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La Chine pourra embarquer 105 appareils sur son nouveau porte-avions atomique de 120 000 tonnes contre « seulement » 75 sur l’USS Gerald R.Ford

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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Une montée en puissance fulgurante en moins de 15 ans pour la Marine de l’Armée populaire de libération. Si certains en doutent encore, il est bon de rappeler qu’un porte-avions …

La Chine pourra embarquer 105 appareils sur son nouveau porte-avions atomiques de 120 000 tonnes contre « seulement » 75 sur l'USS Gerald R.Ford

Une montée en puissance fulgurante en moins de 15 ans pour la Marine de l’Armée populaire de libération.

Si certains en doutent encore, il est bon de rappeler qu’un porte-avions est encore en 2026 une pièce maîtresse de l’échiquier mondial. Demandez aux Américains qui surexploitent actuellement le plus grand porte-avions du monde l’USS Gerald R.Ford dans leur confrontation avec l’Iran !

En la matière, la Chine entend bien non seulement ne pas se laisser distancer par l’US Navy mais même la dépasser avec un nouveau porte-avions monstrueux en préparation : le Type 004 !

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En 2012, la Chine ne possédait aucun porte-avions opérationnel moderne. En 2026, elle en aligne déjà trois :

  • Liaoning : un ancien navire soviétique recyclé, utilisé comme banc d’essai
  • Shandong : premier porte-avions construit localement
  • Fujian : saut technologique avec catapultes électromagnétiques

Trois générations en un peu plus d’une décennie.
À titre de comparaison, les États-Unis perfectionnent ce type de navires depuis plus de 70 ans !

Le quatrième, le Type 004, devrait permettre à la marine de l’Armée populaire de libération (MAPL) de changer encore d’échelle puisque, outre son poids colossal, il devrait être le premier porte-avions atomique produit par la Chine.

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Un géant conçu pour dépasser le rival américain

Le futur porte-avions chinois pourrait ainsi atteindre 110 000 à 120 000 tonnes, 10 à 20 000 tonnes de plus que la classe Gerald R. Ford, pourtant la plus grande du monde actuellement.

Cet écart peut sembler marginal. Il ne l’est pas.

Plus de volume signifie :

  • davantage de carburant
  • plus de munitions
  • plus d’avions embarqués
  • une endurance opérationnelle supérieure

Le Type 004 pourrait embarquer jusqu’à 100 à 105 appareils, contre environ 75 pour un porte-avions américain de classe USS Gerald R.Ford (même si cette dernière peut théoriquement atteindre une capacité de pont maximale d’environ 80 à 90 avions pour certaines missions).

Autrement dit, une base aérienne flottante plus dense… et potentiellement plus persistante.

Le Fujian et ses 80 000 tonnes était déjà le plus gros porte-avions non-nucléaire du monde mais la Chine voit encore plus grand avec le futur Type 004.
Le Fujian et ses 80 000 tonnes était déjà le plus gros porte-avions non-nucléaire du monde mais la Chine voit encore plus grand avec le futur Type 004.

Une aviation embarquée pensée pour saturer le ciel

Le véritable cœur du système, ce sont les avions.

La Chine prévoit un groupe aérien structuré autour de :

  • chasseurs furtifs J-35
  • avions embarqués J-15T
  • avions radar KJ-600

Ajoutez à cela des catapultes électromagnétiques, capables de lancer des appareils plus lourds, plus rapidement, avec moins de contraintes mécaniques, ce qui permet une capacité de projection aérienne continue, avec des rythmes de sortie pouvant théoriquement dépasser 150 missions par jour.

Le nucléaire, la vraie rupture

Jusqu’ici, tous les porte-avions chinois étaient limités par leur propulsion conventionnelle, ce qui impose des ravitaillements réguliers avec une logistique importante et, in fine, une autonomie réduite.

Le passage au nucléaire change tout.

Un porte-avions nucléaire peut rester en mer pendant des mois, sans contrainte de carburant. Il peut maintenir une vitesse élevée sur de longues durées et soutenir des opérations loin de ses bases.

C’est précisément ce qui fait la force des groupes aéronavals américains.

En adoptant cette technologie, la Chine supprimera l’un de ses principaux points faibles et passera d’une marine régionale à une marine capable d’opérer à l’échelle mondiale.

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Une flotte plus nombreuse… mais encore moins puissante en volume

En volume, la Chine est DEJA la première puissance navale de la planète avec environ 350 à 370 navires de guerre, contre 290 à 300 pour les États-Unis, mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien le pays de l’Oncle Sam qui domine encore et assez largement les océans.

Voici ce que donne la comparaison :

Comparatif des flottes chinoise et américaine en 2026
Indicateur Chine — MAPL États-Unis — US Navy
Navires de guerre au total Environ 350 à 370 navires, soit la flotte la plus nombreuse au monde. Environ 290 à 300 navires de combat actifs.
Tonnage de surface combattante
hors sous-marins
Environ 2,0 à 2,1 millions de tonnes. Environ 3,6 millions de tonnes.
Porte-avions en service 3 : Liaoning Type 001, Shandong Type 002, Fujian Type 003. 11 : 10 porte-avions de classe Nimitz et 1 de classe Gerald R. Ford.
Tonnage moyen des porte-avions Liaoning / Shandong : environ 60 000 à 67 000 tonnes.
Fujian : environ 80 000 tonnes.
Environ 100 000 à 104 000 tonnes pour les classes Nimitz et Ford.
Propulsion des porte-avions Liaoning et Shandong : propulsion conventionnelle et tremplin ski-jump.
Fujian : propulsion conventionnelle avec catapultes électromagnétiques.
Tous les porte-avions américains sont à propulsion nucléaire.
Porte-avions / porte-aéronefs en projet Type 004 estimé entre 110 000 et 120 000 tonnes, avec EMALS et propulsion nucléaire envisagée.
Objectif possible : 4 à 5 porte-avions vers 2030.
Maintien d’une flotte autour de 11 porte-avions, avec montée en puissance progressive de la classe Ford.
Des études évoquent un format à 12 porte-avions à plus long terme.
Porte-aéronefs / amphibies 2 bâtiments amphibies de classe Type 075, autour de 35 000 à 40 000 tonnes.
Le J-35 est parfois évoqué à terme selon les évolutions de l’aviation embarquée chinoise.
9 bâtiments de projection amphibie des classes America et Wasp.
Certains peuvent opérer des F-35B.
Destroyers / croiseurs Environ 30 à 35 destroyers modernes.
Dont 8 à 12 Type 055, souvent décrits comme des destroyers-croiseurs d’environ 13 000 tonnes.
Plus de 70 destroyers Arleigh Burke.
Environ 22 croiseurs Ticonderoga.
Sous-marins de combat Environ 60 à 65 sous-marins de combat.
Dont plusieurs sous-marins nucléaires d’attaque modernes.
Environ 50 à 55 sous-marins nucléaires d’attaque.
Auxquels s’ajoutent les SSGN dérivés de la classe Ohio.
Plan de flotte vers 2030 Objectif estimé autour de 425 à 435 navires de guerre.
Croissance attendue des porte-avions, destroyers et sous-marins.
Objectif estimé autour de 360 à 390 navires.
Priorité donnée à la modernisation, l’autonomie, la propulsion nucléaire et la présence globale via les alliances.

Les États-Unis restent en effet largement en tête en capacité de projection globale. Leur flotte est moins nombreuse, mais beaucoup plus lourde.

Une stratégie claire : combler l’écart puis inverser la tendance

Le Type 004 ne doit pas être vu isolément.

Il s’inscrit dans une trajectoire beaucoup plus large.
Selon les projections américaines, la Chine pourrait viser jusqu’à 9 porte-avions d’ici 2035.

Dans le même temps :

  • les destroyers Type 055 se multiplient
  • les sous-marins se modernisent
  • les systèmes anti-accès (missiles antinavires longue portée) se densifient

On assiste à la construction d’un système complet. Pas seulement d’un navire.

L’objectif est désormais d’être capable de contester, voire de bloquer, la présence américaine dans des zones clés comme l’Indo-Pacifique.

Sources :

  • Global Military, Comparison of navies: China vs United States (consulté en 2026),
    https://www.globalmilitary.net/compare/navies/chn-vs-usa/
    outil comparatif présentant les capacités navales de la Chine et des États-Unis, incluant le nombre de bâtiments, les tonnages, les aéronefs embarqués et les budgets, afin d’évaluer l’équilibre de puissance maritime.
  • Army Recognition, China developing fourth nuclear aircraft carrier to surpass U.S. Ford-class air power (24 avril 2026),
    https://www.armyrecognition.com/news/navy-news/2026/china-developing-fourth-nuclear-aircraft-carrier-to-surpass-u-s-ford-class-air-power
    article analysant le développement par la Chine d’un quatrième porte-avions à propulsion nucléaire, avec un focus sur les ambitions technologiques et la rivalité avec les États-Unis.
  • Sohu, Article sur le développement des porte-avions chinois (06 mars 2024),
    https://www.sohu.com/a/762214262_121452400
    article en langue chinoise détaillant les avancées et les ambitions de la Chine dans le domaine des porte-avions, avec des éléments sur les capacités futures et les enjeux stratégiques.

Image de mise en avant : Le porte-avions Fujian.

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