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Le nouveau bijou technologique français prend la mer pour la première fois avant de devenir d’ici la fin de l’année le 4e SNA de classe Suffren en service

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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De Grasse : le nouveau chasseur des profondeurs français prend le large Le 24 février 2026, au petit matin, le SNA De Grasse a quitté Cherbourg pour sa première sortie …

Le nouveau bijou technologique français prend la mer pour la première fois avant de devenir d'ici la fin de l'année le 5e SNA de classe Suffren en service

De Grasse : le nouveau chasseur des profondeurs français prend le large

Le 24 février 2026, au petit matin, le SNA De Grasse a quitté Cherbourg pour sa première sortie en mer. Derrière cette coque sombre qui s’éloigne du quai, c’est tout un pan de la stratégie navale française qui entre dans sa phase décisive !

Quatrième des six sous-marins nucléaires d’attaque du programme Barracuda, le De Grasse entame désormais ses essais à la mer avant une livraison à la Marine nationale d’ici la fin de l’année 2026.

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Le 4e SNA français le De Grasse effectue sa première sortie en mer

Depuis sa sortie du chantier en mai 2025, le De Grasse a été testé en nef d’intégration, au bassin à sec, puis en eau. Chaque système a été contrôlé : propulsion, étanchéité, réseaux électriques, capteurs, logiciels de combat.

Le 12 décembre 2025, la chaufferie nucléaire a connu sa première divergence, ce qui signifie que le réacteur a démarré.

Désormais, place aux essais dynamiques en Manche puis en Atlantique autour de la vitesse, l’immersion, la discrétion acoustique, la manœuvrabilité et les systèmes d’armes du nouveau bijou de Naval Group.

La France rayonne enfin dans un secteur militaire où elle était quasiment absente : le drone ISR grâce à cette commande de 15 millions d’euros venue de Finlande

Un jalon clé pour le programme Barracuda

Le programme Barracuda, conduit par la Direction generale de l armement en partenariat avec le Commissariat a l energie atomique et aux energies alternatives, vise à remplacer les SNA de type Rubis entrés en service dans les années 1980.

Trois unités sont déjà admises au service actif :

  • Suffren (2022),
  • Duguay Trouin (2024),
  • Tourville (2025).

Les deux derniers sous-marins, Rubis et Casabianca, sont en construction et doivent être livrés d’ici la fin de la décennie.

Au total, environ 2 500 femmes et hommes, dont près de 800 sous-traitants, travaillent actuellement sur la série. Avec une durée de vie supérieure à 30 ans, ces bâtiments engageront les forces sous-marines françaises au moins jusqu’en 2060. On parle donc ici d’un investissement stratégique à l’échelle d’un demi-siècle !

Barracuda vs Rubis : un changement d’échelle

Pour mesurer ce que représente réellement l’arrivée du De Grasse et de ses sister-ships, il faut comparer la génération Barracuda à celle qu’elle remplace : les SNA de type Rubis, entrés en service à partir des années 1980.

Les Rubis ont servi la France pendant plus de quarante ans. Discrets, compacts, redoutables comme les Barracuda mais qui changent clairement d’échelle.

Comparaison des sous-marins français de classe Suffren et Rubis

Frapper loin, rester invisible

Le De Grasse peut emporter :

  • le missile de croisière naval (MdCN) de MBDA, capable de frapper un objectif terrestre à plusieurs centaines de kilomètres ;
  • la torpille lourde F21 ;
  • le missile antinavire Exocet SM39 modernisé.

À cela s’ajoute une capacité accrue de mise en œuvre discrète de forces spéciales. Un Barracuda peut déposer, récupérer, soutenir des commandos sans être détecté.

En résumé : il chasse, il observe, il frappe. Et il le fait dans le silence.

Le De Grasse devrait rentrer en service d'ici fin 2026.
Le De Grasse devrait rentrer en service d’ici fin 2026.

France vs Royaume-Uni : deux modèles, deux rythmes

En février 2026, la Marine nationale aligne cinq SNA actifs malgré la transition entre générations.

Sur le papier, son éternelle rival la Royal Navy paraît plus puissante en tonnage comme le prouve le tableau ci-dessous mais avec environ 74 % de disponibilité, la France maintient en permanence plusieurs unités prêtes à appareiller. Le Royaume-Uni, malgré l’achèvement progressif du programme Astute, fait face à des retards techniques et à une pression forte sur ses équipages et ses cycles de maintenance.

La France aligne donc moins de tonnage, mais davantage de sous-marins réellement déployables et l’arrivée du De Grasse d’ici fin 2026 viendra consolider cet équilibre.

Critère France (Marine nationale) Royaume-Uni (Royal Navy)
Nombre total prévu 6 (classe Suffren / Barracuda) 7 (classe Astute)
SNA opérationnels 5 (Suffren, Duguay-Trouin, Tourville + Améthyste, Perle) 1 à 2 pleinement opérationnels (HMS Astute, Anson ; Agamemnon commissionné 2025, Audacious fin 2026)
En essais / livraison 1 (De Grasse – essais mer depuis 24/02/2026) 1 à 2 (Audacious en tests finaux)
En construction 2 (Rubis, Casabianca – livraisons 2029-2030) 0 (programme Astute achevé fin 2026)
Disponibilité estimée Environ 74 % Environ 50 à 60 %
Déplacement en plongée 5 200 tonnes (Suffren) 7 400 tonnes (Astute)
Avantage stratégique Transition fluide, forte disponibilité opérationnelle Flotte plus lourde mais disponibilité contrainte

 

Sources :

  • Naval Group, Première sortie à la mer pour le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) De Grasse ( 25 février 2026),
    communiqué industriel annonçant la première sortie en mer du SNA De Grasse, détaillant les étapes des essais à la mer, les caractéristiques du programme Barracuda (classe Suffren), ainsi que le rôle de Naval Group et de ses partenaires dans la construction et l’intégration des systèmes du bâtiment.
  • Direction générale de l’armement (Ministère des Armées), Le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) De Grasse effectue sa première sortie à la mer (25 février 2026),
    publication institutionnelle présentant le déroulement des essais conduits avec la Marine nationale, les objectifs de validation technique et opérationnelle, et l’importance stratégique de cette étape dans la montée en puissance de la flotte sous-marine française.

Image de mise en avant :
Prise d’armement pour essais du sous-marin nucléaire d’attaque de Grasse © Marine nationale

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