L’Allemagne vient de miser sur l’un des drones les plus chers et les plus avancés au monde, dévoilant une ambition maritime qui bouscule tous les standards européens.
Avec une facture de 237 millions d’euros par unité, le MQ-9B SeaGuardian devient un pilier inattendu de la stratégie allemande contre les menaces sous-marines, notamment russes. Un investissement qui fait débat, mais qui place Berlin dans le cercle très fermé des puissances capables d’allier drones et avions de surveillance de dernière génération.
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Une acquisition qui dépasse les simples chiffres
Le ministère allemand de la Défense a officialisé une commande de 8 drones MQ-9B SeaGuardian, à livrer à partir de 2028. Ces appareils viendront compléter les avions P-8A Poseidon déjà achetés, et seront opérés depuis la base navale de Nordholz, en Basse-Saxe. L’objectif est clair : surveiller les voies maritimes stratégiques et renforcer la présence aérienne dans des zones comme l’Atlantique Nord ou la mer Baltique. Le coût unitaire de ces drones atteint 237,5 millions d’euros, un montant qui dépasse celui d’un Eurofighter Typhoon, pourtant considéré comme un avion de chasse haut de gamme.
Une facture salée, mais un lot complet
Si le prix brut du drone est estimé à 68,5 millions d’euros, le reste de la facture inclut :
- Stations de contrôle certifiées
- Infrastructures spécifiques sur la base de Nordholz
- Formation du personnel navigant et technique
- Systèmes de communication sécurisés
- Maintenance et pièces détachées pour une autonomie initiale jusqu’à 2030
Cette approche « clé en main » explique l’enveloppe globale de 1,9 milliard d’euros validée par le Bundestag pour la première phase du programme.
Une logique d’intégration avec le P-8A Poseidon
Le MQ-9B ne remplacera pas le Poseidon, mais le complétera stratégiquement. Tandis que le P-8A atteint des vitesses de 900 km/h et transporte de lourdes charges de capteurs et d’armement, le drone peut voler plus de 30 heuresd’affilée. Cette endurance exceptionnelle permet de maintenir une présence aérienne continue, cruciale pour la chasse aux sous-marins russes dans les zones sensibles.

Une compatibilité totale avec les forces de l’OTAN
Le choix du MQ-9B place l’Allemagne aux côtés de partenaires comme :
- Le Royaume-Uni avec ses 16 drones SkyGuardian
- La Belgique, qui a commandé 4 appareils
- Le Japon, qui a révélé un coût similaire pour ses unités
Ces drones, capables de missions multi-domaines, intègrent un contrôle satellite pôle-à-pôle et un système de dégivrage, idéal pour les climats froids comme la Baltique.

Un potentiel de modernisation d’ores et déjà prévu
L’Allemagne prévoit déjà une mise à niveau des MQ-9B entre 2031 et 2032, pour leur ajouter des capacités de détection sous-marine avancées. Bien que cette phase ne soit pas couverte par le contrat initial, elle confirme l’ambition allemande de transformer ces drones en véritables chasseurs de sous-marins. En parallèle, le projet est structuré pour pouvoir s’adapter aux futurs standards de combat collaboratif, y compris avec des systèmes d’IA embarquée.
Un retour sur investissement controversé
Certaines critiques pointent le coût excessif de l’opération, notamment en comparaison avec un Eurofighter (environ 187,5 millions d’euros pièce en Tranche 5). Mais cette comparaison oublie un point central : le MQ-9B n’est pas un avion de combat, mais une plateforme de surveillance stratégique autonome, capable de voler sans pilote pendant plus d’un jour, dans des zones contestées. Sa portée, ses capteurs, son autonomie et sa résilience font de lui un atout incomparable dans la guerre sous-marine moderne.
Tableau récapitulatif
| Éléments clés | Données principales |
| Type de drone | MQ-9B SeaGuardian |
| Commande annoncée | Janvier 2026 |
| Livraison prévue | À partir de 2028 |
| Prix unitaire estimé (complet) | 237,5 millions € |
| Prix du drone seul | 68,5 millions € |
| Opérateur principal | Escadron naval 3, Nordholz |
| Missions prévues | Surveillance maritime, anti-sous-marins |
| Alliés ayant commandé le même drone | Royaume-Uni, Belgique, Japon |
Source : General Atomics Aeronautical
