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La Chine affirme que le Rafale abattu n’a rien pu faire contre son bijou technologique : le missile PL-15

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Un missile pour une victoire symbolique. La Chine a déclaré la semaine dernière que son avion de chasse J-10CE (variante à l’export de son J-10) avait réalisé sa première victoire …

La Chine affirme que le Rafale abattu n'a rien pu faire contre son bijou technologique : le missile PL-15

Un missile pour une victoire symbolique.

La Chine a déclaré la semaine dernière que son avion de chasse J-10CE (variante à l’export de son J-10) avait réalisé sa première victoire sous pavillon pakistanais.

Cet appareil aurait abattu un  Rafale de l’armée de l’air indienne lors d’un bref accrochage les 6 et 7 mai dernier dans ce qui semble avoir été le plus grand affrontement de chasseurs depuis la seconde guerre mondiale. Si beaucoup d’informations sont à prendre au conditionnelle, il reste que Pékin revendique cette victoire et que selon elle, elle serait largement due à son missile PL-15.

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Le PL-15E est la version export du PL-15, classé dans la quatrième génération de missiles air-air chinois à longue portée. Son but premier est de toucher l’adversaire au-delà de la portée visuelle (avant même que celui-ci ne sache qu’il est ciblé.

La portée annoncée permet des engagements à grande distance, couplés à des systèmes d’alerte avancée déployés dans l’espace aérien. L’opérateur ne cherche plus le combat rapproché. Il cherche la première frappe. Le missile embarque un moteur à double impulsion à propergol solide, ce qui lui permet d’accélérer à nouveau en phase terminale.

Le guidage repose sur un radar actif à antenne réseau phasé, capable d’actualiser la position de la cible sans dépendre de l’avion tireur. Le missile devient chasseur autonome, relié à un réseau, nourri par des capteurs multiples.

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Derrière l’arme, un homme

Le créateur du PL-15 s’appelle Fan Huitao. Né en 1962 dans un village rural de la province du Henan, il rejoint en 1986 l’institut de recherche air-air de Luoyang, rattaché à l’Aviation Industry Corporation of China (en français « groupe industriel aéronautique public chinois »).

À cette époque, la Chine ne conçoit pas vraiment ses missiles. Elle observe, copie, adapte. La rupture survient en 2000, après la mort brutale du concepteur en chef Dong Bingyin, épuisé par des rythmes de travail extrêmes. Fan Huitao a alors 38 ans. Il hérite d’un programme sans précédent mais sans modèle existant et sans socle technique prêt à l’emploi.

Dans un rapport interne publié en 2021, il décrit son missile comme un produit entièrement nouveau, composé de huit sous-systèmes majeurs, de plus de 8 000 pièces, mobilisant plus de 100 disciplines scientifiques. Aucun génie solitaire ici (comme le célèbre Kalachnikov) mais un chantier collectif, long, éprouvant, mené dans l’ombre.

Le rythme 711 pour tenir les délais

Pour tenir les délais invraisemblables imposés par Pékin, l’équipe a du suivre une cadence que les chinois appellent « rythme 711 »  (pour « 11 heures par jour, 7 jours par semaine »). Des journées qui s’enchaînent, des nuits courtes et des essais à répétition dans le désert de Gobi.

Deux ans de développement ont pu ainsi être compressés en douze mois.

Cette période marque l’entrée de la Chine dans ce que les ingénieurs appellent l’ère des deux étoiles. D’un côté le PL-10, missile infrarouge de combat rapproché. De l’autre le PL-15, destiné aux engagements lointains.

Deux rôles pour deux distances mais une même logique industrielle.

Un J-10A chinois déployant son parachute.
Un J-10A chinois déployant son parachute.

Le J-10CE, avion vitrine

Le J-10CE, version export du chasseur chinois, n’a pas été conçu pour rivaliser avec les appareils occidentaux les plus avancés. Il a été pensé comme une plateforme cohérente, intégrée, optimisée autour de son armement.

Son déploiement par le Pakistan donne aujourd’hui à Pékin ce que des années de salons aéronautiques n’avaient jamais totalement offert : une preuve en conditions réelles avec une victoire militaire à la clé.

Cette dernière a permis de valoriser une filière industrielle longtemps jugée en retard. À l’extérieur, il place les missiles chinois face aux standards occidentaux, non plus dans des tableaux comparatifs, mais dans des comptes rendus de combat.

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Comment le PL-15 se place par rapport à la concurrence internationale ?

Les 3 concurrents les plus sérieux pour le PL-15 sont le Meteor de MBDA, l’AIM-120D américain et l’AIM-260 JATM, chacun incarnant une philosophie différente du combat BVR (en français « Beyond Visual Range », au-delà de la portée visuelle).

Le Meteor est régulièrement crédité d’une zone de non-évasion plus large et d’une énergie résiduelle supérieure en fin de trajectoire, avantage directement lié à son statoréacteur, quand le PL-15 affiche une portée brute annoncée parfois légèrement supérieure, ce qui alimente les comparaisons sans jamais les trancher totalement.

L’AIM-120D, de son côté, conserve un poids considérable grâce à une fiabilité éprouvée en combat, une intégration massive sur les flottes occidentales et un écosystème de capteurs particulièrement mature, même si sa portée est généralement estimée un peu inférieure à celle du PL-15 dans sa version domestique chinoise.

L’AIM-260 JATM apparaît reprendre l’avantage en portée et en performances BVR de son prédécesseur, avec des caractéristiques encore largement classifiées.

Autour de ce noyau dur gravitent les programmes indiens Astra Mk.2 et Mk.3, ainsi que les missiles russes modernes R-77-1 et R-37M, régulièrement cités dans les sources ouvertes comme performants, bien que généralement placés un cran en dessous du trio PL-15 / Meteor / AIM-260 lorsqu’il s’agit de combiner portée, électronique embarquée et doctrine d’emploi. En pratique, sur le marché international, la version PL-15E se retrouve surtout face au Meteor, via les flottes de Rafale et d’Eurofighter, et aux différents blocs de l’AIM-120.

Principaux concurrents du PL‑15 :

Missile Pays / bloc Catégorie BVR Portée max annoncée / estimée Propulsion Guidage terminal Mise en service approximative Particularités clés par rapport au PL-15
PL-15 Chine BVR très longue portée 200–300 km (version interne) Moteur fusée à propergol solide Radar actif AESA + datalink Vers milieu des années 2010 Conçu pour dépasser AIM-120D, forte portée et bonne résistance ECM, pilier de la bulle A2/AD chinoise.
PL-15E (export) Chine (export) BVR longue portée ≈145 km (limité MTCR) Fusée propergol solide Radar actif AESA + datalink Annoncé avant 2025, déjà exporté au Pakistan Version bridée mais toujours supérieure à de nombreux missiles BVR hérités, arme clé des JF-17 Block III et J-10CE pakistanais.
AIM-120D AMRAAM États-Unis / OTAN BVR longue portée ≈160–180 km Fusée propergol solide Radar actif + datalink ~2015 (variante D) Standard OTAN largement éprouvé en combat, un peu moins longue portée que PL-15 mais énorme retour d’expérience et intégration sur de très nombreuses plateformes.
AIM-260 JATM États-Unis Nouvelle génération très longue portée Données classifiées, conçu pour dépasser PL-15 et AIM-120D Prob. fusée avancée (détails non publics) Radar actif + liaisons avancées (détails non publics) Mise en service prévue milieu des années 2020 Réponse directe américaine au PL-15, priorité pour F-22, F-35 et futurs chasseurs NGAD, vise une portée et une zone de non-évasion supérieures à l’AMRAAM.
MBDA Meteor Europe (UK/FR/DE, etc.) BVR très longue portée ≈200 km, portée exacte non publiée Ramjet à poussée modulée Radar actif + datalink Vers milieu des années 2010 Ramjet donnant une très grande zone de non-évasion et un maintien d’énergie supérieur en fin de trajectoire, souvent considéré comme supérieur au PL-15 en probabilité de kill à longue distance.
Astra Mk.2 Inde BVR longue portée ≈150 km Fusée propergol solide Radar actif Milieu des années 2020 (prévu/annoncé) Missile indien de nouvelle génération, portée inférieure au PL-15 mais en amélioration constante, réponse directe à la combinaison PL-15E + JF-17/J-10 côté Pakistan.
Astra Mk.3 (en dev.) Inde Très longue portée Objectif de portée accrue, chiffres non confirmés publiquement Propulsion améliorée (détails en développement) Radar actif En développement Programme visant à réduire l’écart avec PL-15/Meteor et à donner à l’Inde une capacité BVR indigène de très longue portée.
R-77-1 (RVV-SD) Russie BVR moyenne / longue ≈110–160 km selon profils (estimations ouvertes) Fusée propergol solide Radar actif Années 2010 Évolution du R-77, principal équivalent russe moderne de l’AMRAAM, souvent jugé en retrait de la « génération PL-15 / Meteor » en portée et électronique.
R-37M (AA-13) Russie Très longue portée ≈300–400 km contre avions de soutien (AWACS, ravitailleurs) (données ouvertes) Fusée propergol solide de grande taille Radar actif Vers début des années 2010 Missiles lourds pour intercepteurs MiG-31/Su-35, rôle plus spécialisé anti-AWACS et non BVR « standard » air-air comme PL-15/Meteor/AMRAAM.

 

Sources :

  • The War Zone (Twz), China’s PL-15 Air-To-Air Missile Appears To Have Been Used In Combat For First Time
    https://www.twz.com/air/chinas-pl-15-air-to-air-missile-appears-to-have-been-used-in-combat-for-first-time
  • MBDA, Meteor – fiche produit,
    https://www.mbda-systems.com/product/meteor/
  • AIM-120D AMRAAM, U.S. Air Force – fiche officielle armement,
     https://www.af.mil/About-Us/Fact-Sheets/Display/Article/104567/aim-120-amraam/

Image : Un J-10 équipé de P-15.

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