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La flotte française pourrait bientôt être sollicitée par sa « meilleure » ennemie la Royal Navy pour escorter son porte-avions de 65 000 tonnes le HMS Prince of Wales

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Un porte-avions prêt à partir… mais avec qui ? Le HMS Prince of Wales, second porte-avions britannique de la classe Queen Elizabeth, vient d’être placé en état de préparation avancée. …

La flotte française pourrait bientôt être sollicitée par sa « meilleure » ennemi la Royal Navy pour escorter son porte-avions de 65 000 tonnes le HMS Prince of Wales

Un porte-avions prêt à partir… mais avec qui ?

Le HMS Prince of Wales, second porte-avions britannique de la classe Queen Elizabeth, vient d’être placé en état de préparation avancée. Cela signifie une chose simple : l’équipage doit pouvoir appareiller en moins de cinq jours si Londres décide d’un déploiement vers le Moyen-Orient !

La décision n’est pas encore prise mais les tensions géopolitiques montent en flèche depuis l’escalade entre Israël, les États-Unis et l’Iran. Dans ce contexte, la Royal Navy prépare son navire amiral : un bâtiment de 65 000 tonnes, long de 280 mètres, capable d’embarquer des chasseurs F-35B et de projeter une puissance aérienne à des milliers de kilomètres.

Le « hic » c’est que ce magnifique porte-avions seul ne sert à rien. Il lui faut une escorte et c’est là que cela devient gênant…

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Dans une configuration classique, un groupe aéronaval britannique s’organise autour de plusieurs couches de protection : deux ou trois destroyers ou frégates (parfois davantage), un sous-marin nucléaire d’attaque, des navires logistiques et des hélicoptères de surveillance.

Le problème  c’est que la Royal Navy n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis quelques années et ne dispose officiellement que de six destroyers Type 45. En mars 2026, un seul serait immédiatement opérationnel, le destroyer HMS Dragon !

Le destroyer HMS Dragon, bâtiment de défense aérienne de la Royal Navy, est spécialisé dans la protection d’une flotte contre les avions et les missiles.Armé du système Sea Viper et de missiles Aster, ce navire de guerre de 152 mètres accompagne les groupes navals britanniques dans les zones de tension.
Le destroyer HMS Dragon, bâtiment de défense aérienne de la Royal Navy, est spécialisé dans la protection d’une flotte contre les avions et les missiles.
Armé du système Sea Viper et de missiles Aster, ce navire de guerre de 152 mètres accompagne les groupes navals britanniques dans les zones de tension.

Et encore…Même lui ne serait pas forcément disponible. Il doit appareiller vers la Méditerranée afin de protéger les bases souveraines britanniques à Chypre.

La situation n’est guère meilleure côté frégates. Sur les sept frégates encore en service, seules HMS Somerset et HMS St Albans seraient actuellement prêtes à naviguer. Les autres sont immobilisées pour maintenance ou réparation.

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L’hypothèse d’une escorte française

Dans ces conditions, un scénario commence à circuler dans les milieux militaires. Si le Prince of Wales devait réellement partir vers le Moyen-Orient, la Royal Navy pourrait demander l’aide de ses alliés pour constituer l’escorte.

La Marine nationale figure parmi les partenaires les plus crédibles. Les marines française et britannique coopèrent régulièrement au sein de groupes aéronavals conjoints. Des frégates françaises ont déjà escorté des porte-avions britanniques lors d’exercices ou de missions OTAN.

Rappelons d’ailleurs la Marine nationale commence à introduire sa nouvelle frégate high-tech : la FDI :

Dans un groupe aéronaval moderne, cette coopération n’est pas exceptionnelle. Les systèmes de combat, les liaisons de données et les procédures sont conçus pour fonctionner ensemble. Une frégate française, américaine ou européenne peut intégrer un groupe naval britannique sans difficulté technique majeure.

Si historiquement ce serait un « camouflet » et une petite humiliation pour l’ex-plus grande flotte militaire du monde, politiquement, la symbolique serait forte. Un porte-avions britannique protégé par un navire français dans une zone de crise internationale !

Londres dément, mais prépare ses options

Le ministère britannique de la Défense se veut rassurant. Officiellement, aucune décision de déploiement n’a été prise. Le gouvernement insiste sur un point : le Prince of Wales a toujours été maintenu à un niveau de préparation élevé.

Depuis janvier, Londres renforce déjà sa présence militaire dans la région. Chasseurs Typhoon, avions F-35, systèmes de défense aérienne et environ 400 militaires supplémentaires ont été envoyés à Chypre. Des hélicoptères Wildcat armés de missiles antidrone participent aussi à la protection des bases britanniques.

Une préparation contestée sur le plan politique

Cette lecture ne convainc pas tout le monde à Westminster. L’opposition accuse le gouvernement d’avoir réagi trop tard face à la montée des tensions. Pour certains responsables politiques, la question n’est pas la préparation du porte-avions mais l’état réel de la flotte.

Les critiques pointent également les réductions budgétaires imposées au ministère de la Défense, qui doivent absorber environ 3 milliards d’euros d’économies cette année. Dans ce contexte, maintenir une flotte disponible devient un exercice d’équilibre permanent, comme le prouve le récent abandon du RFA Argus sans solution de rechange.

Pour les opposants, la conséquence est visible. Même avec un porte-avions prêt à partir, Londres pourrait manquer de navires pour l’escorter.

Un contexte stratégique jugé « le plus dangereux depuis trente ans »

Du côté de l’état-major britannique, le ton est plus grave encore. Le chef d’état-major de la défense, Richard Knighton, estime que le Royaume-Uni traverse probablement la période stratégique la plus dangereuse depuis trois décennies.

Les frappes américaines contre des infrastructures iraniennes, les attaques de drones contre les bases occidentales et l’escalade régionale ont changé le rythme de la crise. Les forces britanniques doivent désormais envisager des opérations plus larges, y compris des missions offensives si la situation se détériore.

Dans ce contexte, la Royal Navy tente de remettre certains navires en condition opérationnelle en urgence. Les équipes travaillent jour et nuit pour préparer le destroyer HMS Dragon à appareiller.

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Un groupe aéronaval qui dépend désormais de ses alliés

La Royal Navy reste une flotte respectée sur et sous les océans qui conserve des plateformes extrêmement puissantes, comme ses porte-avions modernes ou ses sous-marins nucléaires.

Ce qui lui manque et qui semble être la conséquence de choix budgétaire « douteux », ce sont les coques intermédiaires : les frégates et destroyers qui assurent l’escorte, la défense aérienne et la protection anti-sous-marine.

Dans ces conditions, même le plus puissant des porte-avions du monde serait inutilisable et la crise que traverse l’ex bijou de l’Empire Britannique semble donc parti pour durer alors que le péril ne cesse de grandir…

Sources :

  • Daily Mail, Shortage of Royal Navy Warships Leaves Aircraft Carrier Relying on French Escort in Middle East (5 mars 2026),
    article d’actualité évoquant les difficultés de disponibilité de la Royal Navy, conduisant le groupe aéronaval britannique à s’appuyer sur des navires alliés, notamment français, pour assurer l’escorte d’un porte-avions déployé dans le contexte de tensions au Moyen-Orient.
  • Navy Lookout, HMS Prince of Wales Placed on Five Days Notice to Sail in Response to Middle East Crisis (3 mars 2026),
    analyse spécialisée détaillant la mise en alerte rapide du porte-avions britannique HMS Prince of Wales, les capacités du groupe aéronaval associé et les implications opérationnelles liées à la situation sécuritaire au Moyen-Orient.

Image de mise en avant : Le porte-avions HMS Prince of Wales, navire amiral de la Royal Navy, lors d’une navigation en 2023.
Conçu pour mettre en œuvre des F-35B et des hélicoptères, ce bâtiment de 284 mètres incarne le retour du Royaume-Uni à une capacité de projection aéronavale de premier plan.

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