Un deuxième géant nucléaire qui change l’équation dans le Pacifique.
Le USS John F. Kennedy (CVN 79) vient d’achever ses premiers essais en mer fin janvier 2026 au large de la côte Est américaine. Grâce à lui les États-Unis consolident leur dernière génération de porte-avions nucléaires au moment où la Chine accélère l’expansion de sa propre flotte dans l’Indo-Pacifique.
Ces essais ont permis de valider la propulsion nucléaire, le pont d’envol, les systèmes de combat et, coeur technologique de cette génération, les catapultes électromagnétiques.
Ce navire incarne une transition technologique profonde pour le pays de l’Oncle Sam dans sa façon de projeter sa puissance aéronavale. Le pays a désormais 2 géants qui sont sans équivalent dans le monde… même en Chine.
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Le deuxième porte-avions nucléaire américain de classe Ford passe les tests avec succès
Au cœur du bâtiment, deux réacteurs nucléaires A1B délivrent une puissance électrique bien supérieure à celle des anciens porte-avions de classe Nimitz. Cette réserve d’énergie ne sert pas uniquement à propulser les 100 000 tonnes du navire (sans équivalent dans le monde à part pour son jumeau l’USS Gerald Ford) à plus de 55 kilomètres par heure. Elle prépare l’avenir.
Plus d’électricité signifie plus de radars puissants, plus de guerre électronique, plus d’armes à énergie dirigée à terme. Le Kennedy est véritablement conçu pour absorber les technologies de demain.
Des catapultes électromagnétiques pour accélérer le tempo
La grande révolution de la classe Ford réside dans l’EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System, en français « système de lancement électromagnétique »). Fini la vapeur sous pression qui propulse l’avion en quelques secondes. Place à un champ magnétique contrôlé avec précision.
Le lancement devient plus fluide. Les contraintes mécaniques sur les cellules d’avions diminuent. Le temps de remise en œuvre entre deux décollages se réduit, ce qui permet d’augmente d’environ 25 % les sorties aériennes en situation de crise par rapport à la classe Nimitz.
Dans un scénario de haute intensité en Pacifique occidental ou ailleurs, cela peut représenter des dizaines de missions supplémentaires dès les premiers jours.
Le système d’arrêt Advanced Arresting Gear (en français « système d’arrêt avancé ») complète l’ensemble. Là aussi, la technologie vise la fiabilité, la réduction des contraintes, l’adaptation à des avions plus lourds ou plus légers.
Une réponse directe à la montée en puissance chinoise
En face, la Chine ne ralentit pas. La marine de l’Armée populaire de libération (APL) aligne désormais trois porte-avions : Liaoning et Shandong, issus d’une architecture à tremplin héritée de conceptions soviétiques et surtout le Fujian, porte-avions d’environ 80 000 tonnes équipé lui aussi de catapultes électromagnétiques, actuellement en essais.
Les analystes évoquent déjà un futur Type 004 à propulsion nucléaire en développement. Si le rythme se maintient, Pékin pourrait disposer de cinq à six porte-avions opérationnels dans la prochaine décennie.
La « guerre du Pacifique » n’est toutefois pas encore à l’ordre du jour tant le déséquilibre reste marquée en faveur des États-Unis. Les bâtiments américains bénéficient en effet d’une endurance nucléaire totale alors que les navires chinois actuels restent conventionnels, ce qui implique des contraintes logistiques plus lourdes.
Une aviation embarquée taillée pour la haute intensité
Le Kennedy est conçu pour opérer avec tout un catalogue d’avionsa u premier rang desquels le F-35C Lightning II, avion de chasse de génération V qui n’a pas vraiment d’égal pour le moment dans le monde (même si le J-35 ou le Su-57 sont censés jouer dans la même catégorie que lui). Il sera accompagné du drone ravitailleur MQ-25 Stingray pour l’épauler dans ses missions.
L’E-2D Advanced Hawkeye assurera l’alerte aérienne avancée et le EA-18G Growler prendra en charge la guerre électronique. L’ensemble fonctionne comme un orchestre où chaque appareil joue sa partition, connecté aux autres.
Dans un espace contesté saturé de missiles antinavires ou de drones, cette cohérence devient déterminante. L’avion ne combat plus seul désormais et agit un véritable système volant que l’USS John F.Kennedy devra embarquer.
Une industrie stratégique maintenue sous tension
Le chantier de Newport News en Virginie demeure le seul site américain capable de construire des porte-avions nucléaires. Derrière le Kennedy, il y a des milliers d’ingénieurs, de soudeurs spécialisés, d’experts en propulsion nucléaire.
Maintenir la cadence de production n’est pas un simple enjeu industriel mais une question de souveraineté technologique. La Chine s’appuie sur de vastes conglomérats étatiques capables de produire des navires militaires à grande échelle. Les États-Unis doivent préserver leur écosystème unique.
Le programme Ford compte aujourd’hui quatre unités à différents stades :
- l’USS Gerald R. Ford (CVN 78) est opérationnel,
- l’USS John F. Kennedy (CVN 79) progresse vers sa mise en service officielle,
- l’USS Enterprise (CVN 80) est en construction avancée,
- et l’USS Doris Miller (CVN 81) a entamé ses premières phases industrielles.
Une présence renforcée pour la dissuasion
L’ajout du Kennedy ne vise pas uniquement à afficher une supériorité technologique mais surtout à renforcer la disponibilité opérationnelle de la première flotte militaire du monde : l’US Navy. Lorsqu’un porte-avions entre en maintenance, un autre peut prendre le relais.
Dans un contexte où la compétition stratégique avec la Chine structure la planification navale américaine, cette redondance compte et une seule unité en moins peut réduire la flexibilité globale.
La capacité à projeter une aviation embarquée sur la durée, sans dépendre de bases terrestres, demeure un atout que peu de nations possèdent.
Tableau comparatif des porte-avions USS John F. Kennedy, Fujian et Charles de Gaulle :
| Élément | USS John F. Kennedy (CVN 79) | Fujian (Type 003) | Charles de Gaulle (R91) |
| Pays | États-Unis | Chine | France |
| Déplacement | Environ 100 000 tonnes | Environ 80 000 tonnes | Environ 42 000 tonnes |
| Propulsion | Nucléaire (2 réacteurs A1B) | Conventionnelle | Nucléaire (2 réacteurs K15) |
| Catapultes | EMALS (électromagnétiques) | EMALS | Catapultes à vapeur |
| Génération de sorties | +25 % vs classe Nimitz | Données non publiques | Environ 30 à 40 sorties par jour selon configuration |
| Aviation embarquée | F-35C, E-2D, EA-18G, futur MQ-25 | J-15, futur chasseur embarqué de nouvelle génération | Rafale Marine, E-2C Hawkeye |
| Endurance stratégique | Très longue durée sans ravitaillement propulsion | Dépend du carburant embarqué | Longue durée grâce au nucléaire |
| Rôle stratégique | Projection globale, haute intensité | Expansion Indo-Pacifique | Projection de puissance, autonomie européenne |
Sources :
- The War Zone (TWZ), « Future USS John F. Kennedy, second Ford-class carrier, has set sail for the first time », publié en 2026,
article spécialisé défense relatant la première sortie en mer du porte-avions USS John F. Kennedy (CVN-79), avec un éclairage sur les essais en mer, les capacités de la classe Ford et les enjeux stratégiques pour l’US Navy. - U.S. Fleet Forces Command – U.S. Navy, « PCU John F. Kennedy (CVN-79) », page institutionnelle consultée en 2026,
présentation officielle du deuxième porte-avions de classe Gerald R. Ford, détaillant son calendrier de construction, ses caractéristiques techniques et son intégration progressive au sein de la flotte américaine. - SeaForces.org, « CVN-79 USS John F. Kennedy », page technique consultée en 2026,
fiche descriptive non officielle regroupant les données techniques du bâtiment (déplacement, propulsion nucléaire, dimensions, armement, groupe aérien embarqué) et les étapes clés de sa construction et de ses essais.