L’armée française se prépare à un bond technologique : un robot terrestre propulsé à l’hydrogène pourrait devenir l’épine dorsale de la première unité de combat dirigée par l’IA d’ici 2027. Un test décisif vient d’être lancé en Bretagne.
Loin des projecteurs, un véhicule robotisé nommé Hermione vient d’être testé par l’armée de Terre à Saint-Cyr Coëtquidan. Doté d’un système à hydrogène, d’une autonomie de 20 heures et d’une propulsion tous-terrains, ce drone terrestre pourrait révolutionner la logistique et la tactique françaises sur les champs de bataille de demain.
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Une expérimentation discrète mais ambitieuse
Depuis le 14 janvier 2026, le véhicule Hermione est engagé dans une série de tests menés dans le cadre du programme Pendragon, à Saint-Cyr Coëtquidan. Objectif ? Développer une unité de combat dirigée par l’intelligence artificielled’ici 2027. L’initiative repose sur un triptyque clair : autonomie, endurance énergétique et intégration tactique. Hermione est issue d’un partenariat franco-polonais entre H2X-Défense et P.H.U. Lechmar.
Un robot à tout faire pour le terrain
Conçu comme une plateforme modulaire, l’Hermione peut être adaptée à de multiples missions : transport logistique, reconnaissance, ou encore soutien armé via des stations d’armes téléopérées. Sa charge utile de base atteint 300 kg, mais des variantes peuvent grimper à 600 kg voire 2 tonnes. Ce concept de plateforme unique permet de rationaliser les coûtset de gagner en flexibilité logistique.
Des caractéristiques techniques très prometteuses
Hermione mesure 3,3 m de long, pour 1,85 m de large et 1,4 m de haut. Elle repose sur une architecture à quatre roues motrices grâce à des moteurs électriques de 8 kW par roue. Sa vitesse maximale est de 39 km/h, idéale pour suivre des unités à pied ou patrouiller. Elle pèse 700 kg à vide et dispose d’une garde au sol de 30 cm, lui permettant de franchir des terrains variés sans difficulté.
Une autonomie énergétique inédite
Son véritable atout ? Un système hybride associant pile à hydrogène et batterie lithium-ion de 25 kWh. Cela lui garantit jusqu’à 20 heures d’opération. Le plein d’hydrogène s’effectue en 3 minutes, et les bouteilles peuvent être remplacées sur le terrain. Ce choix technologique répond aux besoins de mobilité dispersée sans dépendre de carburants classiques.
Un écosystème complet en expérimentation
Hermione est testée en tandem avec un générateur à hydrogène mobile, le G-15/050 de H2X-Défense, capable de produire entre 20 et 40 kW. Ce dispositif fournit également l’énergie pour drones, capteurs et autres systèmes autonomes. Cette logique vise à créer un réseau tactique autonome sans lignes logistiques vulnérables.
Une génération de robots 100 % européens
Hermione est l’héritier direct du programme Weasel, développé dès 2022 par H2X Ecosystems dans le cadre du Battle-Lab Terre. Ce véhicule à propulsion hybride embarquait déjà une technologie à hydrogène couplée à des batteries lithium de TYVA Energie. Cette génération de UGV européens révèle un savoir-faire local en pleine montée en puissance.
Vers un futur où l’humain n’est plus seul
L’armée française ne cache pas son ambition de numériser et automatiser une partie de ses opérations. L’intégration d’Hermione dans les équipes tactiques serait un pivot logistique, mais aussi une étape vers des unités pilotées par IA. En reliant robotique, énergie autonome et IA embarquée, Paris dessine l’esquisse d’une guerre du futur européenne.
Source : Armee de Terre