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Le Japon déploie le missile Type 25 avec 1 000 km de portée sur les bases de Kumamoto et Shizuoka, Pékin et Pyongyang entrent dans le rayon de frappe

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Said LARIBI

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Tokyo vient d’activer une capacité de frappe longue portée qui redéfinit l’équilibre militaire en Asie de l’Est. Le Japon ne se contente plus de défendre ses côtes. Il déploie désormais …

Le Japon déploie le missile Type 25 avec 1 000 km de portée sur les bases de Kumamoto et Shizuoka, Pékin et Pyongyang entrent dans le rayon de frappe

Tokyo vient d’activer une capacité de frappe longue portée qui redéfinit l’équilibre militaire en Asie de l’Est.

Le Japon ne se contente plus de défendre ses côtes. Il déploie désormais des missiles capables de frapper loin, très loin et u-delà de 1 000 km, la posture change radicalement. Le message envoyé à Pékin comme à Pyongyang est limpide.

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Une rupture assumée dans la posture militaire

Le Japon a officiellement commencé le déploiement de ses nouveaux missiles longue portée désignés Type 25, marquant une évolution majeure de sa doctrine. Longtemps cantonnée à une défense strictement réactive, Tokyo met en place une capacité dite de contre-frappe permettant d’engager des cibles adverses avant qu’elles ne menacent directement son territoire. Cette transformation stratégique traduit une adaptation à un environnement régional jugé de plus en plus instable.

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Du Type 12 au Type 25, un bond capacitaire

Le précédent missile Type 12 offrait une portée d’environ 200 km. La nouvelle version, désormais rebaptisée Type 25 Surface-to-Ship Missile, dépasse les 1 000 km. Ce passage de 200 à plus de 1 000 km modifie profondément la géographie militaire japonaise. Désormais, une large partie de la mer de Chine orientale entre dans le rayon d’action des forces terrestres japonaises. On parle ici de frappe de précision, de projection de puissance et de dissuasion crédible.

Une architecture technique modernisée

Le missile Type 25 bénéficie d’une cellule redessinée avec une signature radar réduite. Il utilise un moteur turbofan compact lui permettant un vol prolongé à basse altitude pour limiter sa détection. Son guidage combine navigation inertielle, positionnement satellitaire et radar terminal pour engager des cibles navales mobiles. La capacité de recevoir des mises à jour en vol via des liaisons de données renforce son intégration dans un réseau de guerre connectée, de surveillance maritime et de commandement intégré.

Le lanceur de missiles sol-mer de type 12 est présenté au camp Kengun, dans la préfecture de Kumamoto, dans l'ouest du Japon, le 17 mars 2026. (Kyodo News via AP)
Le lanceur de missiles sol-mer de type 12 est présenté au camp Kengun, dans la préfecture de Kumamoto, dans l’ouest du Japon, le 17 mars 2026. (Kyodo News via AP)

Une mobilité pensée pour survivre

Chaque batterie repose sur un lanceur mobile 8×8 capable d’emporter huit missiles. Cette configuration permet des tirs rapides suivis d’un repositionnement immédiat afin d’éviter les représailles. Cette logique de dispersion s’inscrit dans une approche de résilience opérationnelle, de défense distribuée et de mobilité tactique. Les unités peuvent ainsi se déployer sur l’arc insulaire sud-ouest, notamment dans la chaîne des Nansei.

Le projectile hypersonique en complément

Aux côtés du missile de croisière, le Japon introduit le Type 25 HVGP, un projectile planant à très haute vitesse. Propulsé par fusée avant d’entrer en phase de vol plané, il peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres à vitesse supersonique tout en effectuant des manœuvres irrégulières. Ce profil complique fortement son interception. Il vise des cibles à haute valeur comme des groupes amphibies ou des infrastructures critiques. On parle ici de menace asymétrique, de vitesse supersonique et de neutralisation stratégique.

Sur cette photo fournie par le ministère australien de la Défense, un missile sol-mer japonais Type 12 est lancé par la 2e brigade d'artillerie des Forces d'autodéfense terrestres japonaises au champ de tir de Beecroft, près de Jervis Bay, en Australie, le mardi 22 juillet 2025, dans le cadre de Talisman Sabre, un exercice conjoint bisannuel impliquant 19 nations et 35 000 militaires. (PTE Alex Brown/Ministère australien de la Défense via AP)
Sur cette photo fournie par le ministère australien de la Défense, un missile sol-mer japonais Type 12 est lancé par la 2e brigade d’artillerie des Forces d’autodéfense terrestres japonaises au champ de tir de Beecroft, près de Jervis Bay, en Australie, le mardi 22 juillet 2025, dans le cadre de Talisman Sabre, un exercice conjoint bisannuel impliquant 19 nations et 35 000 militaires. (PTE Alex Brown/Ministère australien de la Défense via AP)

Une doctrine de contre-frappe encadrée

Cette capacité s’inscrit dans la stratégie de sécurité nationale japonaise adoptée en 2022. Le principe autorise une frappe contre des bases adverses si une attaque est jugée imminente, dans un cadre constitutionnel strict. L’objectif affiché reste défensif mais introduit une dimension dissuasive nouvelle. Cette orientation répond à l’intensification des activités militaires chinoises autour de Taïwan et aux avancées balistiques nord-coréennes. Il s’agit de renforcer la dissuasion régionale, la sécurité nationale et l’équilibre stratégique.

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Un réseau élargi vers 2 000 km

Le ministère japonais de la Défense prévoit déjà d’étendre la portée du HVGP vers 2 000 km dans les prochaines années. Des versions navales et aériennes du Type 25 devraient entrer en service d’ici 2027, permettant une intégration sur destroyers et avions de combat. En parallèle, Tokyo investit dans des missiles de croisière supplémentaires pour compléter son dispositif. Cette montée en puissance consolide une architecture de défense intégrée, de capacité multi-domaines et de profondeur stratégique.

Données clés des systèmes Type 25

Système Portée estimée Vitesse Plateforme
Type 25 Surface-to-Ship > 1 000 km Subsonique Lanceur mobile 8×8
Type 25 HVGP Plusieurs centaines de km (objectif futur 2 000 km) Supersonique Lanceur terrestre à booster

Le déploiement a déjà débuté sur des bases stratégiques comme Kumamoto et Shizuoka. Cette implantation permet de couvrir des axes maritimes sensibles tout en créant une profondeur défensive accrue. Si cette évolution suscite des débats locaux sur l’exposition des bases à d’éventuelles représailles, elle traduit surtout un repositionnement stratégique majeur dans l’architecture de sécurité asiatique.

Source : Déclaration des Forces terrestres d’autodéfense japonaises

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