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Ce voisin de la France fait appel au savoir-faire de l’Hexagone dans la sécurisation de grands événements pour la visite du pape Léon XIV en impliquant le CDAOA

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Monaco sous bulle aérienne de la France pour la visite du pape Léon XIV Le 28 mars 2026, Monaco est devenu l’espace de quelques heures, l’un des espaces aériens les …

Ce voisin de la France fait appel au savoir-faire de l'Hexagone dans la sécurisation de grands événements pour la visite du pape Léon XIV en impliquant le CDAOA

Monaco sous bulle aérienne de la France pour la visite du pape Léon XIV

Le 28 mars 2026, Monaco est devenu l’espace de quelques heures, l’un des espaces aériens les plus surveillés d’Europe pour la visite historique du pape Léon XIV.

Un événement inédit à l’époque contemporaine dans la principauté. Mais derrière les images officielles et les cortèges, une autre réalité s’organise, invisible depuis le sol. Une architecture de défense aérienne complète, pilotée par la France via un dispositif particulier de sûreté aérienne (DPSA) .

Dans un territoire de moins de 2 km², dense, urbanisé, exposé, l’enjeu est simple : ne laisser aucune place à l’imprévu !

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Monaco ne dispose pas de moyens propres de défense aérienne. En cas de menace venue du ciel, la responsabilité repose sur la France, dans le cadre d’accords bilatéraux (notamment ceux du traité du 17 juillet 1918 fixant les rapports de la Principauté avec la France).

Pour cette visite exceptionnelle pour lequel on a compté environ 15 000 personnes, la principauté a donc bénéficié d’un dispositif complet de sûreté aérienne.

Au cœur de ce système, le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes, le CDAOA. C’est lui qui planifie, coordonne et conduit l’ensemble des opérations, en lien avec les autorités monégasques, la direction générale de l’aviation civile et les forces de sécurité intérieure.

Sur place, un poste de commandement est installé. Tous les acteurs y sont réunis. L’objectif est clair : partager l’information en temps réel et réduire au maximum les délais de réaction.

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Une bulle de protection sur moins de 2 km²

Protéger Monaco, sur le papier, cela parait assez simple mais de nombreux éléments viennent modérer cette affirmation.

Le territoire est en effet minuscule, enclavé, entouré de reliefs et d’infrastructures. Le trafic aérien civil est dense à proximité ce qui fait que les marges de manœuvre sont très réduites.

Dans ce contexte, l’armée de l’Air et de l’Espace a mis en place un dispositif particulier de sûreté aérienne. Une sorte de bulle de protection, active en permanence.

Cette bulle reposait sur une surveillance continue de l’espace aérien, combinée à une capacité d’intervention immédiate. Chaque mouvement, chaque signal, chaque anomalie doit être passé au peigne fin et cela en quelques secondes.

Une défense aérienne organisée en couches

Pour répondre à la diversité des menaces, le dispositif a été structuré en plusieurs niveaux pour couvrir l’ensemble du spectre des menaces.

En altitude, un chasseur Rafale a été placé pour assurer une présence dissuasive et une capacité d’intervention rapide. Il état appuyé par un avion E-3F AWACS, véritable centre de commandement volant, capable de détecter et suivre les aéronefs à grande distance et par un A330 MRTT Phénix permettant de maintenir ces moyens en vol sur la durée, grâce au ravitaillement en vol.

Plus bas, les hélicoptères Fennec étaient en relais pour intervenir notamment dans la lutte anti-drones, grâce à des capacités de brouillage permettant de neutraliser des appareils hostiles.

On peut apercevoir l’E-3F AWACS ravitaillé par le A330 MRTT Phénix.
On peut apercevoir l’E-3F AWACS ravitaillé par le A330 MRTT Phénix.

Une chaîne de décision sous tension permanente

Derrière les aéronefs, il y a une mécanique humaine et technique d’une grande précision.

À Lyon-Mont Verdun, le Centre de détection et de contrôle surveillait l’espace aérien en continu avec analyse en temps réel des données par le Centre Air de planification et de conduite des opérations et de la défense aérienne.

Ces informations remontent traditionnellement ensuite vers la Haute autorité de défense aérienne. C’est elle qui détient le pouvoir de décision. En quelques instants, elle peut autoriser l’engagement des moyens, toujours dans le respect du cadre légal et du principe de proportionnalité.

Cette chaîne, invisible pour le public, est essentielle. Elle relie la détection, l’analyse et l’action. Sans elle, les moyens engagés ne seraient que des outils sans coordination.

Au sol, une coordination permanente avec les autorités

Enfin, à Monaco, le poste de commandement local a joué un rôle clé en assurant la liaison entre les opérations aériennes et la situation au sol avec une permanence constituée des forces de sécurité intérieure, de représentants des autorités monégasques et de l’État français.

La lutte anti-drones, en particulier, exige une coordination étroite. Les informations doivent circuler en continu entre le terrain et les centres de commandement.

Chaque décision s’appuie sur une vision globale de la situation, à la fois aérienne et terrestre.

Une machine déjà éprouvée sur d’autres événements majeurs

En 2024, pas moins de 17 dispositifs particuliers de sûreté aérienne (DPSA) ont été activés avec à leur tête le CDAOA, mobilisant près de 600 sorties aériennes.

Derrière ces chiffres, une succession d’événements à très forte visibilité : l’arrivée de la flamme olympique le 8 mai à Marseille, les commémorations du Débarquement les 6 et 7 juin, le tir d’Ariane 6 en Guyane le 9 juillet, ou encore les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, décrits comme le plus vaste dispositif de sûreté aérienne jamais déployé en France, avec 53 jours d’activation, 2 400 aviateurs, 750 heures de vol et près de 400 drones détectés. Même les cérémonies du 80e anniversaire du Débarquement ont donné lieu à plus de 150 sorties et plusieurs interceptions réelles !

L’année 2025 a confirmé cette intensité. Douze DPSA sont été déclenchés pour des événements majeurs comme le défilé du 14 juillet, les commémorations du 11 novembre ou encore des sommets internationaux, avec en parallèle 1 373 sorties dédiées à la posture permanente de sûreté aérienne. À cela s’ajoute une activité de fond impressionnante : plus de 3 500 événements traités par les centres de coordination en 2025, des missions d’assistance humanitaire comme les ponts aériens vers Gaza, ou encore des déploiements opérationnels en Europe de l’Est.

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Un savoir-faire discret mais décisif

La visite du pape Léon XIV à Monaco a donc illustré une fois de plus la capacité de la France à déployer, en quelques jours, une défense aérienne complète, intégrée et parfaitement coordonnée.

Elle montre aussi le rôle central du CDAOA, capable de connecter des moyens très différents, de les faire travailler ensemble et de réagir en temps réel dans un environnement contraint.

Ce savoir-faire, comme on l’a vu, a déjà été sollicitée à de nombreuses reprises et le sera de nouveau prochainement avec les prochains grands événements internationaux, comme le sommet du G7.

Derrière chaque visite officielle, chaque rassemblement majeur, il y a cette même exigence : voir sans être vu, agir sans être perçu, protéger sans jamais relâcher la vigilance.

Sources :

  • Ministère des Armées, Rétrospective 2024 du CDAOA (2024),
    https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/air/R%C3%A9trospective_2024_CDAOA_HD_compressed.pdf
    document institutionnel présentant les activités du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) en 2024.
  • Ministère des Armées, Visite du pape Léon XIV à Monaco : protection airs conduite du CDAOA (date non précisée),
    https://www.defense.gouv.fr/operations/actualites/visite-du-pape-leon-xiv-monaco-protection-airs-conduite-du-cdaoa
    article décrivant la mise en place d’un dispositif de sûreté aérienne par le CDAOA à l’occasion de la visite du pape à Monaco, détaillant les moyens mobilisés et les enjeux de protection de l’espace aérien.
  • Gouvernement de Monaco, Traité du 17 juillet 1918 entre la France et Monaco (17 juillet 1918),
    https://legimonaco.mc/tai/traite/1918/07-17-tai1l000010/
    texte officiel encadrant les relations entre la France et Monaco, notamment en matière de défense et de politique étrangère, définissant le cadre juridique de la coopération entre les deux États.
  • RTL, Des abîmes entre pauvres et riches : les images de la visite historique du pape Léon XIV à Monaco (date non précisée),
    https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/des-abimes-entre-pauvres-et-riches-les-images-de-la-visite-historique-du-pape-leon-xiv-a-monaco-7900617779
    article relatant la visite du pape à Monaco, mettant en lumière les aspects sociaux et symboliques de l’événement ainsi que les images marquantes de ce déplacement historique.

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