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Le Maroc envoie le fleuron de sa flotte pour aider la France dans son plus grand exercice militaire depuis la fin de la guerre froide avec plus de 12 500 militaires engagés

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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ORION 26, un exercice hors norme depuis la fin de la guerre froide. Entre février et avril 2026, plus de 12 500 militaires, plusieurs centaines de véhicules, des dizaines d’aéronefs, …

Le Maroc envoie le fleuron de sa flotte pour aider la France dans son plus grand exercice militaire depuis la fin de la guerre froide avec plus de 12 500 militaires engagés

ORION 26, un exercice hors norme depuis la fin de la guerre froide.

Entre février et avril 2026, plus de 12 500 militaires, plusieurs centaines de véhicules, des dizaines d’aéronefs, des moyens navals majeurs et des capacités cyber et spatiales vont être engagés sur plusieurs régions françaises, en métropole comme en mer. Le scénario d’ORION 26 assume un affrontement de haute intensité, face à un adversaire étatique structuré, capable de frapper loin, fort et longtemps.

Plusieurs pays alliés sont associés dans ce « jeu de guerre géant » mais le cas du Maroc est particulièrement intéressant dans ce qu’il raconte de l’évolutions des relations entre Rabat et Paris.

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Scénario d’ORION 26

Le scénario d’ORION 26 est fictif, mais il colle volontairement au réel. L’exercice se déroule dans une Europe sous tension, où un État expansionniste baptisé Mercure cherche à déstabiliser son voisin Arnland afin de bloquer son rapprochement avec l’Union européenne. Tout commence loin des chars et des avions avec des actions hybrides telles que de la manipulation informationnelles, des pressions politiques ou un soutien  à des milices locales tout au long de 2025. La France prend alors la tête d’une coalition le 6 janvier 2026, avec un objectif clair : défendre Arnland et préserver l’équilibre européen.

Carte scénario d'ORION 26

ORION 26 fait alors monter la pression par paliers, de la guerre invisible à l’affrontement de haute intensité, en confrontant les armées aux réalités les plus dures du combat moderne, dans tous les champs de conflictualité, du cyber à l’espace, de la mer au territoire national.

France–Maroc, un rapprochement militaire qui s’accélère ?

Depuis plusieurs années, Paris et Rabat resserrent méthodiquement leurs liens militaires. Exercices conjoints plus fréquents, échanges d’officiers, coopération renforcée en matière de formation, de renseignement et de sécurité régionale… la relation est devenue de plus en plus opérationnelle, au-delà des déclarations diplomatiques. Pour le Maroc, cette dynamique accompagne une montée en gamme de ses forces armées avec à la clé des investissements lourds, la modernisation des équipements et une professionnalisation accrue. Rabat cherche à se positionner comme un acteur militaire régional crédible, capable d’interagir avec des armées occidentales de premier rang, sur des scénarios exigeants.

Pour la France, ce rapprochement répond à une logique stratégique : s’appuyer sur des partenaires fiables, entraînés, capables de s’intégrer rapidement dans des chaînes de commandement complexes. La coopération ne se joue plus en marge des exercices, elle se teste au cœur même des dispositifs les plus sensibles. L’engagement marocain dans ORION 26 s’inscrit exactement dans cette logique. Il traduit une confiance réciproque, construite sur le terrain, et une volonté partagée de préparer ensemble ce que beaucoup préféraient encore ne pas envisager il y a quelques années.

Rabat envoie le fleuron de sa flotte dans ORION 26

Rabat n’a pas envoyé un bâtiment secondaire ou symbolique et a choisi d’engager sa frégate Mohammed VI, le fleuron de sa flotte de combat. Issue de la famille FREMM franco-italienne, cette classe de navires concentre ce qui se fait de plus abouti en matière de combat naval moderne : environ 6 000 tonnes de déplacement, une vitesse de l’ordre de 50 km/h, des capteurs avancés, une défense aérienne à lancement vertical et surtout une spécialisation marquée dans la lutte anti-sous-marine.

Là où un porte-avions est le cœur du dispositif, la FREMM en est l’armure mobile. En intégrant la Mohammed VI à un exercice de l’ampleur d’ORION 26, le Maroc a donc délibérément souhaité exposer son meilleur outil naval dans un environnement de haute intensité, aux côtés de la marine française, pour mesurer son niveau réel, éprouver ses équipages et démontrer sa capacité à tenir sa place dans un dispositif de combat multinational. En clair, montrer au monde le visage de sa nouvelle flotte militaire.

ORION 26, une coalition sous commandement français

ORION 26 est un exercice multinational conduit sous commandement français, pensé dès l’origine pour éprouver la capacité de Paris à entrer en premier sur un théâtre, fédérer une coalition et en assurer la conduite dans la durée. Le dossier de presse est très clair sur ce point. La France se positionne comme nation-cadre, capable d’intégrer des forces alliées, de coordonner leurs effets et de tenir la manœuvre jusqu’au niveau corps d’armée

Outre le Maroc donc, la liste des partenaires engagés donne la mesure de l’ambition. Voici en détail la liste des pays qui ont accepté de se joindre à l’exercice :

Liste des pays impliqués dans ORION 26 - Source : Ministère des armées
Liste des pays impliqués dans ORION 26 – Source : Ministère des armées

 

Sources :

  • Bladi.net, Morocco deploys its military flagship in France, 07/02/26
  • Ministère des Armées, dossier de presse officiel sur l’exercice ORION 26

Image de mise en avant : La frégate Mohammed VI (701) de la Marine royale marocaine traverse l’océan Atlantique lors de l’exercice « Lightning Handshake » le 25 avril 2018.

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