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Le savoir-faire de ce « vieux briscard » de 305 ans est mis à contribution pour le plus grand exercice militaire français depuis la fin de la guerre froide : ORION 26

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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ORION 26 : dans l’ombre des débarquements, le Shom trace la route. ORION 26, c’est le grand rendez-vous de l’armée française de 2026. Pendant plusieurs mois, sur terre, en mer, …

Le savoir-faire de ce « vieux briscard » de 305 ans est mis à contribution pour le plus grand exercice militaire français depuis la fin de la guerre froide : ORION 26

ORION 26 : dans l’ombre des débarquements, le Shom trace la route.

ORION 26, c’est le grand rendez-vous de l’armée française de 2026. Pendant plusieurs mois, sur terre, en mer, dans les airs et jusque dans les sphères cyber et spatiales, les armées de l’Hexagone s’entraînent à conduire une opération de coalition face à un adversaire fictif expansionniste : « Mercure ».
Jusqu’à 12 500 militaires mobilisés, un groupe aéronaval engagé, des brigades interarmes déployées : l’exercice vise à tester la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre contesté et à s’intégrer pleinement dans une chaîne de commandement otanienne.

Derrière les images de blindés en mouvement et d’hélicoptères en vol rasant, il existe un travail plus discret. Dans la baie de Quiberon, loin des projecteurs, un drone de surface et des océanographes du Service hydrographique et oceanographique de la Marine (le Shom) ont préparé le terrain.

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Le Shom prend part à ORION 26

Le Shom n’est pas une unité de combat puisqu’il s’agit du service national chargé de l’hydrographie et de l’océanographie. Concrètement, cette institution (la plus vieille de ce type au monde avec 305 ans) mesure les fonds marins, modélise les courants, analyse les marées, produit les cartes marines utilisées par la Marine nationale et par la navigation civile.

En opération, son rôle devient stratégique. Une plage mal sondée, une zone peu connue, un courant sous-estimé peuvent transformer une manœuvre amphibie en casse-tête, voire en accident. Le Shom fournit donc aux forces armées une connaissance fine de l’environnement maritime, du large jusqu’aux derniers mètres avant la plage.

Dans ORION 26, cette expertise a été mise à l’épreuve à grande échelle.

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DriX Marlin : première mission totalement autonome

Le jalon est passé presque inaperçu. Le drone de surface DriX-H8 Marlin a réalisé sa première mission en totale autonomie en appui de l’exercice.

Déployé en baie de Quiberon, au-delà de l’horizon de Brest, opéré de jour comme de nuit dans le cadre de son certificat de navigation délivré par la Marine nationale, il a mené un levé hydrographique continu pendant trois jours. Conditions de mer difficiles, pilotage à distance depuis le centre de commandement du Groupe hydrographique et océanographique de l’Atlantique, coordination avec le bâtiment hydrographique La Pérouse : l’ensemble a fonctionné sans accroc.

Ce n’est pas un gadget technologique. C’est une nouvelle manière d’acquérir rapidement des données de fond, sans exposer d’équipage, avec une endurance accrue.

Le Shom (Service hydrographique et oceanographique de la Marine) est un vieux « briscard » qui fête ses années ses 305 ans et qui a su se renouveler tout au long de son histoire (ici le DriX H-9 récemment acheté à Exail).
Le Shom (Service hydrographique et oceanographique de la Marine) est un vieux « briscard » qui fête ses années ses 305 ans en 2026 et qui a su se renouveler tout au long de son histoire (ici le DriX H-9 récemment acheté à Exail).

Sécuriser les opérations amphibies

Dans le scénario d’ORION 26, la baie de Quiberon est considérée comme mal connue. Avant d’y faire évoluer trois porte-hélicoptères amphibies et leurs engins de débarquement, il fallait lever le doute.

L’objectif du Shom était de cartographier précisément les fonds, identifier les zones de danger, affiner la bathymétrie et actualiser les données nécessaires aux commandants de groupe amphibie. Les produits cartographiques ont été mis à disposition très rapidement après la fin des mesures en mer.

Cartes, modèles et prévisions : la bataille invisible

Le Shom n’a pas seulement sondé. Il a aussi fourni un appui environnemental indispensable aux états-majors.

Sollicité par FRSTRIKEFOR et par le commandement Atlantique, il a produit :

  • des cartes de commandement terre-mer combinant cartes marines et terrestres ;
  • des cartes d’informations aéronautiques ;
  • des AOG (Amphibious Operations Graphics) détaillant les sites de plageage.

À cela s’ajoute le travail des équipes PREVOPS, spécialisées dans la prévision océanographique opérationnelle. En deux semaines, une dizaine de modèles haute résolution ont été créés pour couvrir les différents sites envisagés.

Courants, marées, vent, bathymétrie… les derniers mètres avant la plage sont souvent les plus complexes. Les modèles du Shom permettent d’anticiper l’état de mer au moment précis du débarquement, condition essentielle pour décider du “go” ou du report.

Durant la phase intensive de l’exercice, ces prévisions ont été mises à jour quotidiennement, sept jours sur sept, puis transmises aux équipages embarqués à bord des porte-hélicoptères amphibies.

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Un acteur discret, une fonction stratégique

Dans ORION 26, le travail du Shom est inconnu du grand public. Pourtant, sans ses données, la manœuvre amphibie serait compliqué voire impossible, un travail de l’ombre vital pour la Marine nationale.

DriX Marlin incarne la modernisation des capacités hydrographiques françaises. Les modèles haute résolution montrent la capacité à fournir en quelques jours une connaissance fine d’un littoral.

Les guerres modernes commencent dans la donnée, dans la précision, dans la compréhension intime de l’environnement.

Dans la baie de Quiberon, ORION 26 a rappelé une vérité simple : avant de débarquer des troupes, il faut connaître la mer !

À gauche : le DriX H-9 d’Exail / à droite : le NemoSens de RTSys
À gauche : le DriX H-9 d’Exail / à droite : le NemoSens de RTSys

Le Shom en quelques chiffres : 

Catégorie Détails principaux
Moyens humains – 500 à 530 personnels (civils et militaires : hydrographes, océanographes, ingénieurs, marins, techniciens).
– Implantations : Brest (siège), Toulouse, Saint-Mandé/Paris, Nouméa, Papeete.
– Groupes spécialisés et école interne de formation.
Moyens navals – Flotte hydroocéanographique (Beautemps-Beaupré, Borda, La Pérouse, Laplace ; renouvellement dès 2028).
– Vedettes côtières, navires hauturiers.
– Drones sous-marins : SeaExplorer (glider, 1 000 m profondeur, ~100 jours autonomie, 1 200 km, capteurs CTD/oxygène/turbidité ; 60-70 kg, 2 m long) ; NemoSens® (micro-AUV, 300 m, 2-6 nœuds, sonar latéral, modularité pour cartographie/inspection) ; DriX H-9 (drone surface autonome pour hydrographie côtière).
Capteurs et mesures – Réseau de ~50 marégraphes (dont 33 RONIM pour marées et tsunamis via CENALT).
– Sondeurs multifaisceaux, sonars latéraux, bathycélérimètres, GNSS précis, CTD, courantomètres.
Moyens numériques – Plateforme data.shom.fr (bathymétrie, courants, marées, niveaux marins).
– Cartes marines (papier/ENC), ouvrages nautiques, données pour navigation/Défense.
– Portail REFMAR (données marégraphiques temps réel/archives).
Moyens financiers – Budget ~55-60 M€/an (subvention ministère des Armées + recettes propres : ventes, partenariats).

 

Sources :

  • Media24.fr, « Personne ne le sait, mais la France tient depuis 205 ans, et devant le Royaume-Uni, le record du plus ancien service d’hydrographie du monde », publié le 8 janvier 2026,
    article de fond revenant sur l’histoire du Service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom), son rôle stratégique et son positionnement historique dans le paysage maritime international.
  • Shom, « Le Shom au cœur de l’exercice ORION 26 », publié en février 2026,
    actualité institutionnelle détaillant la participation du Shom à l’exercice interarmées ORION 26, notamment via le déploiement de moyens hydrographiques autonomes et son soutien opérationnel à la Marine nationale.
  • Ministère des Armées, « ORION 26 – Présentation », document officiel de présentation (PDF), consulté en 2026,
    dossier institutionnel décrivant les objectifs, le scénario, les forces engagées et les enjeux stratégiques de l’exercice ORION 26, exercice interarmées de haute intensité conduit par les armées françaises.

 

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