Officiellement retiré en 2008, le F-117 Nighthawk opère toujours dans l’ombre de l’US Air Force. Cet avion furtif mythique formé pour percer les défenses les plus denses reste un outil clé pour simuler les menaces les plus modernes. Et il n’a jamais autant volé.
Ce chasseur furtif, pionnier du genre, ne se contente pas de hanter les souvenirs. Il s’entraîne, il teste, il forme. Une deuxième vie aussi secrète que stratégique. Et désormais prolongée jusqu’en 2034.
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Une icône qui refuse la retraite
L’US Air Force a beau avoir annoncé la retraite du F-117 en 2008, une quarantaine d’exemplaires restent toujours opérationnels. Stationnés sur la base secrète de Tonopah, dans le Nevada, ces avions participent à des exercices à haute valeur ajoutée. Leur rôle ? Simuler des menaces furtives ennemies, tester de nouvelles technologies et répéter des missions à risque. Ce n’est pas de la nostalgie, c’est une stratégie.
Un faux nom pour vraie mission
Malgré son préfixe « F » de fighter, le F-117 est un pur appareil d’attaque au sol. Le choix du nom était délibérément trompeur : il s’agissait d’attirer les meilleurs pilotes tout en déroutant les espions. Pas de canon, pas de missiles air-air, uniquement des bombes de précision dans une soute interne. L’objectif ? Frapper sans être vu.
Une technologie toujours redoutable
Conçu dans les années 1980, le Nighthawk reste étonnamment furtif face aux radars modernes. Sa surface anguleuse, ses panneaux recouverts de matériaux absorbants, sa silhouette presque alien… tout est fait pour qu’il disparaisse des écrans. Il ne possède même pas de radar embarqué. Il vise par laser ou capteurs infrarouges. Et même aujourd’hui, il sert à tester les nouvelles générations de capteurs.

Une réalité budgétaire et tactique
Le maintenir en vol est économique. Coût d’utilisation réduit, plateformes déjà produites, infrastructures existantes… Le F-117 permet de simuler des adversaires furtifs à moindre frais dans les grands exercices Red Flag. Il peut aussi mimer un missile de croisière furtif, un drone hostile ou même un prototype ennemi. Le tout sans mettre en danger les plus récents F-35 ou F-22.

Une histoire écrite dans l’ombre
Le premier vol remonte à 1981, mais l’existence du F-117 n’a été reconnue qu’en 1988. Son baptême du feu ? Panama, puis surtout la première Guerre du Golfe, où il a traité 40 % des cibles stratégiques avec seulement 2 % des sorties. Une éfficacité inégalée, qui a marqué les esprits et les doctrines.
Un palmarès toujours utile
Le F-117 a emporté des bombes laser GBU-27, GBU-12 ou GBU-10, puis des bombes GPS JDAM. Son emport était limité à deux bombes dans des soutes internes, mais la précision chirurgicale était sa signature. Ce qui lui permettait de traiter des bunkers, des postes radar, voire des quartiers généraux sans être repéré.
Les chiffres clés d’un fantôme
| Caractéristique | Valeur |
| Longueur | 20,09 m |
| Envergure | 13,21 m |
| Poids à vide | 13 381 kg |
| Poids max | 23 814 kg |
| Vitesse max | 1 100 km/h |
| Portée | 1 720 km (illimitée avec ravitaillement) |
| Moteurs | 2 x GE F404-F1D2 |
| Armement | 2 bombes en soute |
| Radar | Aucun |
| Détection | Infrarouge / Laser |
Source : 1945