La FDI, fleuron de la Marine nationale.
La mer n’est plus un espace linéaire où s’affrontent deux flottes bien identifiées. Elle est devenue un environnement saturé, traversé par des drones, des missiles rapides, des sous-marins discrets, des menaces hybrides et des opérations de présence permanente. Les marines modernes n’ont plus seulement besoin de navires spécialisés. Elles ont besoin de bâtiments capables de tout faire, souvent seuls, longtemps, loin de leurs bases.
C’est de ce constat qu’est née en France la frégate de défense et d’intervention. Endurante, polyvalente, apte à la haute intensité comme aux missions de sûreté maritime, capable de s’intégrer à une force multinationale ou d’agir de manière autonome.
La FDI incarne une vision française contemporaine du combat naval. Un bijou technologique qui pourrait connaitre en plus un beau succès commercial.
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Dix ans de maturation pour un nouveau standard français
Le programme FDI prend forme au milieu des années 2010, dans un contexte très précis. La Marine nationale doit renouveler une partie de ses frégates plus anciennes, tout en évitant deux écueils :
- Des bâtiments trop lourds et coûteux, difficiles à soutenir dans la durée,
- à l’inverse, des bâtiments trop légers, vite dépassés face à la montée des menaces.
Sous l’impulsion de la Marine nationale et avec l’appui de Naval Group, le projet s’oriente vers un format intermédiaire, inédit dans la flotte française. Plus compact qu’une FREMM, mais doté de capacités de premier rang. Plus simple à maintenir, sans renoncer à la défense aérienne de zone, à la lutte anti-sous-marine ou à la frappe dans la profondeur.
Les premières études portent autant sur la coque que sur l’architecture numérique. Très tôt, le choix est fait de concevoir la frégate comme une plateforme évolutive, capable d’intégrer de nouveaux capteurs, de nouveaux armements et de nouveaux usages tout au long de sa vie opérationnelle. La livraison de l’Amiral Ronarc’h marque l’aboutissement de cette décennie de maturation.
Performances en mer de la FDI :
| Catégorie | Données clés |
| Vitesse maximale | > 27 nœuds (50 km/h) |
| Vitesse tenue par mer très agitée | 20 nœuds (37 km/h) par état de mer 7 |
| Autonomie | > 5 000 milles nautiques |
| Propulsion | CODAD, 4 moteurs diesel |
| Stabilité | Étrave inversée, ailerons de stabilisation |
| Équipage | ≈ 125 marins |
Le fleuron de la technologie navale française
Aujourd’hui, la FDI s’impose comme le fleuron de la technologie navale française. Non pas par accumulation démonstrative, mais par cohérence. Chaque choix technique répond à un usage réel. Chaque système s’inscrit dans une logique d’ensemble.
L’étrave inversée, la propulsion CODAD, la stabilité en mer très formée, la résilience structurelle héritée des FREMM, l’intégration numérique avancée autour du système de combat Setis®, la guerre électronique complète, la cyberrésilience native. Rien n’est décoratif. Tout est fonctionnel.
La FDI synthétise un siècle de savoir-faire naval français, actualisé par les retours d’expérience récents, notamment en Méditerranée orientale et en mer Rouge. Elle n’est pas seulement un navire moderne. Elle est un concentré de culture opérationnelle française, pensée pour durer, évoluer et combattre dans un monde maritime devenu imprévisible.
Des performances mesurées, pas racontées
L’Amiral Ronarc’h, première unité livrée, a tenu lors des premiers tests à conserver 20 nœuds (env 37 km/h) par état de mer 7, face à des vagues de 6 à 9 mètres. Peu de bâtiments de ce tonnage peuvent en dire autant.
Cette stabilité agit comme un amortisseur global. Le corps encaisse moins, les systèmes aussi. La plage avant reste peu submergée, les contraintes mécaniques diminuent, la disponibilité progresse. La frégate dépasse par ailleurs 27 nœuds en vitesse maximale, offrant une marge utile en interception comme en transit.
Pensée pour opérer depuis Brest ou Toulon, la FDI ne choisit pas ses mers. Atlantique, Méditerranée, mer Rouge, océan Indien. La géographie ne fixe pas ses limites.
Une architecture simple, donc efficace
La tenue à la mer résulte d’un ensemble cohérent. Coque optimisée, ailerons de stabilisation et propulsion CODAD travaillent ensemble. Quatre moteurs diesel, des hélices à pas variable, une consommation maîtrisée même à vitesse élevée.
L’absence de turbine à gaz n’est pas un renoncement. C’est un choix de disponibilité. Moins de complexité, moins de maintenance lourde, plus de jours à la mer. Le format compact concentre les capacités sans imposer de nouvelles infrastructures portuaires. Les équipages sont réduits. Les coûts de possession suivent la même pente descendante.
Encaisser pour continuer à combattre
Une frégate moderne doit survivre, même en cas d’accrochage. La FDI reprend le niveau d’exigence des FREMM. Compartimentage étanche généralisé. Redondance complète des systèmes vitaux. Six générateurs plus un de secours, quatre moteurs diesel, commandes de vannes déportées pneumatiquement.
Une double cloison étanche traverse le bâtiment. Une salle des machines complète la conduite intégrée de plateforme. La citadelle est protégée NRBC. L’objectif reste simple. Continuer à manœuvrer après avoir été touché.
Une palette d’armements de premier rang
La polyvalence devient ici très concrète. La lutte anti-drones dispose d’un centre dédié, épaulé par un CIWS à 360 degrés, jour et nuit. Les lanceurs modulaires polyvalents s’intègrent sans rupture.
La défense aérienne repose sur 32 cellules Sylver pour missiles Aster 15 et Aster 30, servies par un radar AESA à quatre panneaux fixes. Sous la surface, sonars d’étrave et à immersion variable travaillent ensemble. Quatre lance-torpilles, un système de défense anti-torpilles et les leurres Canto® complètent la chaîne.
Pour frapper à distance, deux rampes de quatre missiles antinavires, un canon de 76 mm, deux canons de moyen calibre. À bord, un hélicoptère de 11 tonnes et un UAV de 700 kg. RHIB et USV disposent de systèmes dédiés. La FDI agit seule ou en réseau.
Armement de la FDI :
| Armement principal | Nombre |
| Défense aérienne | 32 cellules Sylver®, missiles Aster 15 / Aster 30 |
| Radar | AESA multifonction à 4 panneaux fixes |
| Lutte anti-drones | CIWS 360°, centre dédié |
| Lutte anti-sous-marine | Sonar d’étrave + sonar à immersion variable |
| Torpilles | 4 lance-torpilles légers rechargeables |
| Défense anti-torpilles | Leurres acoustiques Canto® |
| Lutte anti-navire | 2 × 4 missiles antinavires |
| Frappe navale | Compatibilité missiles de croisière |
| Artillerie | 1 canon de 76 mm, 2 canons de moyen calibre |
| Aviation embarquée | Hélicoptère 11 t, UAV 700 kg |
Le combat moderne, piloté par la donnée
Le cœur numérique fait la différence. Le système de combat Setis®, éprouvé en conditions réelles en mer Rouge, intègre capteurs et effecteurs sans friction. ESM pour écouter, ECM pour agir.
Deux data centers structurent l’architecture. Fusion de données, jumeau numérique, maintenance prédictive. L’information devient une arme, au même titre qu’un missile. Le commandant voit plus tôt. Il décide plus vite.
Multimission par conception, indépendante par nature
Les bâtiments spécialisés demandent des escortes. La FDI peut agir seule ou agréger des forces. Cette flexibilité répond à la multiplication des menaces. Drones, missiles, sous-marins, attaques hybrides. Tout peut arriver simultanément et la FDI peut y répondre instantanément.
Un succès export déjà tangible
La trajectoire commerciale est déjà lancée. La Grèce a commandé trois FDI, avec une option levée pour une quatrième, pour un montant estimé à environ 3 milliards d’euros. Les premières unités grecques sont attendues à partir de 2025–2026.
Plusieurs marines ont également manifesté un intérêt actif comme le Portugal ou la Suède, ce qui entrouvre la porte un succès commercial comme le Rafale ou le canon CAESAR, les 2 plus grosses réussites à l’export de la France ces dernières années.

La FDI face à ses grandes rivales internationales
| Critère | FDI – France (Naval Group) | Type 26 – Royaume-Uni | Type 31 / Arrowhead 140 – Royaume-Uni | FREMM – Italie / export |
| Déplacement | ≈ 4 500 t | ≈ 6 900 t | ≈ 5 700 t | ≈ 6 700 t |
| Longueur | ≈ 122 m | ≈ 150 m | ≈ 138–140 m | ≈ 144 m |
| Rôle principal | Polyvalente, ASM et défense aérienne de zone proche | ASM océanique haut de gamme | Escorte et présence polyvalente | Polyvalente lourde, ASM et frappe |
| Radar principal | Sea Fire AESA (Thales) | Radar AESA de grande taille | Thales NS100 ou équivalent | Kronos Grand Naval ou équivalent |
| Missiles surface-air | Aster 15 / Aster 30 | CAMM / Sea Ceptor | CAMM / Sea Ceptor | Aster 15 / 30 |
| Missiles antinavires | Exocet MM40 Block 3c | Harpoon / NSM | NSM ou équivalent | Teseo / Otomat |
| Capacités ASM | Sonar de coque + remorqué, hélico embarqué | Suite ASM très poussée | ASM correcte, moins spécialisée | Suite ASM complète |
| Prix unitaire estimé | ≈ 750 à 900 millions € | ≈ 1,2 à 1,4 milliard € | ≈ 300 à 400 millions € | ≈ 900 millions à 1,1 milliard € |
| Type de client visé | Marines européennes et OTAN de taille moyenne | Grandes marines océaniques | Marines cherchant un coût minimal | Grandes marines recherchant puissance |
En résumé, la FDI se situe exactement entre deux mondes. Plus accessible financièrement qu’une frégate lourde de type FREMM ou Type 26. Nettement plus capable qu’une frégate pensée avant tout pour la présence comme la Type 31.
À prix comparable, elle offre une défense aérienne nettement plus robuste, une intégration numérique avancée et une polyvalence immédiatement exploitable. C’est ce positionnement intermédiaire, très lisible, qui explique pourquoi la FDI peut venir jouer sur n’importe quel appel d’offre dans le monde. Un navire de combat complet, sans inflation de tonnage ni de coûts, pensé pour durer et combattre dans la vraie mer, pas sur le papier.
Sources :
- Naval Group
- Marine nationale