En 1942, l’URSS a tenté de faire voler un char pour l’envoyer au combat.
Un char qui arrive du ciel, se pose, largue ses ailes et repart immédiatement au combat.… dans la série des idées les plus farfelues expérimentées pendant la Seconde Guerre mondiale, on peut dire que l’URSS tape très fort !
Le projet Antonov A-40 consistait ainsi en un planeur militaire conçu pour faire voler ni plus ni moins qu’un, char d’assaut ! L’expérience, on s’en doute, ne fut pas couronné de succès et ne sera pas allé au-delà d’un unique vol en 1942. Un moment qui fait néanmoisn rêver les fans de « bizarreries militaires » du monde entier !
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En 1942, les soviétique ont voulu faire voler un char de 8 tonnes avec le projet d’Antonov A-40
En 1942, le front de l’Est bat son plein ! Le territoire est devenu le théâtre d’un affrontement de titans entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Les soviétiques résistent mieux que prévu à Stalingrad et cherchent à reprendre l’initiative. L’URSS est alors en capacité de déployer des parachutistes derrière les lignes ennemies. Le « hic », c’est qu’une fois au sol, ils devront affronter des forces souvent mieux équipées, notamment en blindés, et une unité aéroportée sans appui lourd serait alors vulnérable.
Les Soviétiques ont déjà tenté de larguer des chars légers par avion dans les années 1930. L’idée fonctionnait partiellement, mais les véhicules étaient faiblement blindés, souvent armés de simples mitrailleuses, et surtout très exposés une fois au sol.
L’Antonov A-40 naît de cette impasse. Plutôt que parachuter un char ou le transporter dans un planeur classique, pourquoi ne pas transformer directement le char en planeur ?
Transformer un T-60 en machine volante !
Le choix se porte sur le T-60, un char léger déjà en service. Même dans cette catégorie, l’engin reste trop lourd pour une utilisation aérienne sans modifications.
Les ingénieurs procèdent alors à un allègement drastique en retirant les munitions, une grande partie du carburant, certains équipements et même des éléments non essentiels de la structure. L’objectif est de gagner le maximum de masse sans compromettre la capacité du char à rouler une fois au sol.
Ensuite, l’essentiel est ajouté avec une structure en bois composée d’ailes et d’un empennage.
| Caractéristiques | Antonov A-40 |
|---|---|
| Rôle | Planeur militaire expérimental |
| Longueur | 12,06 mètres |
| Envergure | environ 18 mètres |
| Masse totale | environ 7 800 kg |
| Charge utile | 1 char T-60 |
| Remorquage | Tupolev TB-3 |
Visuellement, le résultat est déroutant. Un char posé sous des ailes de planeur, tracté par un bombardier et au centre, un seul homme.

Cette photographie rare, issue des archives d’employés de l’usine Tupolev, constitue le seul cliché connu de cet engin atypique, combinant un char léger et une structure d’ailes pour être tracté en vol.
Mise en ligne initialement le 11 octobre 2005 par l’utilisateur Tempshill sur Wikipedia, puis transférée sur Wikimedia Commons, elle provient d’une source archivées (hitechweb.szm.sk) documentant les expérimentations soviétiques de l’époque.
Piloter un char en plein vol
Le pilote du A-40 n’est pas un aviateur mais un tankiste. Installé dans son char, il contrôle l’ensemble à l’aide des commandes habituelles du véhicule. La direction, l’équilibre, la trajectoire, tout passe par des mécanismes initialement conçus pour rouler sur terre.
La tourelle joue même un rôle dans le contrôle du planeur, en influençant l’assiette de l’appareil.
Sur le papier, cela fonctionne mais la réalité est (comme toujours) plus complexe.
Le char n’a pas été conçu pour être aérodynamique. Sa masse est concentrée à l’avant, sa forme génère une forte résistance à l’air, et le moindre déséquilibre peut devenir problématique !
Le vol de 1942, entre réussite et alerte
Le premier et unique vol a lieu à l’été 1942 (le 7 août selon certaines sources).
Le planeur A-40 est remorqué par un bombardier Tupolev TB-3. Le décollage se déroule correctement, ce qui constitue déjà une étape importante.
Malheureusement, très vite, les limites apparaissent.
La traînée générée par le char est trop importante. Le bombardier peine à maintenir sa vitesse, ses moteurs chauffent, et le risque de décrochage devient réel.
Le pilote du TB-3 n’a pas le choix. Il largue le A-40 plus tôt que prévu pour éviter un accident.
Le char se retrouve ainsi seul en vol… et contre toute attente, il tient !.
Le pilote, un testeur soviétique chevronné du nom de Sergei Anokhin, parvient à stabiliser l’appareil, à planer et à effectuer un atterrissage correct dans un champ à proximité de l’aérodrome.
Une fois au sol, il détache les ailes, démarre le moteur du char et retourne à la base en roulant.
Techniquement, l’expérience est validée. Le char a volé et a atterri sans être détruit.
Une idée séduisante bloquée par la réalité
Malgré ce succès, le projet est rapidement abandonné. La raison tient en un mot : puissance.
Le TB-3, déjà dépassé en 1942, n’est pas capable de tracter efficacement un char, même allégé. Surtout, un char utilisé en conditions réelles ne peut pas être vidé de son carburant ni de ses munitions.
Dans une configuration opérationnelle, le poids serait encore plus élevé.
Aucun avion soviétique de l’époque ne peut assumer cette charge dans des conditions acceptables.
Le concept fonctionne en test, mais devient impraticable à grande échelle.
L’armée soviétique se tourne alors vers d’autres solutions, notamment les planeurs de transport classiques et, plus tard, des véhicules spécialement conçus pour être déployés par voie aérienne.
Un projet isolé… mais pas complètement inutile
L’Antonov A-40 n’a jamais été produit en série ni même utilisé en combat. Pourtant, il ne peut pas être considéré comme un échec total.
Il s’inscrit dans une série d’expérimentations menées par les Soviétiques pour résoudre un problème réel : comment projeter rapidement de la puissance sur un champ de bataille éloigné ?
Même après l’abandon du projet, l’Union soviétique continuera à travailler sur le déploiement aérien de véhicules.
Avec le temps, cela donnera naissance à des solutions plus réalistes : avions de transport lourds, systèmes de largage, blindés légers adaptés aux parachutages.
Le A-40 apparaît alors comme une étape intermédiaire. Une tentative certes ratée mais qui aura paver la voie à d’autres solutions mieux adaptées.
Sources :
- The Armored Patrol, The Soviet flying tank Antonov A-40 (8 mars 2015),
article présentant le projet soviétique Antonov A-40, un char volant expérimental de la Seconde Guerre mondiale, décrivant son concept, ses essais et les limites techniques rencontrées. - War History Online, Antonov A-40: Soviet flying tank (20 février 2026),
https://www.warhistoryonline.com/world-war-ii/antonov-a40-soviet-flying-tank.html
article détaillant le développement du prototype A-40, son fonctionnement basé sur un planeur attaché à un char, ainsi que les raisons de l’abandon du projet.
Image de mise en avant : Représentation d’artiste de l’Antonov A-40 à partir de la seule photo connue de ce dernier et retravaillée avec Dall-E et Canva.
