La Corée du Sud ose évincer le missile américain de ses navires pour le sien, réputé plus performant

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Said LARIBI

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La Corée du Sud ose évincer le missile américain de ses navires pour le sien, réputé plus performant

La Corée du Sud met au point une version navale de son missile antiaérien KSAM-II, destinée à remplacer le SM-2 américain qui équipe aujourd’hui sa marine.

Un pas de plus vers l’indépendance militaire de Séoul, avec un intercepteur maison doté d’un radar de dernière génération, taillé pour contrer missiles de croisière, drones et attaques en masse. Dépendre d’un allié pour ses armes les plus stratégiques, la Corée du Sud n’en veut plus. Elle développe son propre bouclier antiaérien naval, qu’elle juge supérieur au matériel américain. Une ambition qui en dit long sur sa montée en puissance industrielle.

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Séoul tourne le dos au missile américain

La Corée du Sud accélère le développement de la version navale de son missile antiaérien KSAM-II, aussi connu sous le nom de Cheongung-II. Son objectif est clair, remplacer le missile intercepteur SM-2 de fabrication américaine, qui équipe actuellement les navires de la marine coréenne. Développé par l’industriel de défense LIG Nex1, cet engin représente une étape majeure vers une plus grande indépendance dans les technologies d’armement naval de pointe. Il s’agit aussi de muscler la défense antiaérienne des futurs navires de guerre du pays. Un projet stratégique, qui vise à ne plus dépendre d’un fournisseur étranger pour une capacité aussi vitale.

Ce missile japonais a surpris les spécialistes qui ne s’attendaient pas à voir le pays du « soleil levant » se doter d’une capacité de frappe aéroportée à 1 000 km

Le nouveau missile des futurs destroyers

Sur quels navires ce missile sera-t-il embarqué ? En priorité sur une nouvelle classe de destroyers lance-missiles, actuellement en développement. Ces bâtiments de guerre inaugureront le nouvel intercepteur coréen. Par la suite, le missile américain sera progressivement retiré des autres classes de destroyers de la flotte. L’idée est de garantir que les navires de demain entrent en service avec une capacité antiaérienne entièrement nationale, parfaitement intégrée à leurs systèmes. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large, celle de remplacer les armements importés par des solutions locales, souvent jugées plus performantes par les Coréens eux-mêmes.

Destroyer sud-coréen de classe Sejong le Grand
Destroyer sud-coréen de classe Sejong le Grand

Une menace qui a tout changé

Pourquoi remplacer un missile qui a fait ses preuves ? Parce que les dangers ont évolué. Pendant des décennies, le SM-2 américain a assuré la défense antiaérienne à moyenne portée des grands navires coréens. Mais le paysage des menacess’est transformé. Les missiles de croisière modernes, les drones et surtout les attaques dites de saturation ont rendu nécessaire un successeur de nouvelle génération. Ces attaques en masse, où l’ennemi lance une nuée d’engins bon marché pour submerger les défenses, sont devenues le cauchemar des marines. Face à cette réalité, disposer d’un intercepteur moderne et pleinement maîtrisé est devenu une priorité stratégique pour Séoul.

La carte du tout-national

Ce virage vers le tout-coréen n’a rien d’une nouveauté. Voici ce qui distingue l’ancien du nouveau système :

Élément Missile actuel Nouveau missile
Origine Américain Coréen
Fabricant Fournisseur étranger LIG Nex1
Radar Génération antérieure Nitrure de gallium
Cibles visées Menaces classiques Missiles, drones, essaims

La Corée du Sud a déjà emprunté cette voie avec succès. Grâce à sa série de missiles de croisière Hyunmoo, elle a par exemple évité de dépendre du célèbre missile américain Tomahawk. Cette philosophie du local irrigue désormais tout son secteur de défense. Chaque système importé se voit peu à peu remplacé par une alternative maison, conçue et fabriquée sur le sol national, gage d’autonomie stratégique.

Un radar de pointe au nitrure de gallium

Qu’est-ce qui rend ce nouveau missile si prometteur ? Une technologie radar de pointe. L’engin devrait intégrer des composants à base de nitrure de gallium, un semi-conducteur de dernière génération. Derrière ce nom barbare se cache un vrai bond en avant. Comparée aux anciennes technologies, cette électronique offre une puissance supérieure, une meilleure efficacité et une plus grande résistance à la chaleur. L’avantage est considérable. Elle permet à de petits capteurs d’atteindre des performances de détection et de suivi bien supérieures. De quoi traquer des cibles particulièrement difficiles, comme les missiles de croisière volant au ras des flots ou les menaces aériennes très manœuvrantes, qui zigzaguent pour échapper aux défenses.

Lancement du missile de croisière Hyunmoo 3
Lancement du missile de croisière Hyunmoo 3

Un défi technique colossal

Concevoir un tel missile naval n’a rien d’évident, loin de là. Un engin tiré depuis un navire doit relever de nombreux défis. Il lui faut d’abord fonctionner de façon fiable dans les conditions rudes de la mer, entre embruns salés et gros temps. Il doit ensuite s’intégrer à des réseaux complexes, mêlant radars, systèmes de guerre électronique et logiciels de gestion du combat. Enfin et surtout, il doit se montrer efficace contre des menaces toujours plus sophistiquées. On pense aux missiles antinavire capables de manœuvrer, mais aussi aux grands essaims de drones. Réussir à combiner toutes ces exigences dans un seul système relève de la prouesse technologique.

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Une industrie de défense arrivée à maturité

Ce programme raconte finalement une belle histoire, celle de l’ascension d’une industrie. En quelques décennies, les entreprises coréennes ont parcouru un chemin impressionnant. Elles sont passées de la simple production sous licence, puis du développement assisté par l’étranger, à la conception de systèmes nationaux de plus en plus avancés. Pouvoir fabriquer chez soi l’un des équipements les plus complexes qui soit témoigne d’une véritable maturité. La Corée du Sud a déjà brillé dans les blindés, l’artillerie, les sous-marins et les missiles antiaériens. Certains de ses systèmes suscitent d’ailleurs un vif intérêt à l’export, preuve que le savoir-faire coréen s’impose désormais sur la scène mondiale de l’armement.

Sources :

  • Military Watch Magazine, présentation du programme KSAM-II naval et de son intégration
  • LIG Nex1, développement du missile Cheongung-II
  • Analyses en sources ouvertes, technologie radar au nitrure de gallium et stratégie industrielle coréenne

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