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Ce drone des États-Unis marque un tournant dans l’industrie militaire : il peut surgir d’un conteneur, frapper et revenir sans se faire repérer

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Said LARIBI

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Grâce à une double capacité de décollage, le drone XQ-58 Valkyrie du Corps des Marines US devient une arme quasi impossible à stopper. Décollage par fusée, atterrissage classique, il conjugue …

Ce drone des États-Unis marque un tournant stratégique : il peut surgir d’un conteneur, frapper et revenir sans se faire repérer

Grâce à une double capacité de décollage, le drone XQ-58 Valkyrie du Corps des Marines US devient une arme quasi impossible à stopper. Décollage par fusée, atterrissage classique, il conjugue furtivité, autonomie et efficacité tactique, de quoi rebattre les cartes en cas de conflit majeur.

Les États-Unis viennent de confirmer un changement radical dans la manière de déployer leurs drones de combat. Le XQ-58 Valkyrie, un drone furtif initialement conçu pour se passer de piste, entre dans une nouvelle ère hybride. Capable désormais de décoller grâce à des fusées tout en atterrissant sur une piste classique, il promet une flexibilité inédite pour les Marines. L’enjeu est clair : pouvoir frapper depuis n’importe où, sans prévenir, et revenir à la base comme un avion normal.

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Une architecture hybride pour une guerre moderne

Le XQ-58 combine désormais deux systèmes : un lancement sans piste assisté par fusée et un atterrissage conventionnel sur piste grâce à un train d’atterrissage escamotable. Ce choix technologique, confirmé début 2026, offre un avantage stratégique inédit. Déployable depuis des containers ou des îles isolées, ce drone pourra ensuite opérer depuis des pistes classiques, avec des taux de rotation bien plus élevés qu’un système parachuté.

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Une réponse à la doctrine chinoise

Face aux capacités de déni d’accès développées par la Chine en mer de Chine ou dans le Pacifique, l’USMC adopte une solution résiliente et mobile. Le drone peut être tiré depuis une base mobile ou improvisée, voler au cœur de la zone ennemie, puis revenir atterrir sur une piste secondaire ou un aérodrome ami. Cette souplesse tactique correspond parfaitement au concept de Stand-in Force des Marines.

Des performances revues à la hausse

Même si l’ajout d’un train d’atterrissage réduit légèrement le volume interne disponible, les ingénieurs de Kratos ont compensé cette perte par une meilleure gestion des charges externes. Le drone garde donc ses capacités offensives tout en gagnant en autonomie opérationnelle. Le lancement fusé sans catapulte reste disponible, tout comme le décollage depuis piste via un chariot spécialisé.

Une illustration précédemment publiée de la version CTOL du XQ-58 équipée d'un train d'atterrissage. (Source : Kratos)
Une illustration précédemment publiée de la version CTOL du XQ-58 équipée d’un train d’atterrissage. (Source : Kratos)

Une logistique simplifiée sur le terrain

Un drone qui peut décoller sans infrastructure lourde, mais qui peut aussi revenir comme un avion classique ? Cela change tout pour la maintenance. Les versions sans train d’atterrissage nécessitaient une récupération par parachute, lente et risquée. Désormais, un Valkyrie peut être réarmé et relancé bien plus rapidement, augmentant la cadence des missions et réduisant les délais entre deux frappes.

Un missile XQ-58 est lancé à l'aide d'une fusée. USAF/Sous-lieutenant Rebecca Abordo
Un missile XQ-58 est lancé à l’aide d’une fusée. USAF/Sous-lieutenant Rebecca Abordo

Une conception modulaire pour s’adapter à tout

Le XQ-58 repose sur une architecture ouverte qui facilite l’intégration de nouvelles capacités : guerre électronique, reconnaissance, frappes air-sol… Avec cette version CTOL (Conventional Take-Off and Landing), les Marines disposent d’une plateforme unique capable de remplir plusieurs rôles. Le système est aussi conçu pour être interopérable avec les systèmes de l’US Navy ou de l’US Air Force.

Une production en série imminente

Kratos vise un premier vol d’essai dès 2026. Le calendrier est serré, mais les besoins opérationnels sont pressants. Les premiers exemplaires devraient être livrés avant la fin de l’année. À terme, ce drone pourrait même être proposé à des alliés stratégiques comme l’Allemagne, qui développe sa propre version avec Airbus.

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Une menace prise très au sérieux par Moscou

La Russie surveille de près ce genre de développement. Le fait que les États-Unis puissent désormais projeter de la puissance sans dépendre d’aérodromes fixes change les paramètres de dissuasion dans les zones frontalières comme la mer Noire ou le Grand Nord. L’apparition de drones difficilement détectables, rapides à déployer et non contraints par la logistique traditionnelle crée un déséquilibre que le Kremlin ne peut ignorer.

Source : TWZ

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