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La France va déployer l’un des fleurons de son arsenal militaire naval pour une mission qui marquera les 400 ans de la naissance de « la Royale »

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Jeanne d’Arc 2026 : cinq mois en mer pour former, dissuader et compter. Le 17 février 2026, deux silhouettes quitteront Toulon avec, à leur bord, bien plus qu’un équipage. La …

La France va déployer l'un des fleurons de son arsenal militaire naval pour une mission qui marquera les 400 ans de la naissance de « la Royale »

Jeanne d’Arc 2026 : cinq mois en mer pour former, dissuader et compter.

Le 17 février 2026, deux silhouettes quitteront Toulon avec, à leur bord, bien plus qu’un équipage. La mission Jeanne d’Arc 2026 embarquera 160 futurs officiers de la Marine nationale pour cinq mois de mer, de l’océan Indien au Pacifique.

Ce déploiement annuel n’est pas une croisière d’école mais un baptême du feu progressif, pensé pour préparer les cadres de demain à un monde maritime de plus en plus tendu, technologique… et contesté.

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La mission s’articulera autour du Dixmude, un porte-hélicoptères amphibie de 199 mètres de la classe Mistral (un des fleurons de la Marine nationale), et de la frégate Aconit de classe La Fayette. Deux bâtiments complémentaires, l’un taillé pour la projection de forces et les opérations amphibies, l’autre pour l’escorte et le combat naval.

À bord, 160 élèves-officiers français, rejoints par 16 partenaires étrangers. Le programme comprendra navigation hauturière, manœuvre en groupe aéronaval, opérations amphibies, gestion de drones et exploitation de la donnée. Le capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu parle d’« école d’application ». En clair, les élèves ne regardent pas faire et tiendront la barre, gèreront les quarts et planifieront une mission.

L’idée est de les rendre opérationnels dès leur retour à Toulon en juillet.

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L’Indo-Pacifique, théâtre stratégique assumé

De la Méditerranée à l’ouest de l’océan Indien, puis vers le Pacifique, la mission traversera une zone où se concentrent tensions géopolitiques, rivalités navales et enjeux commerciaux majeurs.

Première séquence, la Méditerranée orientale et la mer Rouge, avec une participation aux opérations européennes Operation Aspides et Operation Atalanta avec à la clé : sécurisation des routes maritimes, lutte contre les trafics et protection des intérêts européens.

Puis cap vers l’Afrique de l’Est, l’océan Indien occidental et les territoires français de l’océan Indien. À Mayotte et à La Réunion, la mission s’inscrira aussi dans la continuité de l’exercice Papangue.

Exercices multilatéraux et projection amphibie

À l’est de l’océan Indien, la Jeanne d’Arc passera encore un cap en se joignant à des exercices d’envergure avec la participation à Balikatan aux Philippines, puis à La Perouse, aux côtés de partenaires régionaux comme la Malaisie.

Le groupe embarquera un groupement tactique interarmes, mêlant infanterie et hélicoptères. Cela signifie une capacité d’intervention rapide en cas de crise : évacuation de ressortissants, assistance humanitaire, démonstration de présence, voire action amphibie limitée.

Concrètement, le Dixmude, pièce maitresse de l’arsenal français, peut mettre à terre des troupes, projeter des hélicoptères de manœuvre ou d’assaut, coordonner une opération depuis la mer.

Coopérations clés sur la route du retour

Le retour s’effectuera ensuite par le nord de l’océan Indien, avec des escales et des coopérations renforcées avec l’Inde, les Émirats arabes unis et Djibouti. Autant de partenaires majeurs pour la France dans la région.

Ces séquences permettront de travailler l’interopérabilité, d’échanger sur les doctrines et de croiser les procédures avec des partenaires vitaux pour la souveraineté de la France dans cette région du globe.

Rappelons que dans le même temps, la France mène en parallèle son plus grand exercice militaire sur le territoire depuis la fin de la guerre froide : ORION 26 :

400 ans de Marine, un héritage en mouvement

L’édition 2026 coïncide avec les 400 ans de la Marine nationale. Un symbole fort pour celle qu’on surnomme encore « la Royale » et qui depuis Richelieu sert les intérêts géopolitiques de la France.

Pour les jeunes officiers, cette mission sera un souvenir fondateur avec cinq mois à vivre ensemble, à affronter la mer, à commander des équipes et à découvrir des théâtres éloignés. Le capitaine de vaisseau Delrieu en parle avec une pointe de nostalgie, l’ayant vécue lui-même il y a 25 ans.

La Jeanne d’Arc 2026 ne se résume donc pas à un « simple » déploiement. C’est une passerelle entre générations, un outil diplomatique flottant et un rappel simple : pour une puissance maritime, la souveraineté se travaille aussi à 10 000 kilomètres de ses côtes.

Carte de la mission Jeanne d'Arc 2026

Jeanne d’Arc 2026 en chiffres

Élément Donnée clé
Durée 5 mois (février – juillet 2026)
Bâtiments engagés Dixmude (PHA) et Aconit (frégate)
Élèves-officiers 160 dont 16 étrangers
Zone d’action Méditerranée, océan Indien, Pacifique
Opérations et exercices Aspides, Atalante, Balikatan, La Pérouse, Papangue
Capacités embarquées Groupement tactique, hélicoptères, drones

 

Source : Ministère des Armées et des anciens combattants

Image de mise en avant : Le BPC Dixmude (L9015) en autoposition dans la baie de Jounieh au Liban en 2012.

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