Un nouveau destroyer coréen entre dans la danse
La scène s’est déroulée sous les yeux de Kim Jong-un lui-même. Le dirigeant nord-coréen a pu assister à un test de missiles de croisière tirés depuis le nouveau destroyer nord coréen de 5 000 tonnes, le Choe Hyon. Un bâtiment encore en phase d’inspection, déjà utilisé pour démontrer les capacités offensives de la République Populaire.
La Corée du Nord poursuit ainsi sa logique militaire de multiplier les moyens de tir et de diversifier les vecteurs pour rendre toute frappe préventive plus difficile.
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Le Choe Hyon, un nouveau destroyer dans l’arsenal nord-coréen
Le navire s’appelle Choe Hyon, du nom d’un commandant partisan nord-coréen de la guerre contre le Japon impérial. Le bâtiment a été présenté pour la première fois en avril de l’année précédente par les médias d’État.
Avec un déplacement d’environ 5 000 tonnes pour 144 mètres, il appartient à la catégorie des destroyers de taille moyenne (une frégate en France).
Le rôle annoncé du bâtiment est de servir de plateforme polyvalente capable de lancer plusieurs types de missiles.
La logique rappelle celle de nombreux navires modernes. Le pont devient une sorte de boîte à outils militaire.
On peut y installer :
- missiles de croisière
- missiles antinavires
- missiles antiaériens
- parfois même des missiles balistiques
La marine nord-coréenne cherche depuis plusieurs années à sortir d’une image de flotte côtière vieillissante. Le Choe Hyon s’inscrit dans cette évolution.
L’idée n’est pas de rivaliser avec les grandes marines du monde mais de disposer d’un navire capable de tirer des missiles depuis la mer, à distance du territoire nord-coréen.
Différences missile de croisière VS missile balistique
Un missile balistique, dont Pyongyang revendique la maitrise, monte très haut dans l’atmosphère avant de redescendre vers sa cible. Un peu comme une balle tirée en cloche.
Le missile de croisière suit une logique différente : il vole bien plus bas, parfois à quelques dizaines de mètres au-dessus du sol ou de la mer. De cette manière il peut contourner les reliefs, suivre la côte et éviter certaines défenses.
Le vol bas complique la détection radar.
Un missile de ce type peut frapper :
- bases militaires
- ports
- infrastructures
- dépôts logistiques
L’intérêt militaire devient évident pour la Corée du Nord : un navire situé en mer peut frapper une cible terrestre à plusieurs centaines de kilomètres.
Un navire de 5 000 tonnes qui symbolise une évolution
Dans le monde militaire maritime, 5 000 tonnes restent une taille modeste comparée aux destroyers américains ou chinois qui dépassent parfois 9 000 tonnes.
Pour la Corée du Nord, ce navire représente déjà un saut important.
La marine nord-coréenne a longtemps reposé sur :
- patrouilleurs rapides
- vedettes lance-torpilles
- sous-marins côtiers
Des navires adaptés à la défense du littoral.
Le Choe Hyon marque une étape puisqu’il incarne l’idée d’un bâtiment capable d’intégrer des systèmes modernes, comme ce missile de croisière testé.
La Corée du Nord cherche à démontrer qu’elle peut concevoir des navires plus complexes. Le message vaut autant pour la population que pour les observateurs étrangers.
Sources :
NBC News, North Korean Leader Kim Inspects New Warship (2026),
article d’actualité relatant la visite de Kim Jong-un à bord d’un nouveau navire de guerre nord-coréen, avec des éléments sur les capacités navales en développement, la modernisation de la flotte et le contexte stratégique dans la péninsule coréenne.
Philippine Daily Inquirer – Global Nation, N. Korea’s Kim Oversees Naval Destroyer Cruise Missile Test (2026),
article rapportant l’essai de missiles de croisière tirés depuis un destroyer nord-coréen sous la supervision de Kim Jong-un, avec une analyse des implications militaires et des tensions régionales liées au programme d’armement de Pyongyang.
Image de mise en avant : Destroyer Choe Hyon (photo KCNA)