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La Corée du Sud envoie son meilleur sous-marin à 14 000 km jusqu’à Guam pour décrocher le contrat de 12 sous-marins canadiens face à l’Allemagne

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Said LARIBI

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La Corée du Sud envoie son sous-marin le plus avancé jusqu’à Guam avant le Canada, démonstration de puissance discrète destinée à peser dans le futur contrat stratégique d’Ottawa. Le message …

La Corée du Sud envoie son meilleur sous-marin à 14 000 km jusqu'à Guam pour décrocher le contrat de 12 sous-marins canadiens face à l'Allemagne

La Corée du Sud envoie son sous-marin le plus avancé jusqu’à Guam avant le Canada, démonstration de puissance discrète destinée à peser dans le futur contrat stratégique d’Ottawa.

Le message est limpide : Séoul ne vend pas un simple navire, mais une capacité océanique complète. En parcourant 14 000 km depuis Jinhae jusqu’au Pacifique central, le KSS-III met en scène son endurance, sa fiabilité et son intégration avec les forces américaines. Derrière cette traversée, c’est une bataille industrielle et stratégique qui se joue.

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Une traversée pensée comme démonstration stratégique

Le ROKS Dosan An Chang-ho, sous-marin de la classe KSS-III, a quitté la base navale de Jinhae pour rejoindre Guam avant de poursuivre vers le Canada. Cette mission de longue distance, sur 14 000 km, n’est pas un simple déplacement logistique. Elle vise à prouver l’endurance océanique et la crédibilité opérationnelle du programme sud-coréen face aux attentes canadiennes.

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Un bâtiment de 3 000 tonnes calibré pour l’océan

Avec un déplacement d’environ 3 000 tonnes, une longueur de 83,5 mètres et un équipage de 50 marins, le KSS-III appartient à la catégorie des sous-marins conventionnels à haute capacité. Son autonomie atteint environ 10 000 milles nautiques, soit près de 18 520 km. Sa vitesse maximale en plongée avoisine 20 nœuds, environ 37 km/h. Ces données renforcent la projection lointaine, la présence sous-marine et la résilience en mission prolongée.

Une propulsion indépendante de l’air décisive

Le système AIP, propulsion indépendante de l’air, permet au bâtiment de rester immergé bien plus longtemps qu’un sous-marin diesel classique. Cela réduit la fréquence de remontée en surface et augmente la discrétion. Cette architecture améliore la furtivité acoustique, la capacité de dissuasion et la survivabilité en zone contestée, des critères centraux pour les missions arctiques envisagées par Ottawa.

Ce voyage de 14 000 km, reliant Jinhae à Victoria, coïncide avec la phase finale de la décision du Canada d’acquérir jusqu’à 12 sous-marins, plaçant ainsi ce déploiement au carrefour de l’évaluation des capacités navales et du positionnement industriel stratégique. (Source : Marine sud-coréenne)
Ce voyage de 14 000 km, reliant Jinhae à Victoria, coïncide avec la phase finale de la décision du Canada d’acquérir jusqu’à 12 sous-marins, plaçant ainsi ce déploiement au carrefour de l’évaluation des capacités navales et du positionnement industriel stratégique. (Source : Marine sud-coréenne)

Une puissance de feu inhabituelle pour un sous-marin conventionnel

Le KSS-III combine tubes lance-torpilles de 533 mm et six cellules de lancement vertical. Il peut déployer des torpilles lourdes Tiger Shark, capables d’atteindre environ 50 km à plus de 55 nœuds, soit près de 102 km/h. Cette combinaison offre une polyvalence offensive, une frappe navale précise et un potentiel de dissuasion élargi, rare pour un sous-marin non nucléaire.

Une capacité balistique qui change la donne

En 2021, la Corée du Sud a testé avec succès un missile balistique lancé depuis un sous-marin de cette famille. Elle est ainsi devenue le premier État non doté de l’arme nucléaire à démontrer une telle capacité sur plateforme conventionnelle. Cette évolution renforce la dissuasion régionale, la crédibilité stratégique et la profondeur du programme national sud-coréen.

Le Canada, cible directe de la démonstration

Ottawa envisage l’acquisition de jusqu’à 12 sous-marins dans le cadre du Canadian Patrol Submarine Project, avec une première livraison attendue au milieu des années 2030 pour remplacer la classe Victoria. Les critères incluent endurance, furtivité et capacité à opérer dans l’Arctique. La Corée du Sud, face à l’allemand TKMS, met en avant sa capacité industrielle active, son calendrier crédible et sa coopération technologique.

Guam, pivot de l’alliance américano-coréenne

L’escale à Guam n’est pas anodine. L’île constitue un hub stratégique pour les forces américaines dans le Pacifique. En intégrant cette base à son transit, Séoul montre sa connectivité alliée, son interopérabilité navale et sa place croissante dans l’architecture de sécurité régionale. Ce passage souligne également l’alignement entre Washington et Séoul sur les enjeux de dissuasion en Indo-Pacifique.

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Une démonstration industrielle autant que militaire

Au-delà de la performance technique, cette mission teste la fiabilité logistique, la maintenance à distance et la gestion d’équipage sur longue durée. Pour un client potentiel, ces éléments comptent davantage qu’une fiche technique. La traversée prouve la maturité industrielle, la solidité des chaînes d’approvisionnement et la cohérence d’un système complet.

Comparatif synthétique des capacités clés

Élément Donnée estimée
Déplacement 3 000 tonnes
Longueur 83,5 m
Autonomie 18 520 km
Vitesse en plongée 37 km/h
Portée torpille 50 km
Équipage 50 marins

Cette mission vers le Canada dépasse la simple vitrine diplomatique. Elle positionne la Corée du Sud comme acteur majeur du marché mondial des sous-marins conventionnels. En démontrant endurance, capacité de frappe et intégration alliée, Séoul transforme une traversée océanique en argument stratégique.

Source : Marine militaire de Corée du Sud

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