiète les marines occidentales en mer de Barents

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Said LARIBI

Said LARIBI

Le plus grand sous-marin d'attaque du monde tire un missile aux portes de l'OTAN : ce géant russe de 14 000 tonnes équipé du Zircon hypersonique inquiète les marines occidentales en mer de Barents

Un sous-marin russe de 14 000 tonnes, présenté comme le plus gros bâtiment d’attaque jamais construit, vient de rappeler sa présence à quelques encablures des eaux de l’OTAN, et ses capacités donnent des sueurs froides aux marines occidentales.

La mer de Barents n’a jamais été un terrain de jeu tranquille. Mais l’arrivée d’un nouveau prédateur sous-marin change radicalement les règles dans le Grand Nord. Quasi indétectable, hérissé de capteurs et capable de frapper aussi bien un navire qu’une cible terrestre, ce bâtiment incarne la nouvelle ambition navale de Moscou. On vous explique pourquoi il fait tant parler.

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Un géant des profondeurs taillé pour la discrétion

Oubliez l’image du gros sous-marin lent et bruyant. Avec ses 14 000 tonnes, ce bâtiment russe affiche le gabarit d’un véritable immeuble immergé et revendique le titre de plus grand sous-marin d’attaque en service sur la planète. Sa taille n’a rien d’un caprice : elle permet d’embarquer une propulsion nucléaire généreuse, des armements lourds et une électronique pléthorique sans sacrifier l’autonomie. Là où d’autres marines doivent choisir entre puissance de feu et endurance, ce géant promet les deux à la fois. C’est précisément cette combinaison qui en fait un objet aussi redouté qu’observé de près par les états-majors occidentaux.

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L’art de devenir invisible sous l’eau

La vraie prouesse n’est pas dans les muscles, mais dans le silence. Les ingénieurs ont posé les machines sur des plots anti-vibrations, recouvert la coque de revêtements acoustiques absorbants et repensé l’hélice pour limiter les remous. Résultat : l’engin compte parmi les plus difficiles à repérer jamais mis à l’eau. Plusieurs observateurs estiment qu’il s’agit du premier modèle russe pensé dès le départ autour de la discrétion plutôt que de la vitesse brute. Concrètement, un sous-marin que l’on n’entend pas est un sous-marin que l’on ne peut ni suivre, ni viser. Tout le reste découle de ce principe.

Sous-marin d'attaque de classe Yasen-M
Sous-marin d’attaque de classe Yasen-M

Une oreille démesurée pour entendre avant d’être entendu

Pour frapper en premier, encore faut-il voir venir l’adversaire. D’où cette énorme sphère installée à l’avant : un sonar de proue si volumineux qu’il a forcé les concepteurs à reculer les tubes lance-torpilles vers l’arrière. Un choix radical, qui en dit long sur la priorité donnée à la détection longue distance. À cela s’ajoutent des antennes le long de la coque et un sonar remorqué traînant derrière le navire. La logique est simple : dans la guerre sous-marine moderne, celui qui repère l’autre avant d’être repéré tient un avantage décisif. Le bâtiment a été entièrement réorganisé autour de cette idée d’écoute permanente.

Né d’une vieille obsession soviétique

Cette conception ne sort pas de nulle part. Elle est l’héritière directe de décennies passées à pister les groupes de porte-avions américains. La mission première assignée à ce navire : traquer et détruire ces immenses formations navales. Là où les anciens modèles misaient sur la profondeur de plongée et la vitesse, ce nouveau venu parie tout sur l’effacement. Détail révélateur, il n’utilise qu’une seule ligne d’arbres, alors que les engins soviétiques en alignaient deux pour foncer. Un compromis assumé : un peu moins de pointe de vitesse, beaucoup plus de silence en patrouille.

Sous-marin d'attaque de classe Yasen-M
Sous-marin d’attaque de classe Yasen-M

Deux héritages réunis dans une seule coque

Autre tour de force : ce bâtiment fusionne deux familles autrefois bien distinctes. Il reprend le rôle de chasseur silencieux d’un côté, et la fonction de plateforme de frappe longue portée de l’autre. Peu de programmes au monde ont voulu réunir autant de missions dans un seul navire. Voici ce que cela donne en pratique :

Mission Capacité concrète
Lutte anti-sous-marine Traquer et neutraliser d’autres submersibles
Lutte anti-navire Couler bâtiments de surface et porte-avions
Renseignement Espionner et collecter des données en toute discrétion
Frappe au sol Toucher des cibles terrestres très éloignées

Cette polyvalence explique pourquoi un seul de ces navires inquiète autant qu’une petite flottille entière.

Un équipage minuscule pour une telle bête

Plus surprenant encore : pour piloter ce mastodonte, il ne faut qu’une poignée de marins. Grâce à une automatisation poussée de la conduite, de l’armement et des systèmes du bord, l’équipage se limite à 64 personnes. À titre de comparaison, des sous-marins occidentaux plus petits embarquent souvent plus de cent hommes. Moins de monde à bord, c’est moins de logistique, moins de vivres à transporter et une empreinte humaine réduite lors des missions prolongées. La machine assure aujourd’hui le travail que des dizaines de techniciens devaient gérer hier encore.

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L’arme qui rebat toutes les cartes

Reste l’argument qui fait vraiment trembler : l’armement. Des sources russes ont confirmé le tir d’un missile antinavire depuis l’un de ces bâtiments, à proximité immédiate des eaux de l’OTAN, en mer de Barents. Mais le véritable bouleversement s’appelle le Zircon, un missile hypersonique capable de filer à plusieurs fois la vitesse du son et de prendre de court à peu près n’importe quelle défense actuelle. Couplé à la furtivité du porteur, ce type d’arme transforme chaque patrouille en menace stratégique. La question n’est plus de savoir si ce navire est dangereux, mais comment le détecter à temps.

Source : Military Watch Magazine

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