La Chine rejoint les États-Unis dans le club très fermé des porte-avions catapultes électromagnétiques : son chasseur décolle enfin à pleine charge laissant la Russie loin derrière

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Said LARIBI

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La Chine rejoint les États-Unis dans le club très fermé des porte-avions catapultes électromagnétiques : son chasseur décolle enfin à pleine charge laissant la Russie loin derrière

Une photo inédite montre un chasseur chinois J-15T s’arrachant du pont du porte-avions Fujian avec quatre missiles antinavire sous les ailes, soit deux fois plus qu’auparavant. La preuve que la Chine vient enfin de résoudre un problème qui limitait ses porte-avions depuis des années.

Un cliché peut parfois valoir mille discours. Celui-ci montre un chasseur chinois quittant son porte-avions bardé de missiles, du jamais-vu. Derrière cette image se cache une avancée technique décisive pour la marine de Pékin. Une image inédite qui en dit long.

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Une image inédite qui en dit long

C’est apparemment une grande première. Une photo a fait surface, montrant un chasseur embarqué chinois J-15T en plein décollage, chargé de quatre missiles antinavire. On y voit l’appareil postcombustion allumée, quelques instants avant de quitter le pont du Fujian, le premier porte-avions chinois équipé de catapultes. Ce détail change tout. Jusqu’ici, la version la plus récente de ce chasseur n’avait été aperçue qu’avec un seul missile d’exercice, à l’époque où elle en était encore au stade de prototype. Voir aujourd’hui un tel appareil décoller en configuration de combat complète marque un cap symbolique pour l’aéronavale chinoise.

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Deux fois plus de missiles qu’avant

Le chiffre qui frappe, c’est la quantité d’armement emporté. Avec quatre missiles antinavire YJ-83K, l’appareil transporte le double de ce qu’un chasseur de ce type embarquait jusqu’à présent. Cela représente une charge d’environ 2 900 kg, sans même compter d’éventuels équipements non visibles sur la photo. Or, faire décoller un avion aussi lourdement chargé depuis un porte-avions n’a rien d’évident. C’était même l’un des grands points faibles de la marine chinoise. Cette capacité nouvelle décuple le potentiel de frappe de l’appareil, capable désormais de saturer un navire ennemi de projectiles ou d’emporter davantage de carburant.

Deux vues d'un prototype J-15T transportant une seule balle d'entraînement YJ-83K et un missile air-air à moyenne portée inerte PL-15. via Internet chinois
Deux vues d’un prototype J-15T transportant une seule balle d’entraînement YJ-83K et un missile air-air à moyenne portée inerte PL-15. via Internet chinois

Le secret, une catapulte électromagnétique

Comment expliquer ce progrès ? Tout repose sur le système de décollage. Le Fujian est doté d’une catapulte électromagnétique, une technologie de pointe qui propulse littéralement l’avion pour l’aider à s’envoler. Un club ultra-fermé, car seul le porte-avions américain Gerald R. Ford en possède une également. La Chine devient donc la deuxième nation au monde à aligner un tel navire. Ce chasseur a d’ailleurs été spécialement conçu pour en profiter. Les deux précédents porte-avions chinois, eux, utilisaient un simple tremplin incliné au bout du pont. Problème, cette rampe limitait fortement le poids au décollage. Un avion devait alors sacrifier du carburant ou des armes pour pouvoir s’envoler. Avec la catapulte, cette contrainte disparaît. L’appareil décolle enfin avec tout son potentiel, armes et réservoirs pleins.

Un missile antinavire redoutable

Mais que vaut le missile emporté ? Le YJ-83K est une arme antinavire très répandue, à peu près équivalente au célèbre missile américain Harpoon. Voici sa fiche technique :

Caractéristique Donnée
Portée Environ 180 km
Masse Environ 725 kg
Charge militaire Environ 165 kg
Vitesse Subsonique
Vol de croisière 20 à 30 m au-dessus de l’eau
Phase finale 5 à 7 m

Guidé par radar et propulsé par un petit réacteur, ce missile file au ras des flots pour échapper aux défenses adverses. En phase finale, il descend encore plus bas, à quelques mètres seulement de la surface, avant de percuter sa cible avec une charge explosive perforante. Un adversaire redoutable pour n’importe quel navire.

Là où la Russie a échoué

Ce bond en avant est d’autant plus notable qu’il souligne un échec ailleurs. La cellule de ce chasseur, dérivée du célèbre Flanker russe, a toujours été capable d’emporter des charges impressionnantes. Mais uniquement en théorie. Avec un simple tremplin, ce potentiel restait bridé. C’est exactement le problème qui plombe encore aujourd’hui l’unique porte-avions de la marine russe. Faute de catapulte, ses avions ne peuvent jamais décoller à pleine charge. La Chine, en franchissant ce cap, prend donc une longueur d’avance sur son voisin, alors même qu’elle s’était initialement inspirée de la technologie soviétique.

Un moteur enfin 100 % chinois

Autre évolution capitale, cachée sous le capot. Ce chasseur commence à recevoir des moteurs entièrement chinois, les WS-10H. Ils remplacent les réacteurs russes AL-31F qui équipaient jusqu’ici les versions de série. C’est un pas de géant vers l’indépendance industrielle. Dépendre d’un fournisseur étranger pour une pièce aussi vitale qu’un moteur d’avion de combat représente une vraie faiblesse stratégique. En produisant les siens, la Chine gagne en autonomie et sécurise sa chaîne de production. Une montée en puissance qui illustre les progrès fulgurants de son industrie aéronautique militaire ces dernières années.

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Toute une famille d’avions embarqués

Ce progrès ne concerne pas qu’un seul appareil. La capacité à décoller plus lourd va profiter à toute une famille de chasseurs dérivés. En tête, une version biplace spécialisée dans la guerre électronique, pensée pour brouiller les défenses ennemies, un peu comme le fait le Growler américain. Avec ses nombreux pods de brouillage, cet avion a justement besoin de décoller à un poids élevé. Des rumeurs évoquent aussi une version d’entraînement et d’attaque polyvalente. Le chasseur peut par ailleurs emporter d’autres armes, comme des missiles air-air modernes ou un système de ravitaillement en vol pour ses camarades. Plus inquiétant encore, il a été photographié avec le YJ-15, un missile antinavire d’une tout autre catégorie : propulsé par un statoréacteur, il croise autour de Mach 3 à 4 et dépasserait Mach 5 en phase finale, laissant très peu de temps aux défenses adverses pour réagir. Une polyvalence qui renforce encore l’intérêt de cette nouvelle génération.

Source : TWZ

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