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La France propose à la Grèce un sous-marin dérivé du Suffren nucléaire capable de frapper des cibles terrestres depuis la Méditerranée : le Blacksword Barracuda de 82 m avec missiles de croisière MdCN

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Said LARIBI

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Naval Group met sur la table un sous-marin conventionnel dérivé du Suffren pour équiper Athènes d’une capacité de frappe et de surveillance longue portée face aux tensions croissantes en mer …

La France propose à la Grèce un sous-marin dérivé du Suffren nucléaire capable de frapper des cibles terrestres depuis la Méditerranée le Blacksword Barracuda de 82 m avec missiles de croisière MdCN

Naval Group met sur la table un sous-marin conventionnel dérivé du Suffren pour équiper Athènes d’une capacité de frappe et de surveillance longue portée face aux tensions croissantes en mer Égée et en Méditerranée orientale.

La Grèce prépare le renouvellement de sa flotte sous-marine. Ses Type 209 approchent les cinquante ans de service et les missions s’étendent désormais bien au-delà de la mer Égée. La compétition industrielle européenne s’intensifie.

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Un programme à quatre unités structurant

Athènes vise l’acquisition de quatre nouveaux sous-marins pour remplacer progressivement ses anciens Type 209/1100 et 1200. L’entrée en service est envisagée à l’horizon 2035, ce qui suppose une signature de contrat autour de 2028 compte tenu d’un délai de construction estimé entre cinq et six ans pour la première unité. Le projet s’inscrit dans une montée en puissance de la dissuasion navale, du contrôle maritime et des capacités de projection sous-marine.

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Un dérivé du Suffren adapté au conventionnel

Le Blacksword Barracuda reprend l’architecture du sous-marin nucléaire français de classe Suffren, mais avec une propulsion diesel-électrique. Il conserve la géométrie de coque et l’organisation interne, tout en adoptant une configuration plus adaptée aux besoins grecs. Long d’environ 82 mètres pour un déplacement en plongée proche de 3 300 tonnes, il se situe au-dessus des modèles actuellement en service en Grèce en termes de volume et de potentiel d’emport. Cette filiation renforce la crédibilité technique et la logique de transfert technologique.

Suffren et NH90 NFH. Photo de la Marine française.
Suffren et NH90 NFH. Photo de la Marine française.

Des batteries lithium-ion plutôt que l’AIP classique

L’un des choix structurants concerne la propulsion. Naval Group propose d’abandonner les modules AIP traditionnels pour intégrer des batteries lithium-ion à haute densité énergétique. Ces batteries offrent jusqu’à 40 % de performance supplémentaire sur le cycle de vie par rapport aux anciennes générations au plomb. L’endurance en plongée sans schnorchel est estimée entre 10 et 15 jours selon la vitesse. Le rechargement, effectué via générateurs diesel, est plus rapide, ce qui réduit la fenêtre d’exposition. Ce parti pris favorise la mobilité sous-marine, la réduction signature et la flexibilité tactique.

Un profil orienté A2/AD et frappe terrestre

Le cahier des charges grec met l’accent sur des missions élargies : opérations A2/AD, surveillance ISR et capacité de frappe contre des cibles terrestres. Le sous-marin dispose de six tubes lance-torpilles de 533 mm et peut embarquer environ 30 armes. Les torpilles lourdes F21, les missiles antinavires Exocet SM40 et le missile de croisière MdCN figurent parmi les options. L’intégration de missiles de croisière introduit une véritable capacité de frappe longue portée, renforçant la posture de dissuasion en Méditerranée orientale.

Photo d'illustration MBDA ; qualification de tir du missile NCM sur l'île du Levant, en France. Ce missile offre une capacité opérationnelle unique de frappe de précision métrique à longue portée contre des cibles politiquement et militairement sensibles.
Photo d’illustration MBDA ; qualification de tir du missile NCM sur l’île du Levant, en France. Ce missile offre une capacité opérationnelle unique de frappe de précision métrique à longue portée contre des cibles politiquement et militairement sensibles.

Une plateforme pensée pour la discrétion

La conception intègre des mesures de réduction des signatures acoustique et magnétique. Les équipements mécaniques sont montés sur plots amortisseurs afin de limiter la transmission des vibrations. La coque hydrodynamique inspirée du profil Albacore vise à réduire le bruit d’écoulement, y compris à vitesse élevée. L’objectif est de maintenir une faible détectabilité non seulement en patrouille lente, mais aussi lors des phases de transit rapide. Cette approche combine furtivité avancée, endurance et vitesse opérationnelle.

Une concurrence européenne et asiatique active

L’offre française s’inscrit dans un environnement compétitif. L’allemand TKMS pourrait proposer des variantes du Type 212CD ou 218, la Suède avance son A26, tandis que la Corée du Sud dispose du KSS-III. Chaque constructeur met en avant des solutions techniques différentes, notamment sur la propulsion et l’intégration de systèmes sans pilote. Pour Athènes, l’enjeu consiste à trouver un équilibre entre capacité opérationnelle, souveraineté industrielle et coût global du programme.

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Une forte dimension industrielle grecque

Le projet prévoit une participation significative de l’industrie hellénique. METLEN serait impliquée dans la fabrication de sections de coque, tandis que les chantiers de Skaramangas pourraient assurer l’assemblage final. Plus de 120 contrats ont déjà été signés avec plus de 70 entreprises grecques dans le cadre de coopérations navales existantes. La maintenance et le soutien sur le cycle de vie seraient réalisés localement, renforçant la base industrielle nationale et la sécurité d’approvisionnement.

Caractéristique Blacksword Barracuda
Longueur 82 mètres
Déplacement en plongée Environ 3 300 tonnes
Endurance totale Jusqu’à 70 jours selon consommables
Autonomie estimée Environ 15 000 milles nautiques (27 800 km)
Armement 6 tubes de 533 mm, jusqu’à 30 armes

 

Source : Naval Group

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