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La Turquie choisit le SAMP/T franco-italien pour son dome de fer après l’épisode S-400 qui lui avait coûté le F-35 : Aster 30 et coproduction avec Aselsan et Roketsan

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Said LARIBI

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La Turquie ouvre des négociations avec l’Italie pour acquérir et coproduire le système SAMP/T afin de combler ses lacunes face aux missiles balistiques et renforcer son architecture nationale Steel Dome. …

La Turquie choisit le SAMP/T franco-italien pour son dome de fer après l'épisode S-400 qui lui avait coûté le F-35 : Aster 30 et coproduction avec Aselsan et Roketsan

La Turquie ouvre des négociations avec l’Italie pour acquérir et coproduire le système SAMP/T afin de combler ses lacunes face aux missiles balistiques et renforcer son architecture nationale Steel Dome.

Des tirs récents venus du Moyen Orient ont servi d’électrochoc stratégique. Ankara veut réduire sa dépendance à la couverture alliée et bâtir une défense multicouche crédible. Le SAMP/T franco italien pourrait devenir la pièce maîtresse de cette montée en puissance, en attendant la pleine maturité des systèmes nationaux.

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Un signal d’alarme venu du ciel

Plusieurs missiles tirés depuis l’Iran lors d’un conflit régional ont été interceptés au-dessus ou à proximité du territoire turc par des moyens alliés. Cet épisode a mis en lumière une dépendance partielle à la couverture OTAN, une vulnérabilité dans la défense longue portée et la nécessité d’une capacité souveraine capable de traiter des menaces simultanées.

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Le SAMP/T comme solution immédiate

Le système SAMP/T, développé par Eurosam, utilise l’intercepteur Aster 30 pour engager avions, missiles de croisière et missiles balistiques tactiques. La version récente peut atteindre des cibles jusqu’à environ 150 km. Chaque batterie comprend généralement 4 à 6 lanceurs mobiles, chacun emportant 8 missiles. Cette architecture offre une interception haute altitude, une couverture à 360 degrés et une intégration fluide dans les réseaux OTAN.

Steel Dome, une architecture multicouche

La Turquie développe parallèlement son programme Steel Dome, conçu comme un système de défense intégré à plusieurs niveaux. Il combine des systèmes courte portée comme Korkut et Sungur, des capacités intermédiaires comme Hisar-A+ et Hisar-O, et des intercepteurs longue portée comme Siper, dont la portée dépasse 150 km. L’ensemble repose sur une défense multicouche, une centralisation des données et un commandement unifié.

La Turquie lance des négociations sur le système de défense antimissile SAMP/T
La Turquie lance des négociations sur le système de défense antimissile SAMP/T

Coopération industrielle et transfert de technologie

Les discussions avec l’Italie incluent une coproduction impliquant des entreprises turques comme Aselsan et Roketsan. L’objectif est d’intégrer radars, systèmes de tir et composants locaux. Un accord de faisabilité signé en 2018 avec des partenaires européens avait déjà posé les bases d’un tel modèle. Cette approche renforce la souveraineté industrielle, la maîtrise technologique et la consolidation d’une base de production nationale.

Investissements massifs dans la production locale

Début avril 2026, Roketsan a inauguré une nouvelle installation près d’Ankara, représentant un investissement d’environ 2,8 milliards d’euros. Cette usine doit augmenter la production de missiles nationaux, dont Tayfun et plusieurs intercepteurs sol air. Cet effort soutient la montée en cadence industrielle, la sécurité d’approvisionnement et la capacité à soutenir un conflit prolongé.

Un lanceur SAMP/T tire un missile Aster. Crédit photo : MBDA
Un lanceur SAMP/T tire un missile Aster. Crédit photo : MBDA

Un contexte politique complexe

Le dossier SAMP/T avait été bloqué par le passé en raison de tensions politiques liées à la Syrie et à la Méditerranée orientale. Toutefois, les discussions récentes au sein de l’Alliance montrent une volonté d’apaisement. L’intégration d’un système compatible OTAN pourrait améliorer la coopération stratégique, restaurer une confiance transatlantique et repositionner Ankara comme acteur clé du flanc sud.

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L’ombre persistante du S-400 russe

En 2017, l’achat du système russe S-400 pour environ 2,3 milliards d’euros avait entraîné l’exclusion de la Turquie du programme F-35 et des sanctions américaines. Ankara affirme que ces systèmes ne sont pas intégrés aux réseaux OTAN. L’acquisition du SAMP/T représenterait donc un pas vers une réintégration partielle, une interopérabilité renforcée et une normalisation des relations de défense.

Comparatif simplifié des couches de défense

Couche Exemple de système Portée estimée
Courte portée Korkut, Sungur Quelques km
Moyenne portée Hisar-A+, Hisar-O Jusqu’à 25 km
Longue portée nationale Siper Plus de 150 km
Longue portée européenne SAMP/T Aster 30 Environ 150 km

La logique turque est claire : combiner urgence opérationnelle et montée en autonomie. Le SAMP/T agirait comme solution transitoire haut de gamme pendant que Steel Dome atteint sa pleine maturité. Dans un environnement marqué par la prolifération de missiles balistiques et de drones armés, la rapidité d’interception devient aussi cruciale que la portée.

Source : Bloomberg

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