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Quelle sera la limite ? Les Américains avait déjà le meilleur moteur d’avion de chasse du monde mais ce XA100 lui sera en tous points supérieur

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Un moteur caméléon pour un monde instable. Dans les entrailles d’un hangar du Midwest, entre imprimantes métalliques, alliages secrets et turbines rugissantes, un nouveau monstre est né. Son nom ? XA100 …

XA100 : le moteur qui veut réinventer l'avion de chasse américain

Un moteur caméléon pour un monde instable.

Dans les entrailles d’un hangar du Midwest, entre imprimantes métalliques, alliages secrets et turbines rugissantes, un nouveau monstre est né. Son nom ? XA100 et ce dernier cache une promesse : celle d’une révolution thermique pour l’aviation de combat.

Un moteur hybride, adaptatif, conçu pour pousser le F-35 au-delà de ses limites actuelles. Plus vite, plus loin, plus longtemps… et surtout, pour la première fois, plus intelligemment !

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Le XA100 est le fruit du programme AETP (Adaptive Engine Transition Program), un projet lancé par l’US Air Force pour répondre aux défis d’un futur moins prévisible. Conflits de haute intensité, adversaires symétriques, territoires immenses à couvrir… Il fallait sortir du schéma classique du turboréacteur monolithique.

L’idée est de concevoir un moteur à cycle adaptatif. Concrètement, cela signifie que le XA100 peut basculer automatiquement entre deux modes de fonctionnement : un mode « puissance » pour décoller comme un obus ou accélérer en dogfight (reprendre de la vitesse très vite, en plein combat aérien rapproché, pour changer totalement la dynamique de l’affrontement) et un mode « économie » pour rallonger la portée sur de longues missions.

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La troisième voie : un flux d’air pour les refroidir tous

Le secret du XA100, c’est son fameux « troisième flux ». En plus des deux circuits classiques d’un moteur (le cœur chaud et le circuit de soufflante), le XA100 intègre un troisième canal d’air, refroidi, qui sert plusieurs objectifs.

D’abord, refroidir l’électronique embarquée, de plus en plus gourmande. Car dans les F-35, ce n’est pas le carburant qui manque, c’est la capacité thermique pour faire fonctionner les radars, les capteurs, les armes à énergie dirigée. Ce flux supplémentaire agit comme une climatisation intégrée, sans perte de performance.

Ensuite, ce flux permet d’économiser du carburant, en rendant le moteur plus efficient en croisière. Un gain estimé à 30 % d’autonomie supplémentaire, selon GE Aerospace. Ce n’est pas un petit pas, c’est un bond stratégique pour un avion multirôle amené à opérer loin de ses bases.

En plus des deux circuits classiques d’un moteur (le cœur chaud et le circuit de soufflante), le XA100 intègre un troisième canal d’air, refroidi, qui sert plusieurs objectifs.
En plus des deux circuits classiques d’un moteur (le cœur chaud et le circuit de soufflante), le XA100 intègre un troisième canal d’air, refroidi, qui sert plusieurs objectifs.

Une matière vivante faite de métal et de poudre

Le XA100, ce n’est pas juste un concept. Il a été conçu, imprimé, testé, avec des matériaux plus légers, plus résistants, capables d’endurer des températures et des pressions que les moteurs d’hier ne supportaient pas. GE a utilisé l’impression 3D de pièces critiques, notamment pour les chambres de combustion et certaines turbines, réduisant le poids et les coûts de maintenance.

Le résultat ? Une capacité d’accélération supérieure de 20 %, selon les données constructeur. Un avion qui monte plus vite, qui dépasse plus vite, qui frappe plus tôt.

Et surtout, un moteur conçu pour évoluer, pour accueillir demain des composants que l’on ne connaît pas encore : systèmes de guerre électronique, canons laser, IA embarquées… Le XA100 est un socle, pas un sommet.

Un pari politique autant que technologique

Ce programme ne repose pas seulement sur des ingénieurs brillants. Il s’inscrit dans une stratégie industrielle et politique américaine. Car derrière ce moteur, il y a le Congrès, qui vient de renouveler son soutien financier aux moteurs adaptatifs.

GE Aerospace a su convaincre les sénateurs et les représentants que l’avenir de la domination aérienne américaine passe par cette nouvelle génération. Et que le F-35, fleuron de la chasse OTAN, mérite une motorisation à la hauteur de ses ambitions.

Les propos du porte-parole de GE sont clairs : “Le XA100 est prêt pour entrer en production. Il peut équiper le F-35 dès aujourd’hui, et poser les bases du chasseur de demain.”

Un match serré avec Pratt & Whitney

La partie n’est pas gagnée pour autant. En face, Pratt & Whitney, motoriste historique du F-35, propose son propre concept amélioré : le F135 Enhanced Engine Package. Moins disruptif, mais plus économique à intégrer, puisqu’il ne remet pas en cause l’architecture actuelle de l’avion.

GE propose une rupture. Pratt joue la continuité. Et pour l’instant, l’US Air Force hésite. L’enjeu est considérable : des milliards de dollars, des années de développement, et la propulsion de milliers d’appareils pour les décennies à venir.

Le moteur qui veut aller au-delà du F-35

Ce qui rend le XA100 unique, c’est qu’il regarde déjà au-delà du F-35. Il pourrait devenir la base du moteur des futurs chasseurs NGAD (Next Generation Air Dominance), de drones de combat haute vitesse, ou même de bombardiers hypersoniques légers.

Il n’est pas pensé pour s’insérer dans un cadre, mais pour redéfinir ce cadre. Et dans un monde où la guerre de demain se prépare aujourd’hui, c’est peut-être là sa plus grande force.

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Tableau comparatif des moteurs de chasse modernes vs le XA100

Moteur Pays Architecture Poussée max Portée / effic. Refroidissement Statut Avion associé
F135-PW-100 États-Unis Double flux (2 streams) ≈191 kN avec PC Référence standard Limite atteinte avec F-35 Block 4 En service F‑35A/B/C
XA100 États-Unis Cycle adaptatif (3 flux) +10–15 % (non chiffré publiquement) +25 % efficacité / +30 % combat radius 2× capacité thermique Démonstrateur testé F-35, NGAD (potentiel)
XA101 États-Unis Cycle adaptatif (3 flux) Non publié Objectif : similaire XA100 Améliorée vs F135 En développement NGAD (6e gen)
M88-4E France Double flux compact 75 kN avec PC Faible conso, rayon combat optimisé Bon ratio masse/refroid. En service Rafale F3R/F4
EJ200 Europe (Eurojet) Double flux haute pression 90 kN avec PC Excellente efficacité haute altitude Bonne intégration avionique En service Eurofighter Typhoon
AL-41F1 Russie Double flux vectorisé 147 kN avec PC Rayon ≈1 500 km (Su‑57) Refroidissement classique En service (Su-57) Su-35S, Su-57
Izdeliye 30 Russie Nouvelle gen. (5e gen+) 176–180 kN (estimé) Améliorée vs AL-41 Non documenté En tests (pré‑série) Su‑57 (future version)
WS-15 Chine Double flux (type F119) 180 kN (cible) Objectif : rayon + furtivité Problèmes de chauffe rapportés Tests en cours (J-20) J-20B (5e gen)
F414-GE-400 États-Unis Double flux léger 98 kN avec PC Excellente fiabilité Refroidissement standard En service Gripen E, Tejas Mk2, F/A‑18E/F

 

Source : GE Aerospace

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