La marine américaine vient de dévoiler une arme qui repousse les limites du combat aérien.
Avec une portée annoncée de plus de 463 kilomètres, ce nouveau missile permet de détruire un appareil ennemi bien avant qu’il ne puisse seulement apercevoir son agresseur. Baptisé Malice, ce missile air-air développé par Raytheon a été révélé le 22 août 2026. Il équipera les chasseurs embarqués américains, du Super Hornet au F-35C en passant par le futur avion de combat de la marine. Une arme qui pourrait transformer la manière dont les porte-avions se protègent des attaques.
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Une portée qui change les règles du jeu
Le chiffre a de quoi surprendre. Avec plus de 463 kilomètres annoncés, ce missile place le combat aérien dans une dimension totalement inédite. Pour donner une idée, cela revient à tirer depuis Paris et toucher un avion survolant Lyon. Les armes classiques utilisées jusqu’ici par les chasseurs occidentaux plafonnent bien en dessous. Cette allonge exceptionnelle ressuscite en réalité une capacité que la marine américaine avait perdue depuis le retrait du légendaire F-14 Tomcat et de ses missiles Phoenix. L’idée tient en une formule : voir en premier, tirer en premier, détruire en premier.
Un poids lourd assumé
Cette portée a un prix, et il se mesure en kilos. Voici ce que l’on sait de l’engin :
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Longueur | 4,11 mètres |
| Diamètre | 34 centimètres |
| Envergure | 67 centimètres |
| Masse | Environ 680 kg |
| Charge militaire | À fragmentation |
| Propulsion | Moteur-fusée à propergol solide |
| Portée annoncée | Plus de 463 km |
Avec ses 680 kilos, ce missile pèse environ trois fois plus qu’un missile air-air classique. Ce surpoids n’est pas un défaut mais un choix assumé : il libère de la place pour davantage de carburant, une électronique plus sophistiquée et une charge explosive plus généreuse.
Le tour de force : il rentre dans le F-35
C’est peut-être le détail le plus impressionnant du programme. Malgré sa taille, ce missile peut être logé à l’intérieur de la soute du F-35C. Une image officielle diffusée début août montre l’engin installé dans le ventre de l’appareil, aux côtés d’un missile plus classique. Pourquoi est-ce si important ? Parce qu’accrocher des armes sous les ailes fait exploser la signature radar d’un avion furtif, annulant son principal atout. En emportant cette arme en interne, le F-35C conserve sa discrétion tout en disposant d’une allonge redoutable.

Une arme pour toute la flotte, pas seulement pour le F-35
La marine américaine n’a pas conçu ce missile pour un seul appareil. Des photos de tests montrent un Super Hornet transportant quatre exemplaires simultanément, en l’occurrence des versions d’entraînement captives reconnaissables à leurs bandes bleues. Cette compatibilité tous azimuts ouvre une tactique redoutable : un F-35C avancé, discret et bourré de capteurs, repère et désigne la cible, tandis qu’un Super Hornet resté en retrait déclenche le tir grâce à sa plus grande capacité d’emport. Cette répartition des rôles évite d’exposer tous les appareils au même niveau de danger. Chacun apporte ce qu’il fait de mieux.
Un frère plus costaud déjà en service
Ce missile ne débarque pas dans un désert. La marine américaine dispose déjà d’une autre arme longue portée, dérivée d’un missile antiaérien de navire et pesant plus de 850 kilos. Sauf que celle-là ne rentre dans aucune soute et doit être accrochée sous les ailes. Les deux armes vont donc cohabiter, chacune avec son rôle. La plus lourde offre une allonge maximale depuis des appareils non furtifs, tandis que Malice combine longue portée, compatibilité étendue et emport discret. Une défense en couches, en somme.

Tirer loin ne suffit pas, encore faut-il voir
Voilà la limite que personne ne peut ignorer. À une telle distance, l’avion qui tire ne peut pas détecter sa cible tout seul. Aucun radar de chasseur ne porte à 463 kilomètres. Le missile dépend donc entièrement d’un réseau de capteurs : avions de guet aérien, navires de guerre, satellites, autres appareils. C’est tout un écosystème qui doit fonctionner en parfaite synchronisation pour guider l’arme jusqu’à sa proie. Sans cette toile numérique, la portée théorique ne sert strictement à rien. La performance du missile est donc indissociable de la qualité du réseau qui l’accompagne.
Beaucoup de zones d’ombre subsistent
La marine reste discrète sur l’essentiel. Aucune information n’a filtré sur le système de guidage, l’autodirecteur, la liaison de données ou le détail exact de la propulsion. Certains analystes vont plus loin et invitent à la prudence sur les données publiées : dans ce domaine, les chiffres officiels sont parfois volontairement faussés pour tromper l’adversaire, et la portée annoncée fait partie des paramètres les plus susceptibles d’être maquillés. On ignore par ailleurs totalement les quantités produites, le coût unitaire et le calendrier de mise en service. Ces éléments comptent énormément : disposer d’une arme exceptionnelle en petit nombre oblige à la réserver aux cibles les plus précieuses.
Sources :
- U.S. Navy, fiche officielle du missile AIM-424, révélation du 22 août 2026
- Tailhook Symposium, Reno (Nevada)
- Army Recognition, analyse d’Alain Servaes
