Dassault et la start-up Harmattan AI viennent de réussir un vol inédit où un petit drone a débusqué un radar ennemi à plusieurs dizaines de kilomètres, avant de transmettre sa position à un Rafale qui a simulé sa destruction. Une nouvelle façon de faire la guerre, où l’avion de chasse ne travaille plus seul.
La guerre électronique est devenue le nerf des combats aériens modernes. Détecter les défenses ennemies avant qu’elles ne vous repèrent, voilà l’enjeu. Deux industriels français viennent de démontrer une méthode redoutable, mêlant un chasseur de pointe et un drone bon marché.
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Un drone et un chasseur qui font équipe
L’annonce est tombée ce 13 juillet 2026. Le constructeur Dassault Aviation et la jeune entreprise Harmattan AI ont réalisé en vol un engagement collaboratif simulé entre un Rafale au standard F4 et un drone. Ce dernier embarquait une charge utile baptisée NAMIB, un tout nouvel outil de guerre électronique développé conjointement par les deux sociétés. Le principe est aussi simple que malin : le drone joue les éclaireurs et repère la menace, pendant que le chasseur se tient prêt à frapper. Une première qui illustre concrètement l’avenir du combat aérien, où les appareils ne combattent plus en solitaire mais en équipe coordonnée.
Débusquer les radars ennemis
Mais à quoi sert exactement cette fameuse charge NAMIB ? Sa mission est de traquer les émissions électromagnétiques. Concrètement, elle détecte, identifie et localise les signaux émis par les systèmes ennemis, en particulier ceux des défenses anti-aériennes. Ces batteries de missiles sol-air représentent un danger mortel pour n’importe quel avion. Or, pour tirer, un radar doit émettre des ondes. Et ces ondes trahissent sa position. NAMIB écoute donc en permanence pour repérer ces signatures révélatrices. Une fois le radar repéré, il devient une cible que l’on peut neutraliser avant qu’il ne fasse le moindre dégât.

Un éclaireur léger au plus près du danger
L’un des grands atouts de ce système, c’est sa légèreté. Cette charge utile peut équiper de petits drones tactiques, du simple quadricoptère à l’appareil à voilure fixe capable de tenir l’air plus longtemps. Cela change complètement la donne. Plutôt que d’envoyer un avion piloté, forcément précieux et vulnérable, on expédie un drone peu coûteux au plus près de la menace. S’il est repéré ou abattu, aucune vie humaine n’est en jeu, et la perte financière reste minime. Cette approche permet d’aller renifler les défenses ennemies dans des zones bien trop dangereuses pour un chasseur habité, tout en gardant ce dernier à distance de sécurité.
Comment s’est passé le vol test
Lors de cette démonstration, tout s’est enchaîné avec précision. Voici comment la scène s’est déroulée :
| Étape | Action |
| 1 | Le drone repère les émissions d’un radar ennemi |
| 2 | Il le localise avec précision à plusieurs dizaines de km |
| 3 | La position exacte est transmise au Rafale |
| 4 | Le chasseur simule une frappe sur le radar |
Le drone a donc discrètement localisé un radar situé à plusieurs dizaines de kilomètres, et ce avec une grande précision. Cette information a ensuite filé directement vers le Rafale, qui a simulé une passe de tir sur l’objectif. Une chaîne complète, de la détection jusqu’à l’attaque, orchestrée entre deux engins très différents. La preuve que le concept fonctionne bel et bien en conditions réelles de vol.
Le Rafale, un chef d’orchestre connecté
Ce vol met aussi en lumière une qualité maîtresse du Rafale au standard F4 : sa connectivité. L’appareil est capable de communiquer de façon fluide avec une très grande variété d’acteurs. Cela inclut d’autres avions, mais aussi des drones comme ici, et même des forces terrestres. Cette architecture ouverte lui permet d’exploiter efficacement de nouvelles fonctions, comme celles de NAMIB. Selon le patron de Dassault, cette réussite illustre l’adaptation permanente du Rafale aux besoins du moment. L’avion ne se contente plus de voler et de tirer, il devient un véritable nœud de communication au cœur du champ de bataille, capable de fédérer les informations venues de partout.

La stratégie du mélange malin
Derrière cette démonstration se cache un concept stratégique que les militaires appellent le « high low mix ». L’idée consiste à combiner des systèmes complexes et coûteux, comme un Rafale, avec des effecteurs bon marché, consommables et autonomes, comme ce petit drone. Pourquoi faire ? Pour ne pas gaspiller des moyens précieux sur des tâches risquées. Le drone jetable prend les risques et fait le sale boulot de reconnaissance, tandis que le chasseur, bien plus onéreux, reste préservé pour porter le coup décisif. Cette combinaison offre le meilleur des deux mondes : la puissance d’un avion de pointe et la quantité d’engins bon marché. Une équation qui séduit de plus en plus les armées face à la guerre moderne.
Deux Français unis pour la guerre de demain
Ce projet est le fruit d’un partenariat stratégique noué entre les deux entreprises françaises. Le développement de NAMIB a été lancé en janvier 2026, avec un objectif clair : intégrer des capacités autonomes avancées dans la prochaine génération de systèmes de combat aérien. D’un côté, Dassault apporte sa longue expérience des avions de chasse. De l’autre, Harmattan AI met sur la table son expertise en autonomie et en intelligence embarquée. Le patron de la start-up insiste sur ce point : il est désormais possible d’accélérer l’arrivée de technologies de rupture au service des forces armées. Ensemble, les deux acteurs préparent dès aujourd’hui les architectures de combat de demain, où l’humain et la machine coopèrent étroitement.
Source : Dassault Aviation
