Dans l’ombre de l’Indo‑Pacifique, un nouveau vecteur de puissance pointe son nez : le DF‑27, missile balistique à véhicule planant hypersonique, menace désormais directement les capacités maritimes américaines de projection.
Sans fanfare, Pékin a multiplié les essais et avancé ses programmes balistiques. Le DF‑27, dont la portée est estimée entre 5 000 km et 8 000 km, pourrait être opérationnel bien avant que les États‑Unis ne puissent réagir efficacement. Le pari stratégique se joue aujourd’hui au large.
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Une menace d’un nouveau genre
La Chine dispose désormais d’un missile qualifié « anti‑porte‑avions », le DF‑27, capable de viser des groupes aéronavals à grande distance depuis le sol continental. Ce vecteur à véhicule planant hypersonique (HGV) permettrait à la Chine de viser des cibles mobiles en mer, comme un bâtiment américain, sans nécessiter un affrontement aérien classique. Certains rapports évoquent une portée de 5 000 à 8 000 km. Cette arme complexifie les défenses maritimes américaines et remet en cause le cône de sécurité entourant leurs unités navales.
Une capacité anti‑navire redoutable
Selon des sources ouvertes, le DF‑27 est conçu pour transporter soit une charge nucléaire soit une charge conventionnelle avec capacité de guidage terminal, ce qui lui confère un potentiel « tueur de flotte ». Grâce à son HGV, il peut changer de trajectoire à grande vitesse, ce qui complique largement son interception. Cette faculté pose une menace directe aux groupes américains basés à Guam ou Hawaii, et aux porte‑avions opérant dans la région indo‑pacifique.
Comparatif des capacités balistiques chinoises
| Missile | Portée estimée | Fonction principale | Statut |
| DF‑26 | ≥ 5 000 km | strike bases, navires | Opérationnel |
| DF‑27 | 5 000 – 8 000 km | HGV anti‑navire & bases | En développement / émergent |
| DF‑21D | ~1 450 km | anti‑porte‑avions de zone | Déploiement en cours |
Ce tableau met en lumière l’évolution rapide des capacités chinoises, avec un saut notable vers l’inter‑océanique via le DF‑27.

Pourquoi cela change la donne ?
Le cœur de l’avantage américain résidait dans la capacité de déploiement libre des groupes aéronavals dans l’Indo‑Pacifique. Avec le DF‑27, la Chine pourrait s’imposer une zone d’interdiction avancée (A2/AD) beaucoup plus étendue. Le missile permettrait de frapper depuis la Chine continentale des zones que l’Amérique croyait jusque‑là sécurisées. Cette réalité remet en cause les doctrines navales et l’organisation des forces américaines.
Les défis techniques restent présents
Même si la menace est réelle, plusieurs inconnues persistent : le réel taux de fiabilité, la précision en conditions de combat, la capacité de l’APL à cibler des unités navales en mouvement dans un environnement hautement défendu. Un autre frein reste la dépendance aux satellites et drones pour la détection et le guidage, un maillon potentiellement vulnérable en cas de guerre électronique ou de perturbation.

Une accélération stratégique chinoise
La Chine multiplie les tests hypersoniques et s’impose comme un acteur lourd dans ce domaine. Les États‑Unis l’ont reconnu : Pékin a effectué « des centaines » de tirs hypersoniques tandis que l’Amérique en avait seulement quelques‑uns. Cette dynamique traduit une orientation stratégique claire : affaiblir la capacité américaine de projection maritime avant tout affrontement régional.
Implications pour les alliés et la doctrine américaine
Pour Washington, cette réalité impose une révision profonde de sa posture : disperser ses forces, améliorer la détection des HGV, accroître la mobilité de ses groupes navals, et accélérer le développement de missiles et de défenses antimissiles. Pour les alliés (Japon, Australie, Philippines), cela signifie aussi une dépendance accrue à la dissuasion américaine, mais dans un contexte où la Chine étend son influence. Le jeu devient global : zone de réponse renforcée, chaîne logistique élargie, coopération régionale intensifiée.
Source : Military Watch Magazine