La marine allemande a commandé à MBDA et Rheinmetall un canon laser de forte puissance, qui foudroie drones, missiles et cibles en mer avec un faisceau large de quelques centimètres. Prix : plusieurs centaines de millions d’euros. Livraison prévue en 2029.
Fini les munitions coûteuses qui s’épuisent. La guerre navale entre dans l’ère du rayon lumineux. L’Allemagne mise sur une arme futuriste pour protéger ses navires, testée pendant plus d’un an en pleine mer. Une petite révolution silencieuse et redoutablement précise.
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Un contrat signé pour armer les navires
C’est signé depuis le 9 juin 2026. L’office d’équipement de l’armée allemande a confié à un tandem de poids lourds, MBDA et Rheinmetall, le développement d’un canon laser de forte puissance pour ses navires. Les deux industriels montent d’ailleurs une coentreprise rien que pour ce projet. L’échéance ? 2029, année où l’arme devra être prête au combat. Le contrat, lui, pèse plusieurs centaines de millions d’euros. Il couvre l’ensemble de la chaîne, depuis la détection et le suivi de la cible jusqu’à sa destruction. Autant dire un système complet, et non un simple gadget.
Une arme qui tire à la vitesse de la lumière
Comment fonctionne une telle arme ? Le principe tient de la science-fiction devenue réalité. Plutôt que de tirer un obus ou un missile, le système projette un faisceau laser surpuissant sur sa cible. Sa grande force, c’est sa précision chirurgicale. Grâce à une qualité de faisceau avancée et à une excellente capacité de suivi, l’énergie peut être concentrée sur une zone de quelques centimètres seulement, même sur une cible en mouvement. Cette densité d’énergie phénoménale permet de neutraliser une menace plus vite et plus précisément, tout en consommant moins de puissance. Autre atout de taille, chaque tir ne coûte quasiment rien, contrairement à un missile hors de prix.
Plus de 1 000 tirs réussis en mer
Cette arme n’a rien d’un projet sur le papier. Le démonstrateur a déjà subi une batterie d’essais impressionnante. Voici son bilan :
| Élément | Donnée |
| Tirs réussis | Plus de 1 000 |
| Distance parcourue | Près de 52 000 km |
| Durée des essais | Plus d’un an |
| Zones de test | Mer du Nord, Baltique, Méditerranée |
| Mise en service | 2029 |
En plus d’un an d’essais, le laser a fait mouche plus de mille fois, sur des cibles aussi bien aériennes que maritimes ou terrestres. En mars 2026, il a d’ailleurs déroulé une démonstration en règle devant de hauts gradés allemands, sur un site d’essais dédié. De quoi asseoir sa fiabilité dans des contextes très différents.
Près de 52 000 km parcourus pour tout prouver
La vraie prouesse, c’est d’avoir éprouvé cette arme en pleine mer, pas en labo. Le démonstrateur a embarqué sur une frégate, le Sachsen, pour un périple de près de 52 000 kilomètres, entre mer du Nord, mer Baltique et Méditerranée. Le but ? Le confronter à des conditions rudes, et notamment à une météo capricieuse. Car c’est le point faible classique des lasers : pluie, brouillard et humidité viennent souvent perturber le faisceau. Or le système a tenu ses promesses, ce qui constitue une avancée technique majeure. Preuve que cette technologie sort enfin des laboratoires pour devenir une arme réellement opérationnelle.

La chasse aux drones avant tout
Quelle est la mission première de cette arme ? Répondre à la menace grandissante des drones. Ces petits engins volants sont devenus le cauchemar des navires modernes. Un laser offre justement une parade idéale : il détruit un drone bon marché sans gaspiller un missile coûteux. Le responsable de Rheinmetall insiste sur ce point, en soulignant que le système offrira aux équipages une protection nettement renforcée, tout particulièrement contre ces drones. Mieux, l’arme peut être installée dans un simple conteneur. Cette version conteneurisée la rend aussi utile pour sécuriser des ports ou d’autres sites sensibles, à moindre coût.

Le pari de la souveraineté allemande
Ce projet dépasse la simple question militaire. Il s’agit aussi d’un enjeu de souveraineté nationale. Les deux industriels ont particulièrement misé sur les chaînes d’approvisionnement allemandes et sur l’expertise locale. L’idée est claire : maîtriser cette technologie clé sur son propre sol, sans dépendre de fournisseurs étrangers. Conséquence directe, la production en série se fera en grande partie en Allemagne. Ce choix va créer de nouvelles opportunités de formation et de nombreux emplois. À l’heure où l’Europe cherche à reconstruire son industrie de défense, ce genre de pari industrielprend tout son sens face aux tensions actuelles.
Un enjeu stratégique pour la marine
Au-delà de l’exploit technique, cette arme pourrait changer la donne en mer. Sa rentabilité est son argument massue. Face à des attaques de saturation, où l’ennemi lance des nuées de drones bon marché, riposter avec des missiles ruinerait n’importe quelle marine. Le laser, lui, tire à volonté pour un coût dérisoire, tant qu’il dispose d’électricité. C’est un changement de paradigme pour la défense navale. Rappelons que MBDA, l’un des deux artisans du projet, est un géant européen détenu par Airbus, BAE Systems et Leonardo. Un tel poids lourd derrière ce programme montre à quel point l’arme laser est désormais prise au sérieux par les grandes puissances militaires.
Sources :
- MBDA
- Rheinmetall
