La DGA vient de commander douze drones de surface et sous-marins supplémentaires, ainsi que des navires porteurs, pour protéger les côtes françaises des mines navales.
Une nouvelle étape du programme SLAM-F, qui place la France parmi les rares nations capables de détecter et neutraliser cette menace invisible et redoutable. Une mine navale ne fait pas de bruit, ne se voit pas, et peut couler un navire en une fraction de seconde. Pour affronter ce danger silencieux, la France mise sur des robots. L’humain s’efface, la machine prend les risques.
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Une commande pour renforcer les côtes françaises
L’agence française de l’armement a franchi une nouvelle étape le 21 juillet 2026. Elle a commandé une douzaine de drones de surface et sous-marins supplémentaires, en plus de l’affrètement de navires chargés de les transporter. Leur mission ? Protéger les approches maritimes de la métropole, c’est-à-dire les zones côtières stratégiques par lesquelles transite l’essentiel du trafic maritime français. Cette décision s’inscrit dans un vaste programme baptisé SLAM-F, dédié à la lutte contre les mines navales. Elle marque surtout une véritable montée en puissance de la marine nationale sur une capacité jugée absolument prioritaire pour la défense du pays.
La menace silencieuse des mines navales
Pourquoi un tel investissement aujourd’hui ? Parce que la menace des mines navales n’a rien de théorique. L’actualité géopolitique rappelle en permanence leur dangerosité. Ces engins explosifs, mouillés discrètement sous la surface, peuvent bloquer un port entier ou envoyer un navire par le fond. Or la France a un impératif vital, garantir la liberté de navigation sur ses côtes et au large. Ses forces navales doivent pouvoir se déplacer sans entrave, et ses intérêts économiques rester protégés. Face à ce risque, le ministère a donc choisi de renforcer nettement ses moyens de guerre des mines et d’intervention sous l’eau, un domaine longtemps négligé mais redevenu crucial.

Des robots plutôt que des marins exposés
En quoi cette approche est-elle révolutionnaire ? Elle change radicalement la façon de chasser les mines. Autrefois, il fallait envoyer des navires habités et des plongeurs démineurs au contact direct de ces engins mortels. Un travail d’une extrême dangerosité. Désormais, ce sont des drones qui s’en chargent. Ces engins sans équipage, de surface ou sous-marins, vont détecter puis neutraliser les mines à la place des humains. L’avantage saute aux yeux. En cas d’explosion accidentelle, aucune vie n’est perdue, seule la machine est sacrifiée. Cette robotisation permet d’opérer dans des zones bien trop risquées pour un équipage, tout en gardant les marins à distance de sécurité.
La France dans un club très fermé
Que représente ce savoir-faire à l’échelle mondiale ? Une expertise rare et précieuse. Détecter puis neutraliser une mine navale relève d’une technologie de pointe que peu de pays maîtrisent réellement. Grâce à sa marine, à son industrie et à son savoir-faire, la France fait partie de ce cercle très restreint de nations expertes en la matière. C’est un atout stratégique considérable, à l’heure où les fonds marins deviennent un terrain d’affrontement à part entière. Ce programme témoigne d’un véritable leadership français, à la fois opérationnel et technologique. Une position enviable, que le pays entend bien conserver en continuant d’investir dans ces capacités d’avenir.

Des alliances pour aller plus loin
La France mène-t-elle ce projet seule ? Non, et c’est une force. Le programme s’appuie sur deux coopérations internationales bien ciblées. Voici comment se répartissent ces partenariats :
| Partenaire | Domaine de coopération |
| Royaume-Uni | Développement des drones |
| Belgique et Pays-Bas | Navires porteurs de drones |
Ces collaborations avec des voisins européens sont un choix judicieux. Elles permettent de partager les coûts et les technologies, tout en renforçant l’autonomie stratégique du continent. Autre bénéfice majeur, elles développent l’interopérabilité, c’est-à-dire la capacité des différentes marines à travailler ensemble efficacement. Une valeur précieuse en cas d’opération commune, où chaque pays doit pouvoir compter sur les moyens des autres sans le moindre accroc technique.
De nouveaux navires taillés pour la mission
Comment ces drones seront-ils déployés sur le terrain ? Grâce à des navires spécialement conçus pour eux. Le programme prévoit en effet de nouveaux bâtiments de deux types. D’abord des navires bases de plongeurs démineurs, pensés pour appuyer les équipes spécialisées. Ensuite des bâtiments de guerre des mines porteurs de drones, capables de transporter et de mettre en œuvre toute cette flotte robotisée. Ces plateformes changent la donne. Elles offrent à la France la possibilité de projeter cette capacité loin de ses côtes, et sur de longues durées. De quoi intervenir partout où les intérêts du pays l’exigent, bien au-delà des seules eaux territoriales métropolitaines.
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Une capacité stratégique pour l’avenir
Que faut-il retenir de cette annonce ? Qu’elle assure la continuité d’une capacité vitale. L’un des enjeux majeurs était d’éviter toute rupture, c’est-à-dire une période où la marine se retrouverait sans moyens suffisants pour chasser les mines. Cette commande garantit justement une transition en douceur vers ces nouveaux équipements. Elle illustre la volonté française de rester à la pointe dans un domaine discret mais fondamental. Car sans liberté de navigation, c’est toute l’économie d’un pays maritime comme la France qui se retrouve menacée. En misant sur ces drones, la marine se prépare aux conflits de demain, où la maîtrise des fonds marins pèsera de plus en plus lourd.
Source contenu et image à la une : Ministère des Armées et des Anciens combattants, communiqué de la Direction générale de l’armement (04 août 2026)
