La Chine met un nouveau coup de pression aux Etats-Unis avec son 35e destroyer Type 052D moderne : Pékin produit deux fois plus vite que les chantiers américains dans le Pacifique

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Said LARIBI

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La Chine met un nouveau coup de pression aux Etats-Unis avec son 35e destroyer Type 052D moderne : Pékin produit deux fois plus vite que les chantiers américains dans le Pacifique

Pékin vient d’admettre un nouveau destroyer Type 052D dans sa flotte, confirmant une dynamique inquiétante pour Washington : la Chine construit vite, beaucoup, et concentre ses forces près de Taïwan.

La Chine ne se contente plus de rattraper son retard naval. Elle transforme sa puissance industrielle en navires de combat modernes à un rythme que les États-Unis surveillent de très près. Avec le destroyer Tongchuan, la marine chinoise renforce encore sa flotte de surface dans le Pacifique. Face à l’US Navy, le duel ne se joue plus seulement sur la technologie, mais aussi sur la quantité.

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Un navire de plus, mais pas un détail

Le nouveau destroyer Tongchuan vient rejoindre la flotte du Sud de la marine chinoise. Pris isolément, l’événement pourrait ressembler à une mise en service classique. Mais ce bâtiment est le 35e de la famille Type 052D, devenue l’une des colonnes vertébrales de la flotte moderne chinoise. Pour Pékin, c’est une preuve de constance industrielle. Pour Washington, c’est un signal inquiétant : la marine chinoise n’aligne plus seulement quelques navires modernes pour la vitrine, elle les produit en série. Et dans les eaux tendues de la mer de Chine méridionale ou autour de Taïwan, ce genre d’accumulation finit par changer les équilibres.

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Le Type 052D devient la brique centrale

Le Type 052D n’est pas un navire expérimental. C’est un destroyer polyvalent conçu pour défendre une flotte, attaquer des navires adverses, frapper des cibles terrestres et traquer des sous-marins. Avec un déplacement d’environ 7 500 tonnes, soit 7 500 000 kg, il dispose de 64 cellules de lancement vertical capables d’emporter différents missiles. Il peut notamment tirer des missiles antiaériens HHQ-9B, des missiles antinavires YJ-18, des missiles de croisière d’attaque terrestre CJ-10 ou des armes anti-sous-marines. Cette puissance navale donne à Pékin un outil flexible, capable d’accompagner porte-avions, groupes amphibies ou patrouilles de haute intensité.

Le destroyer Tongchuan, de classe Type 052D, récemment mis en service
Le destroyer Tongchuan, de classe Type 052D, récemment mis en service

Une version allongée pour mieux chasser sous l’eau

Le Tongchuan appartient à la variante Type 052DL, une évolution allongée d’environ 4 mètres. Le navire atteint ainsi près de 162 mètres de long, ce qui permet notamment d’accueillir un pont d’envol plus grand. Ce détail compte beaucoup, car il ouvre la porte à l’emploi de l’hélicoptère naval Z-20F, plus performant que les anciens Z-9. Meilleure endurance, meilleurs capteurs, meilleure capacité anti-sous-marine : le gain est réel. Dans une zone où les sous-marins américains, japonais ou australiens sont un élément clé de la dissuasion, cette lutte sous-marine devient un enjeu majeur pour la flotte chinoise.

La cadence chinoise inquiète Washington

Depuis l’arrivée du premier Type 052D en 2014, la Chine en a admis environ 35, tout en ajoutant aussi huit grands destroyers Type 055. Sur la même période, l’US Navy a reçu à peu près 18 à 20 destroyers Arleigh Burke. La comparaison n’est pas parfaite, car les navires américains restent très sophistiqués, mais elle raconte une tendance. Les chantiers chinois produisent presque deux fois plus vite dans cette catégorie. Les États-Unis, eux, doivent composer avec des coûts élevés, des tensions de main-d’œuvre, des goulets industriels et des programmes de plus en plus complexes. La construction navale devient donc un front stratégique à part entière.

Élément Chine États-Unis
Destroyers Type 052D/052DL Environ 35 Aucun équivalent direct chinois côté américain
Destroyers Type 055 8 Aucun navire identique, rôle proche de grand destroyer
Arleigh Burke Aucun Environ 74
Zumwalt Aucun 3
Cellules de missiles 64 sur Type 052D 96 sur Arleigh Burke Flight III
Déplacement Environ 7 500 tonnes Environ 9 800 tonnes pour Flight III

Les Américains gardent l’avantage technologique

Il serait pourtant faux de dire que la Chine dépasse déjà l’US Navy dans tous les domaines. Les derniers Arleigh Burke Flight III restent des navires redoutables. Avec près de 9 800 tonnes, soit 9 800 000 kg, ils emportent 96 cellules de lancement vertical, contre 64 pour un Type 052D. Ils peuvent utiliser des missiles SM-2, SM-3, SM-6, Tomahawk, ESSM et des armes anti-sous-marines. Leur radar AN/SPY-6 est considéré comme l’un des plus avancés au monde pour la défense aérienne et antimissile. Sur la technologie militaire, les États-Unis conservent donc un avantage solide, surtout pour intercepter des menaces complexes comme missiles balistiques ou hypersoniques.

Destroyer de type 052DM - Une des multiples sous-variantes opérationnelles
Destroyer de type 052DM – Une des multiples sous-variantes opérationnelles

L’expérience reste du côté américain

L’US Navy possède aussi une expérience opérationnelle que la Chine ne peut pas encore acheter dans ses chantiers navals. Les destroyers américains ont escorté des groupes aéronavals, tiré des missiles de croisière, protégé des zones de guerre, participé à des opérations multinationales et assuré des missions antimissiles sur plusieurs théâtres. La marine chinoise progresse vite, multiplie les déploiements lointains et apprend à manœuvrer en groupe, mais elle n’a pas encore le même vécu en combat naval de haute intensité. Cette expérience opérationnelle compte énormément, car un navire moderne ne vaut jamais seulement par sa fiche technique, mais par les équipages, la doctrine et les réseaux qui l’entourent.

Le vrai danger vient du nombre

Le problème pour Washington, c’est que la qualité ne suffit pas toujours quand l’écart de production se resserre. La Chine dispose désormais d’environ 50 destroyers, dont plus de 40 modernes avec radars avancés et missiles en silos verticaux. L’US Navy reste plus grande avec environ 77 destroyers, mais elle doit les répartir sur l’Atlantique, le Pacifique, le Moyen-Orient et d’autres zones de crise. La Chine, elle, peut concentrer une part énorme de ses moyens près de Taïwan, en mer de Chine méridionale et autour de la première chaîne d’îles. Cette supériorité locale pourrait devenir décisive dans un conflit régional.

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Taïwan au centre de la course

Chaque nouveau destroyer chinois renforce la capacité de Pékin à patrouiller plus longtemps, escorter ses porte-avions, protéger ses groupes amphibies et créer des bulles de défense aérienne plus denses. Autour de Taïwan, cela signifie davantage de missiles disponibles, plus de capteurs en mer, plus de pression sur les forces américaines et alliées. Le Type 052D n’est peut-être pas supérieur à un Arleigh Burke Flight III, mais il devient dangereux par sa répétition. En clair, la Chine ne cherche pas seulement le navire parfait. Elle construit une flotte de guerre assez nombreuse pour saturer les calculs adverses.

Source : China MoD

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