Actualité

Actualité internationale

Armées

Armées de terre

La Corée du Nord dévoile un nouveau char qui pourrait changer la donne : le Chonma 20 entre en scène avec une protection active inédite

Publié le

Said LARIBI

Said LARIBI

• Temps de lecture

placeholder

Pyongyang a profité d’exercices offensifs très encadrés pour montrer son nouveau char de bataille, un modèle plus moderne qui cherche clairement à rompre avec l’image vieillissante des blindés nord-coréens. Pendant …

La Corée du Nord dévoile un nouveau char qui pourrait changer la donne : le Chonma 20 entre en scène avec une protection active inédite

Pyongyang a profité d’exercices offensifs très encadrés pour montrer son nouveau char de bataille, un modèle plus moderne qui cherche clairement à rompre avec l’image vieillissante des blindés nord-coréens.

Pendant longtemps, les chars nord-coréens ont surtout été vus comme des copies rustiques, massives et technologiquement en retard. Les dernières images diffusées par Pyongyang racontent autre chose. En mettant en avant le Chonma 20 au cœur d’un exercice combiné avec infanterie et forces spéciales, le régime ne voulait pas seulement impressionner son opinion. Il voulait aussi signaler que sa modernisation blindée avance plus vite qu’on ne l’imagine souvent à l’étranger.

A lire aussi :

Une première apparition soigneusement mise en scène

Le nouveau char nord-coréen a été aperçu lors d’exercices d’assaut interarmes organisés le 19 mars sous les yeux de Kim Jong Un et de plusieurs responsables politiques et militaires. La séquence ne devait rien au hasard. Une brigade blindée de la base d’entraînement n°60 de Pyongyang, rattachée au très sensible corps de défense de la capitale, a été mise en avant pour illustrer cette montée en gamme. L’objectif apparent était de montrer des unités capables d’attaquer des lignes antichars avec un appui coordonné entre blindés, infanterie et éléments spéciaux. Autrement dit, Pyongyang ne cherchait pas seulement à exhiber une machine. Il voulait donner à voir une doctrine offensive, une mise en scène militaire et un message de modernisation.

L’Allemagne propose un deal industriel sur le Boxer 8×8 à la République tchèque, et la vraie bataille se joue dans les usines

Le Chonma 20 marque une rupture plus nette que prévu

Ce blindé, présenté comme une évolution de la famille Chonma, semble aller plus loin qu’une simple retouche cosmétique. La version désormais mise en avant, souvent appelée Chonma 20, succède à d’autres itérations apparues ces dernières années, notamment le Chonma 2 puis le Tianma 2. Le rythme de ces apparitions est déjà un signal en soi. Il suggère une logique d’améliorations rapides, par petites marches, plutôt qu’un grand programme figé sur une décennie. C’est souvent de cette manière que certains pays rattrapent leur retard : ils ne sortent pas un blindé miracle, ils empilent des gains successifs. Dans le cas nord-coréen, cette stratégie de modernisation incrémentale, de production accéléréeet d’apprentissage industriel semble désormais visible.

Le détail qui change beaucoup de choses : le chargeur automatique

Parmi les évolutions les plus importantes figure l’intégration d’un chargeur automatique. Ce choix technique peut paraître secondaire pour un non-spécialiste, mais il a des effets très concrets. Il permet d’augmenter la cadence de tir tout en réduisant l’équipage de quatre à trois hommes. Cela libère du volume interne, réduit le besoin en personnels formés et rapproche le char d’architectures plus modernes. Pour une armée qui cherche à renouveler massivement ses blindés, ce n’est pas un détail. C’est un changement structurant dans la manière de penser l’emploi du véhicule. En clair, Pyongyang ne se contente plus d’habiller un vieux concept. Il essaie de rapprocher son blindé d’un standard plus compétitif en matière de cadence de tir, de gestion d’équipage et d’efficacité globale.

Char d'assaut de nouvelle génération nord-coréen lors des exercices du 19 mars
Char d’assaut de nouvelle génération nord-coréen lors des exercices du 19 mars

La protection active est le signal le plus sérieux

L’élément le plus surveillé reste cependant le système de protection active. Les images et commentaires officiels suggèrent que le Chonma 20 embarque désormais une capacité destinée à détecter puis intercepter certaines menaces entrantes avant l’impact. Le principe est connu : des capteurs, souvent associés à des radars, surveillent l’environnement immédiat du char, repèrent un projectile hostile, calculent sa trajectoire puis déclenchent une contre-mesure. Si cette intégration est réellement opérationnelle et pas seulement démonstrative, elle change le niveau du débat. Un char doté d’une protection active, d’une survie accrue et d’une meilleure lecture de menace n’est plus seulement un blindé de parade. Il devient un outil potentiellement plus dur à neutraliser, notamment face aux armes antichars modernes.

D’autres indices montrent une vraie montée en gamme

Le Chonma 20 semble aussi recevoir plusieurs ajustements plus discrets mais révélateurs. Les images laissent apparaître une nouvelle trappe conducteur, une arme antiaérienne téléopérée montée sur tourelle et une disposition de blindage modifiée. Pris séparément, ces détails peuvent sembler mineurs. Pris ensemble, ils dessinent un blindé retravaillé avec une vraie logique d’usage. Cela suggère que les Nord-Coréens ne se contentent plus de fabriquer un char pour la propagande ou la quantité. Ils essaient de produire une plateforme plus cohérente, plus adaptable et plus crédible en combat. C’est souvent ainsi que les ruptures se font sentir : pas dans un seul élément spectaculaire, mais dans l’addition de petites améliorations, de corrections pratiques et d’une meilleure intégration d’ensemble.

Des chars nord-coréens de génération Chonma 20 lors d'exercices le 19 mars
Des chars nord-coréens de génération Chonma 20 lors d’exercices le 19 mars

Derrière le char, il y a aussi une usine et un calendrier politique

Cette apparition ne tombe pas du ciel. En mai 2025, les médias d’État avaient déjà montré une nouvelle grande usine de chars, avec un discours très clair sur la nécessité de remplacer les blindés hérités du siècle précédent. Depuis, tout indique que Pyongyang veut accélérer l’entrée en service de variantes issues de la famille Chonma 2. Cela ne signifie pas que l’armée nord-coréenne se transforme du jour au lendemain en force blindée de premier ordre. Mais cela signifie qu’elle cherche à renouveler plus vite son parc le plus obsolète. Voici les points clés à retenir :

Élément Ce qu’il faut retenir
Date de l’exercice 19 mars
Char mis en avant Chonma 20
Réduction d’équipage De 4 à 3 hommes
Évolution notable Chargeur automatique
Saut technologique majeur Protection active
Signal industriel Nouvelle usine révélée en mai 2025

Ce tableau résume bien la logique actuelle : Pyongyang lie désormais production industrielle, montée en cadence et affichage militaire.

Il faut rester prudent, mais ne plus sous-estimer le sujet

Comme toujours avec la Corée du Nord, un problème demeure : la visibilité réelle sur les performances concrètes. Une séquence filmée, un discours officiel et une démonstration encadrée ne suffisent pas à prouver la pleine maturité d’un système. Il faut distinguer la capacité annoncée, la capacité démontrée et la capacité réellement disponible en unités. Mais l’erreur inverse serait de balayer tout cela comme de la simple propagande. Les progrès observés sur plusieurs programmes nord-coréens montrent qu’il existe bel et bien une dynamique de fond. Sur le terrain blindé aussi, Pyongyang semble vouloir réduire l’écart plus vite qu’avant. La prudence analytique impose donc de tenir ensemble deux idées : méfiance technique face aux annonces, mais prise au sérieux de la trajectoire industrielle.

Le char Leclerc prépare son “coup de poing” nouvelle génération : avec l’obus SHARD, la France veut retrouver une marge anti-blindés crédible dans un combat haute intensité

Un blindé qui en dit long sur l’évolution du régime

Le plus intéressant est peut-être ailleurs. Le Chonma 20 n’est pas seulement un nouveau char. Il symbolise une volonté plus large de montrer que la Corée du Nord peut moderniser ses armements lourds, y compris dans des domaines longtemps considérés comme ses points faibles. Cette séquence sert la propagande interne, bien sûr, mais elle a aussi une cible externe. Elle cherche à faire comprendre que Pyongyang veut être perçu non plus comme un acteur figé, mais comme un pays capable d’absorber des technologies plus complexes et de les intégrer plus vite dans ses forces. À ce titre, le char devient presque secondaire. Ce qui compte, c’est le message : la Corée du Nord veut être regardée comme une puissance capable de progresser dans le dur, pas seulement dans le spectaculaire.

Source : Military Watch Magazine

Tags

char

À propos de l'auteur, Said LARIBI