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La France enclenche la seconde pour faire de sa marine de guerre une des premières en Europe à intégrer des drones de surface avec DANAE

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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La Marine nationale confie la mer aux drones pour reprendre l’avantage. Le 18 janvier 2026, la Marine nationale française a décidé de passer la seconde dans son processus de « …

La France enclenche la seconde pour faire de sa marine de guerre une des premières en Europe à intégrer des drones de surface avec DANAE

La Marine nationale confie la mer aux drones pour reprendre l’avantage.

Le 18 janvier 2026, la Marine nationale française a décidé de passer la seconde dans son processus de « dronisation » de la Royale. Le programme DANAE, pour Drone de surface Autonome Naval avec une capacité d’Armement Embarqué marque clairement un basculement doctrinal.

L’idée est de multiplier les capteurs, diluer les risques humains, étendre la bulle de protection… et accepter que la mer devienne, elle aussi, un espace peuplé de machines autonomes.

Zoom sur un programme qui pourrait autant marquer le flotte de guerre de notre pays que l’arrivée des premiers cuirassiers au XIXe siècle !

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DANAE, une urgence opérationnelle dictée par les conflits récents

Les images venues de mer Noire, de mer Rouge ou du golfe Persique ont laissé peu de place au doute : les drones de surface explosifs, embarcations rapides téléopérées et attaques de saturation  sont désormais capables de mettre en difficulté des bâtiments de premier rang. Même bien armée, une frégate reste une plateforme unique, visible, coûteuse et humaine.

Lors de ses auditions au Sénat, l’amiral Nicolas Vaujour, chef d’état-major de la Marine, a résumé son ambition de  « droniser partout où c’est possible et maintenir habité ce qui est nécessaire ».

DANAE est donc le programme qui a été prévu à cet effet.

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Un programme inscrit dans la LPM, pensé pour aller vite

DANAE s’inscrit pleinement dans la Loi de programmation militaire 2024-2030, qui consacre 413 milliards d’euros à la défense française, avec une montée en puissance assumée des systèmes autonomes. Le budget initial du programme se chiffre en dizaines de millions d’euros sur trois ans, avec un objectif clair : une capacité opérationnelle dès 2027-2028.

Trois phases, un tempo resserré

Phase 1 – Mettre les prototypes à l’épreuve de la mer (janvier 2026)

Du 19 au 23 janvier 2026, au centre DGA Techniques navales de Saint-Mandrier, sept drones de surface français d’acteurs aussi divers que Exail, Naval Group ou Thales ont été confrontés à la réalité : mer agitée, navigation de nuit, communications dégradées, détection de cibles ambiguës.

Phase 2 – Armer sans alourdir (mi-2026)

À l’issue de cette première sélection, trois modèles seront retenus pour une montée en puissance rapide. L’enjeu n’est pas pour le moment de transformer le drone en mini-frégate, mais de lui donner le minimum d’armement utile, intégré intelligemment.

Capteurs embarqués :

  • radar de surface
  • sonar léger
  • optronique jour/nuit
  • intelligence artificielle de classification des menaces

Armements envisagés :

  • missiles antinavires légers (type Akeron)
  • mitrailleuses de 12,7 mm téléopérées
  • charges ou grenades pour neutralisation de drones adverses
  • leurres et brouilleurs

Le contrôle restera humain : depuis une frégate FDI, un bâtiment de commandement ou un centre à terre.

Phase 3 – Produire en série, sans luxe inutile (2027 et au-delà)

À terme, un modèle unique doit émerger, industrialisé rapidement, avec un objectif clair : un coût unitaire inférieur à 1 million d’euros. Les premières commandes pourraient porter sur 20 à 50 drones, avant une montée en puissance progressive.

En toile de fond, la Marine regarde déjà plus loin et envisage même des corvettes-drones de 65 à 85 mètres, capables d’opérer en haute mer avec une autonomie très étendue.

Un écosystème industriel français mis sous pression

Sept industriels français, des PME aux grands groupes, testés au même endroit, sur le même plan d’eau, avec les mêmes contraintes. Le moins qu’on puisse dire c’est que la Marine nationale ne chôme pas et veut aller vite !

La visite ministérielle de janvier 2026 a envoyé un signal clair : les drones navals ne sont plus un sujet d’étude, il faut désormais avancer et faire percer une filière industrielle souveraine avec :

  • drones aériens embarqués
  • drones sous-marins et gliders
  • systèmes anti-drones et lasers navals

L’export est déjà dans les têtes : un système interopérable OTAN, attractif pour les marines méditerranéennes et indo-pacifiques.

Autonomie oui, tir sans humain non

DANAE intègre dès le départ les débats éthiques. L’intelligence artificielle classe, identifie, propose. La décision de tir reste humaine. Le niveau d’autonomie létale est volontairement plafonné.

Autre point sensible : la cybersécurité. Un essaim piraté devient une arme retournée contre son propriétaire. Le programme intègrera donc des communications maillées, résilientes, et des protections contre le brouillage et la guerre électronique.

Une France qui prend de l’avance sur le reste de l’Europe

Avec DANAE, la France se positionne clairement parmi les pionniers européens des drones de surface armés, face aux initiatives américaines et chinoises. L’approche ne se veut ni tapageuse, ni spectaculaire mais pragmatique.

Si le calendrier est tenu, 2026 sera l’année du choix, 2027 celle de l’entrée en service, et 2030 celle d’une flotte hybride homme-machine pleinement intégrée.

DANAE s’annonce comme une nouvelle doctrine qui devrait permettre à la France de tenir la mer, en acceptant le que la supériorité navale passera désormais aussi par des drones.

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L’exemple de l’Oncle Sam avec le Sea Hunter & le Seahawk

En 2026, la US Navy a franchi un cap  : faire entrer des navires de surface sans équipage dans sa flotte opérationnelle avec le Sea Hunter, né dans les laboratoires de la DARPA, et son successeur Seahawk.

Longs d’une quarantaine de mètres, capables de patrouiller des semaines entières sans équipage, ils ont démontré qu’une coque autonome peut naviguer, éviter le trafic, collecter du renseignement et coopérer avec des bâtiments habités sans supervision permanente. Le véritable tournant n’est pas technologique mais doctrinal puisque ces navires vont passer sous contrôle direct d’une flotte, intégrés aux escadres dès 2026, une première dans le monde !

11 unités sont attendues d’ici 2027 et plus de 30 à l’horizon 2030.

D’après des experts de l’US Navy, près de 45 % des navires de surface pourraient être sans équipage en 2045. Autnat prendre les devants !

Sources :

  • Enderi, Marine nationale : le programme DANAE, nouveau test grandeur nature pour les drones navals, 22 janvier 2026
  • Defense.gouv.fr, L’Agence de l’innovation de défense et la Marine nationale lancent une expérimentation inédite de drones de surface pour la protection maritime, 19 janvier 2026
  • Opex360, La Marine nationale lance le projet DANAE afin de se doter rapidement d’un drone de surface armé, 20 janvier 2026

Image de mise en avant : SEAQUEST® S 930 ISR est le dernier drone de surface de combat multi-rôles de petite taille (Small USV) développé par SIREHNA, dédié aux missions de surveillance et de protection pour des applications militaires et civiles.

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