Les Pays-Bas choisissent la torpille française F21 pour leurs futurs sous-marins Orka
Les Pays-Bas aiment décidemment Naval Group ! En effet après avoir décidé en 2024 que les 4 futurs sous-marins Orka seraient produits par le groupe français (pour un montant estimé à 5,6 milliards d’euros), le ministère néerlandais de la Défense vient de confirmer le 3 mars 2026 que les futurs sous-marins Orka seront équipés de la torpille lourde française F21 Mk de Naval Group.
Une des autres options envisagées était que les nouveaux sous-marins utilisent la torpille américaine Mk48, déjà présente dans l’arsenal des actuels sous-marins Walrus.
Cette décision, au-delà d’être une aubaine pour le constructeur français, change la logique du programme : le sous-marin et son arme principale seront désormais conçus ensemble dès le départ.
Un peu de bons sens hollandais et un peu de gras en plus sur le contrat de départ pour Naval Group !
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Les sous-marins Orka seront équipés de e la torpille lourde française F21 Mk de Naval Group
La marine néerlandaise prépare depuis plusieurs années le remplacement de ses sous-marins Walrus, entrés en service dans les années 1990.
Ces bâtiments ont longtemps été considérés comme parmi les meilleurs sous-marins conventionnels d’Europe. Trois décennies en mer laissent toutefois des traces et les technologies évoluent vite dans les profondeurs.
Les futurs sous-marins Orka seront construits par Naval Group, le constructeur naval français spécialisé dans les sous-marins et les bâtiments de combat.
Leur conception s’inspire de la famille Barracuda, connue pour équiper les marines française et indienne notamment. Les Orka resteront des sous-marins conventionnels, c’est-à-dire propulsés par un système diesel-électrique.
Les missions prévues pour ces nouveaux sous-marins couvrent tout le spectre des opérations navales :
- collecte de renseignements
- lutte contre les sous-marins ennemis
- déploiement de forces spéciales
- attaque de navires de surface
Dans cet univers, la torpille reste l’arme centrale du sous-marin.
Pourquoi la torpille F21 pour Orka ?
Le choix de la torpille F21 Mk2 répond à une logique simple : adapter dès le départ le système d’armes principal à son sous-marin.
Le ministère néerlandais de la Défense a expliqué que le remplacement accéléré des stocks de torpilles Mk48 rendait possible cette transition plus tôt que prévu.
La F21 équipe déjà la marine française (où elle remplace progressivement la torpille F17, utilisée depuis plusieurs décennies).
Le système a également trouvé un client international : le Brésil, qui a commandé cette torpille pour ses propres sous-marins.
Adopter la même torpille que la marine française ouvre la porte à une coopération plus étroite qui comprendra :
- formation des équipages,
- maintenance,
- partage d’expérience tactique.
Les deux marines pourront travailler avec une architecture d’armement identique.
Fiche technique de la torpille F21 :
| Caractéristique | Donnée |
| Type | Torpille lourde polyvalente destinée à la lutte anti-sous-marine et anti-navire |
| Plateforme de tir | Sous-marins équipés de tubes lance-torpilles standard OTAN |
| Longueur | Environ 6 mètres |
| Diamètre | 533 millimètres (standard OTAN pour les torpilles lourdes) |
| Masse totale | Environ 1 550 kilogrammes |
| Charge militaire | Environ 200 kilogrammes d’explosif avec détonation par fusée de proximité |
| Propulsion | Moteur électrique alimenté par batteries aluminium-oxyde d’argent |
| Hélice | Configuration contre-rotative à deux hélices |
| Vitesse maximale | Environ 93 km/h (environ 50 nœuds) |
| Portée maximale | Jusqu’à environ 57 kilomètres selon les conditions de tir |
| Profondeur d’engagement | De 10 mètres à 600 mètres |
| Mode de guidage | Guidage par fil depuis le sous-marin puis autoguidage acoustique actif et passif |
| Missions principales | Destruction de sous-marins et de navires de surface |
Une propulsion électrique qui réduit la signature acoustique
La particularité de la F21 tient à sa propulsion.
Contrairement à certaines torpilles occidentales plus anciennes, elle n’utilise pas de moteur thermique, elle fonctionne grâce à des batteries aluminium-oxyde d’argent qui alimente une hélice contre-rotative.
Deux hélices tournent en sens opposé. Cette configuration réduit les turbulences dans l’eau et améliore l’efficacité énergétique.
Comment la torpille trouve sa cible
Lorsqu’elle quitte le sous-marin, la F21 reste reliée à son lanceur par un fil de guidage.
Ce câble permet aux opérateurs du sous-marin d’ajuster la trajectoire.
Ils peuvent :
- modifier la route
- changer la cible
- adapter le mode de recherche
La torpille dispose ensuite de capteurs acoustiques actifs et passifs.
Ces capteurs écoutent l’océan et détectent le bruit d’un navire ou d’un sous-marin.
Lors de la phase finale, la torpille devient autonome.
Elle poursuit sa cible jusqu’à l’impact ou l’explosion déclenchée par une fusée de proximité.
Cette méthode permet de frapper la coque du navire à un point vulnérable.
La voici en action lors d’un test de la Marine nationale :
F21 contre Mk48, deux philosophies technologiques
La torpille américaine Mk48 reste l’une des armes sous-marines les plus connues au monde.
Elle équipe notamment les sous-marins américains.
Sa propulsion repose sur un carburant appelé Otto II. Il s’agit d’un monopropulseur thermique capable de fournir une puissance importante sur de longues distances. Cette technologie favorise les engagements en haute mer contre des sous-marins rapides.
La torpille F21 adopte une approche différente avec une propulsion électrique qui, comme nous l’avons vu, réduit la signature sonore du système.
Dans des environnements acoustiques complexes, comme les zones côtières ou les détroits, cette caractéristique peut rendre la torpille plus difficile à détecter.
Mise à part cette différence technologique, les deux armes affichent des performances comparables :
| Caractéristique | F21 | Mk48 |
| Diamètre | 533 mm | 533 mm |
| Vitesse | environ 93 km/h | environ 93 km/h |
| Portée | environ 50 km | environ 50 km |
| Type de propulsion | batteries électriques | moteur thermique |
Un programme européen né à la fin des années 2000
Le développement de la torpille F21 remonte à la fin des années 2000. À l’époque la France envisageait une coopération industrielle avec l’Italie autour de la torpille Black Shark.
Des divergences industrielles ont modifié le projet et le programme a finalement été poursuivi par Naval Group, en coopération avec Thales et Atlas Elektronik.
Les premiers essais en mer ont commencé en 2013 depuis le catamaran d’essai Pégase et les campagnes de qualification se sont poursuivies plusieurs années. La qualification complète a été obtenue en juin 2017 au large des côtes méditerranéennes françaises.
Le budget total du programme s’élève à environ 485 millions d’euros pour un coût unitaire par torpille estimé autour de 2,3 millions d’euros en 2012.
La France a bâti son armée de Terre sur une doctrine militaire clé : le commandement par intention
Un sous-marin opérationnel à partir de 2033
Le premier sous-marin Orka devrait entrer en service à partir de 2033.
Lorsque ces bâtiments rejoindront la flotte néerlandaise, ils disposeront immédiatement d’une torpille conçue pour répondre aux défis actuels de la guerre sous-marine.
Sources :
- Naval News, Dutch MoD Selects F21 Mk2 Torpedoes Over Mk48 for Future Submarines (mars 2026),
article spécialisé annonçant la décision du ministère néerlandais de la Défense de sélectionner la torpille lourde F21 Mk2 pour équiper ses futurs sous-marins, avec une analyse des performances du système et des enjeux industriels face à la torpille américaine Mk48. - Naval Group, Euronaval 2024 – Armes sous-marines : F21R, une torpille lourde au top de sa catégorie (2024),
présentation industrielle de la torpille lourde F21R développée par Naval Group, détaillant ses caractéristiques techniques, sa propulsion électrique, ses capacités de guidage et ses performances en matière de lutte sous-marine. - Ministère de la Défense des Pays-Bas (Defensie), Nieuwe onderzeeboten direct voorzien van geavanceerde torpedo (3 mars 2026),
communiqué officiel annonçant l’équipement des futurs sous-marins néerlandais avec une torpille lourde de nouvelle génération, précisant les objectifs opérationnels, les performances attendues et le calendrier de mise en service.