L’Indonésie a officiellement lancé la construction de son premier sous-marin Scorpène Evolved, conçu par le français Naval Group mais assemblé entièrement sur place.
Un chantier stratégique qui doit permettre au pays de maîtriser cette technologie de pointe, et de devenir un jour capable de bâtir seul ses propres sous-marins. Construire un sous-marin figure parmi les prouesses industrielles les plus complexes qui soient. L’Indonésie vient pourtant de franchir le pas, avec l’aide d’un partenaire français. Un projet qui dépasse largement le simple achat d’armement.
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La première tôle enfin découpée
L’Indonésie a démarré la construction physique de son premier sous-marin de type Scorpène Evolved le 7 août 2026. Une cérémonie de découpe de la première tôle d’acier s’est tenue au chantier naval de PT PAL, à Surabaya, sur l’île de Java. Ce moment symbolique marque le vrai coup d’envoi du chantier. L’appareil devrait être livré à la marine indonésienne en 2032. L’événement a réuni de hauts responsables de la marine locale, de l’industriel PT PAL, du concepteur français Naval Group, ainsi que des entreprises indonésiennes associées au programme. Une belle brochette d’officiels pour saluer une étape jugée capitale par le pays.
Bien plus que deux sous-marins
Ce projet cache une ambition bien plus vaste qu’il n’y paraît. Le patron de PT PAL l’a clairement affirmé, il ne s’agit pas seulement de construire deux sous-marins. L’objectif réel est de bâtir une capacité stratégique nationale, celle de maîtriser en propre la technologie sous-marine. À terme, l’Indonésie veut pouvoir concevoir et fabriquer seule ses futurs sous-marins de nouvelle génération. Autrement dit, ce chantier est avant tout une gigantesque école. Le pays apprend en construisant, en s’appuyant sur le savoir-faire français, pour ne plus jamais dépendre de l’étranger sur ce terrain stratégique. Une vision de long terme, typique des grandes nations qui montent en puissance.

Le seul pays d’Asie du Sud-Est à savoir faire
Pourquoi cette fierté nationale autour du projet ? Parce qu’il place l’Indonésie dans une catégorie à part. Le chef d’état-major de la marine a insisté sur un point crucial, le fait que l’intégralité de la construction se déroule sur le sol indonésien. Selon lui, l’Indonésie est tout simplement le seul pays d’Asie du Sud-Est capable de construire un sous-marin sur son propre territoire. Un statut rare et convoité dans la région. Il a également plaidé pour que le pays poursuive le développement de son industrie de défense nationale. L’idée est de pouvoir produire localement toujours plus de navires de guerre, de sous-marins et d’autres grands équipements militaires.
Un transfert de technologie complet
Comment l’Indonésie compte-t-elle acquérir ce précieux savoir-faire ? Grâce à un accord de transfert de technologie très large avec Naval Group. Cet accord couvre de nombreux aspects de la fabrication. Voici les principaux domaines concernés :
| Domaine transféré | Détail |
|---|---|
| Aménagement de la coque | Équipement intérieur du sous-marin |
| Systèmes mécaniques | Installation des machines |
| Systèmes électriques | Intégration de l’électronique |
| Systèmes d’armes | Assemblage de l’armement |
Ce partage de connaissances est le véritable cœur du programme. Il permet aux ingénieurs indonésiens d’apprendre chaque étape de la fabrication, de la structure de la coque jusqu’au montage des systèmes d’armes. Un apprentissage complet, bien plus riche qu’une simple livraison clé en main. C’est cette expertise transmise qui a le plus de valeur aux yeux de l’Indonésie.
Tout se fera sur place
Jusqu’où va cette maîtrise locale du projet ? Bien plus loin que la seule construction. Même les phases de test se dérouleront en Indonésie. Les essais à quai, puis les essais à la mer des deux sous-marins, auront lieu dans les installations de Surabaya. C’est un point loin d’être anodin. Réaliser soi-même ces vérifications complexes prouve une réelle montée en compétence. Cela signifie que les équipes locales maîtrisent non seulement l’assemblage, mais aussi la validation finale de l’appareil avant sa mise en service. Cette autonomie sur l’ensemble de la chaîne, de la première tôle jusqu’aux essais en plongée, illustre parfaitement l’ambition du pays de devenir pleinement indépendant.

Un précédent avec un autre partenaire
L’Indonésie part-elle vraiment de zéro ? Pas tout à fait, car elle a déjà une petite expérience. Le chantier PT PAL avait auparavant assemblé un sous-marin de la classe Nagapasa, avec le soutien d’un industriel sud-coréen, aujourd’hui intégré au groupe Hanwha. Mais le programme Scorpène change complètement d’échelle. Il implique une part de construction locale, un transfert de technologie et une chaîne d’approvisionnement bien plus larges que par le passé. L’Indonésie ne se contente plus d’assembler des pièces venues d’ailleurs. Elle prend en main une part croissante du processus, ce qui représente un saut qualitatif majeur par rapport à sa précédente collaboration.
Un calendrier qui pourrait s’accélérer
Que réserve la suite du programme ? Un enchaînement déjà bien planifié. Après ce premier sous-marin attendu pour 2032, la construction du second doit démarrer dès 2027, pour une livraison prévue en 2033. Mais une bonne surprise n’est pas exclue. PT PAL a en effet laissé entendre que ces délais pourraient être raccourcis si le chantier avançait plus vite que prévu. Une perspective encourageante, qui témoigne de la confiance des équipes. Réussir à livrer en avance serait un signal fort, prouvant que l’Indonésie a bel et bien assimilé cette technologie exigeante. Le pari est lancé, et le monde de la défense observera de près la réussite de ce programme ambitieux.
Source : Naval News, couverture de la cérémonie de découpe de la première tôle et du programme Scorpène Evolved indonésien
Source image à la une : Visualisation artistique du sous-marin Scorpène Evolved dans les eaux indonésiennes. (Naval Group)
