L’armée française s’entraîne en conditions réelles au cœur du pays.
Avec ORION 26, les armées françaises s’engagent dans l’un des rendez-vous de préparation opérationnelle les plus ambitieux de la décennie. Conduit début 2026, au cœur même du territoire national, sur terre, en mer et dans les airs, cet entraînement mobilise plusieurs milliers de militaires français et alliés, bien loin des camps d’entraînement traditionnels.
L’objectif est clair : se préparer au combat tel qu’il pourrait réellement se produire, au contact des populations, des infrastructures civiles et des contraintes du quotidien.
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ORION 26, pour s’entraîner là où la guerre pourrait frapper
L’exercice ORION est le plus vaste entraînement militaire interarmées et multinational organisé par la France depuis la fin de la guerre froide, conduit tous les trois ans sur le territoire national pour préparer les armées à un conflit de haute intensité face à un adversaire de niveau équivalent. Sa première édition, ORION 23, s’est déroulée entre février et mai 2023 et a mobilisé plus de 12 000 militaires français et alliés, des milliers de véhicules, des moyens navals lourds, des aéronefs, des drones, des capacités spatiales et cyber, ainsi que l’ensemble de la chaîne de commandement et de soutien, y compris les réservistes et les services de l’État.
Conçu comme un scénario réaliste et exigeant, mené à la fois sur camps militaires et en terrain libre au contact de la population, ORION vise à tester la planification stratégique, la montée en puissance, l’interopérabilité, la logistique et la conduite d’opérations multi-milieux et multi-champs sur la durée. L’exercice a aussi servi de laboratoire grandeur nature pour identifier les faiblesses, expérimenter de nouvelles doctrines et préparer les forces françaises à des engagements majeurs, prolongés et coordonnés au sein de coalitions internationales.
Qu’attendre d’ORION 26 ?
Actifs et réservistes, une seule force
Comme en 2023, une des spécificités de l’exercice tient dans l’intégration pleine et entière de la réserve opérationnelle. Aux côtés des militaires d’active, les réservistes ne jouent pas un rôle secondaire puisqu’ils renforcent directement les unités, apportant des compétences issues de leurs parcours civils, des expertises techniques, numériques, logistiques ou médicales.
ORION 26 illustre ainsi une armée profondément ancrée dans la société, capable de monter en puissance rapidement en s’appuyant sur un réservoir humain immédiatement mobilisable.
Le soutien, nerf de la guerre mis à l’épreuve
Dans un conflit de haute intensité, le combat ne tient pas sans logistique. ORION 26 place donc les chaînes de soutien au cœur de la manœuvre. Approvisionner, réparer, ravitailler, soigner, alimenter en énergie, maintenir les flux malgré les contraintes et les perturbations : tout est testé. Deux chaînes fonctionnent en parallèle. L’une assure le soutien réel des forces engagées. L’autre, volontairement « joueuse », subit les aléas de l’exercice, simulant les ruptures, les pénuries et les frictions propres à un engagement prolongé. Objectif : éprouver la résilience du système, pas seulement son efficacité sur le papier.
Le numérique comme colonne vertébrale
Pour coordonner un exercice de cette ampleur, les systèmes d’information et de communication sont déterminants. Encore plus qu’en 2023, ORION 26 s’appuie sur des réseaux sécurisés et résilients, capables d’absorber des volumes massifs d’échanges, de fonctionner sous contrainte et de rester opérationnels en situation dégradée. Les capacités du commissariat numérique de défense, les systèmes propres aux forces, mais aussi les outils de simulation viennent renforcer le réalisme de l’ensemble. L’exercice ne teste pas seulement les soldats, il met à l’épreuve l’architecture numérique de la défense française.
Une répétition stratégique à l’échelle nationale
ORION 26 n’est ni un exercice isolé, ni une simple montée en puissance tactique. Il s’inscrit dans une trajectoire plus large, celle d’armées françaises qui se préparent à un engagement dur, long, et potentiellement symétrique. En mobilisant états-majors, unités de combat, services de soutien et réserves sur le sol national, l’exercice constitue une répétition stratégique, pensée pour révéler les forces, mais aussi les fragilités, avant qu’une crise réelle ne les impose.
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2025, une année riche en opérations et exercices de grandes ampleurs
En parallèle d’ORION 26, l’année écoulée a vu l’armée française multiplier les opérations et exercices de grande ampleur, signe d’un tempo opérationnel particulièrement soutenu. Sur le flanc Est de l’Europe, Dacian Fall 2025 en Roumanie a marqué un tournant avec plus de 3 000 soldats français engagés au niveau brigade, tandis que Steadfast Dagger 2025 a préparé la prise de commandement par la France de la Force de réaction de l’OTAN. Dans les pays baltes, les exercices Bold Panzer et Scorpion Panzer ont éprouvé l’interopérabilité franco-britannique et la crédibilité du dispositif eFP face à un adversaire symétrique.
Plus au sud, Gulf 25 aux Émirats arabes unis a confirmé la capacité française à conduire des manœuvres interarmées de haute intensité en milieu désertique, pendant que Chergui 2025 au Maroc consolidait un partenariat stratégique ancien dans un environnement exigeant. Enfin, dans l’Indopacifique, la participation française à ANNUALEX 25 avec le Japon et les États-Unis a rappelé que Paris reste un acteur militaire crédible bien au-delà de l’Europe. Ensemble, ces engagements dessinent une armée française qui s’entraîne comme elle opère : en coalition, sur des théâtres variés, avec une capacité assumée à monter rapidement en puissance.
Principales opérations et exercices récents des armées françaises :
| Opération / Exercice | Zone géographique | Effectifs français | Cadre | Objectif principal |
| Dacian Fall 2025 | Roumanie | +3 000 | OTAN | Guerre conventionnelle, niveau brigade |
| Steadfast Dagger 2025 | Europe OTAN | ~1 200 | OTAN | Certification Force de réaction alliée |
| Bold Panzer | Estonie / Lettonie | ~500 | OTAN | Manœuvre blindée multinationale |
| Scorpion Panzer | Estonie | ~300 | OTAN (UK cadre) | Interopérabilité franco-britannique |
| Gulf 25 | Émirats arabes unis | ~1 000 | Bilatéral | Interarmées, haute intensité désertique |
| Chergui 2025 | Maroc | ~700 | Bilatéral | Coopération interarmes en milieu désertique |
| ANNUALEX 25 | Indopacifique (Japon) | ~300 | Multinational | Interopérabilité navale et aérienne |
Source : Ministère des Armées et des anciens combattants