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La Turquie prouve à toute l’Europe pourquoi elle vise désormais le titre de « reine des drones » avec ce nouveau bijou expérimenté devant l’OTAN

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Guillaume Aigron

Guillaume Aigron

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L’ASLAN turc s’invite dans le plus grand exercice de l’OTAN. Dans le nord de l’Allemagne, au cœur de l’exercice STEADFAST DART 26 (le plus vaste entraînement de l’OTAN cette année), …

La Turquie prouve à toute l'Europe pourquoi elle vise désormais le titre de « reine des drones » avec ce nouveau bijou expérimenté devant l'OTAN

L’ASLAN turc s’invite dans le plus grand exercice de l’OTAN.

Dans le nord de l’Allemagne, au cœur de l’exercice STEADFAST DART 26 (le plus vaste entraînement de l’OTAN cette année), la Turquie a pu encore une fois montrer son nouveau savoir-faire acquis dans la fabrication des drones avec le ASLAN UGV,

L’objectif de l’exercice était de tester la coopération entre soldats et systèmes robotisés dans un cadre multinational, face à des scénarios réalistes… et très clairement la Turquie n’a pas laissé de marbre !

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L’ASLAN est développé par ASELSAN, acteur majeur de l’électronique de défense turque. Il s’agit d’un UGV, pour unmanned ground vehicle (en français « véhicule terrestre sans pilote »).

Sa mission première est la reconnaissance. Observer, transmettre, sécuriser un axe avant l’arrivée des troupes. Il peut aussi fournir un appui-feu grâce à une tourelle téléopérée stabilisée. Son architecture modulaire permet d’intégrer capteurs électro-optiques, caméras thermiques, systèmes de vision nocturne.

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Un drone vraiment autonome à 100% ?

Un UGV comme l’ASLAN n’est pas autonome au sens complet du terme. Il peut évoluer en mode téléopéré ou en mode semi-autonome. Cela signifie que certaines fonctions de navigation ou de stabilisation sont assistées par logiciel, tandis que la décision d’engagement reste sous contrôle humain.

Les capteurs embarqués permettent une surveillance jour et nuit. Les images sont transmises via des liaisons de données sécurisées. L’opérateur peut pointer la tourelle, suivre une cible, déclencher un tir si les règles d’engagement l’autorisent.

Techniquement, ces robots deviennent des plateformes avancées de conscience situationnelle. Ils étendent la perception des soldats au-delà d’un mur, d’un carrefour, d’une crête.

Une intégration déjà opérationnelle dans l’armée turque

La 66e brigade mécanisée turque exploite l’ASLAN depuis environ trois ans. L’engin n’est donc plus un prototype exposé sur salon et a été intégré dans des cycles d’entraînement et des déploiements.

Sa silhouette basse réduit sa visibilité. Sa mobilité relativement discrète lui permet d’opérer dans des environnements complexes, notamment urbains. Pour l’armée turque, son utilité première reste de réduire l’exposition des personnels dans les zones à forte menace.

Dans un contexte où les conflits récents ont montré la vulnérabilité des unités face aux embuscades et aux engins explosifs improvisés, envoyer un robot en tête de colonne  peut s’avérer salutaire pour un bataillon entier.

STEADFAST DART 26 : laboratoire grandeur nature

STEADFAST DART 26 rassemble des forces alliées autour d’objectifs d’interopérabilité. La présence de l’ASLAN dans cet exercice montre que les systèmes robotisés ne sont plus considérés comme expérimentaux et peuvent être intégrés aux formations conventionnelles. Ils participent aux scénarios de reconnaissance, de sécurisation de périmètre, d’appui à la manœuvre.

Ce basculement est important. Pendant des années, les robots terrestres ont été testés en marge. Désormais, ils entrent dans le dispositif principal.

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La Turquie mise sur le drone pour retrouver son lustre d’antan

La Turquie consolide son avance prise sur la plupart des pays d’Europe dans le domaine des drones militaires, englobant non seulement les UGV mais aussi  UAV (drones aériens ) et USV (drones de surface), grâce à une intégration verticale complète et des tests en conditions réelles. Cette expertise, forgée par Baykar, TAI, Aselsan et STM, couvre tous les domaines : renseignement, frappe, guerre électronique avec à la clé de véritable réussites commerciales comme avec le TB2, déjà produits à 600 exemplaires et 2,5 milliards de dollars (2,12 milliards d’euros) d’export en 2024.

Plus grand succès militaire à l'export de la Turquie, le TB2 de Bayraktar.
Plus grand succès militaire à l’export de la Turquie, le TB2 de Bayraktar.

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Sources :

  • NATO Joint Force Command Brunssum (JFCBS), Innovative technologies put to the test during Steadfast Dart 26, 19 février 2026
  • ASELSAN, ASLAN, page produit consultée en 2026,

 

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